20120210

Shurgard, l’indice de surconsommation

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Dans le métro, tout est beau.
Surtout ces grandes affiches qui t’enserrent, ami lecteur et qui cherchent par tous les moyens à attirer ton attention pour… Pour… Pour ?
Pour consommer? C’est bien, tu suis.


Shurgard (pas facile à prononcer quand même, hein, surtout plusieurs fois de suite) est le leader du marché du self stockage (d’après eux, hein, autocongratulation, quand tu nous tiens.).
shurgardDonc, en gros, tu as tellement bien rempli ton rôle de consommateur que tu ne peux plus rentrer dans ta cuisine sans shooter dans un meuble, tu as tellement d’argent que tu préfères stocker tes affaires dans un local de 2 mètres carré pour 150 euros par mois (prix annoncé sur le site), parce que le donner ou le vendre, alors que tu ne peux pas le garder chez toi, ah non, hein.
(c’est bon, tu peux arrêter de prononcer Shurgard maintenant, à force ça devient flippant).
Tu fais donc appel à Shurgard. Et voilà le travail.

Revenons à nos petits moutons des alpages du sud.
Comment fait cette entreprise pour attirer la clientèle ? Elle personnalise sa pub pour s’adresser au particulier et le cibler le plus précisément possible.
Par exemple : la femme, ce sera un vélo d’appartement (ben oui, morue, faut pédaler), mais comme elle est fatiguée, la dame, ben, elle stocke son vélo chez Shurgard. Comment elle va faire son sport maintenant ? Elle se démerde. Shurgard ne fait pas coach. Enfin, pas encore.
Et pour l’homme, la photo joliment customisée dans le métro ci-dessus le prouve, ce sera la moto, comme piège à nanas*… Et à mouches aussi, accessoirement. Cela sous-entend, peut-être, que monsieur est drosophile ? Bon, maintenant qu’il n’a plus sa moto, il pourra emprunter le vélo de madame. Mais non, elle l’a mis aussi chez Shurgard !
Damned, comment va faire notre couple pour se déplacer ?
Restent les pieds. Le métro. Ou la voiture. Au cas où il voudrait la stocker aussi celle-là, ils ont la solution…

Parce que le luxe, à ce qu’il parait, c’est l’espace.
Et le temps aussi.
Ben voilà, les deux s’achètent.
Merci Shurg… Surg… Enfin, merci pour votre contribution au bien être du monde et au stockage payant des choses inutiles qu’on amasse pour que vive le bonheur.
Ce n’est pas très logique mais ce n’est pas la première fois que le serpent se mord la queue (quel supplice atroce). 
Ni la dernière d’ailleurs.

*Nana? Encore un concepteur-rédacteur échappé des années 80! Par pitié, surveillez-les, ne les laissez plus sortir de leur cave.