20120524

A work in progress by FUZLAB « Une tragédie libératoire ! »

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dans In Exhibit

L’artiste qui clame avoir « toujours dessiné alors que la musique est une phase »
dévoile une autre facette de sa personnalité atypique.
Cette fois-ci en tant que plasticien.


Il faut dire que pour moi, l’antiquité grecque, ça remonte à ma lointaine sixième et qu’en plus, on avait seulement droit à la version édulcorée. Alors quand on m’a parlé de cet atelier ouvert chez Perrotin, je n’étais par forcément convaincue. Et puis, j’ai appris que le duo FUZLAB, c’était en fait la réunion de Luz, dessinateur caricaturiste de Charlie Hebdo et de Fabrizio Moretti, batteur des Strokes. Tout de suite, c’est devenu plus intéressant…

De manière fortuite, les deux artistes se rencontrent, c’est la totale alchimie amicale. Partageant tous deux la passion du dessin, ils comment à dessiner ensemble dans un bar pour s’amuser, avant de poursuivre plus sérieusement. Ils déploient un grand rouleau de papier chez eux et s’éclatent gaiement. Mais rapidement, la place manque et ils s’installent dans le Marais, à proximité de la Galerie Perrotin, pour poursuivre leur œuvre. 
Emmanuel Perrotin en entend parler, une amie lui montre les balbutiements du projet, et c’est le coup de cœur pour ce dessin gigantesque « possédé par une énergie débordante. » Tout va très vite, et le galeriste décide de leur confier sa galerie pour continuer leur travail. 

Ils se sont attiré la confiance du galeriste avec un sujet pas banal. Ambitieux même: le mythe antique de Thésée et du Minotaure, en s’éloignant littéralement des réécritures habituelles de cette histoire.

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Fantasque, parfois grotesque et définitivement plein d’humour, ce projet est résolument innovant et libérateur. De la part du galeriste également, pour le concept, puisque en visitant l’atelier, on découvre les artistes au travail et l’œuvre en progrès. Seule une bande de papier jalonne les murs, et à terre, éparpillées, feuilles d’essais jalonnent le sol et c’est comme si l’on prenait part intimement au projet. 
Et le projet de devenir performance, dont le but serait de réaliser une œuvre au cours de sa propre exposition. Des livres, des images, un ordinateur diffusant un film, les artistes absorbent et s’inspirent de tout, même des visiteurs. Mais ce qui se dégage principalement de cette exposition est l’esprit collaboratif du duo qui semble s’être très bien entendu sur les choix artistiques. Inattendue, la collaboration de Luz et Fabrizio Moretti a réussi le pari de faire fructifier les influences communes et diverses des artistes, en délivrant une œuvre définitivement hétérogène entre « meurtres, trahisons, sexe, luttes pour le pouvoir. »