20120616

Prometheus

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Un film qui promettait beaucoup.


Prométhée a volé le feux aux dieux de l’Olympe. Ridley Scott a volé toutes leurs idées aux dieux du cinéma. Oh! qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne veux pas dire… Prometheus est un bon film – pas mauvais disons – mais à condition de ne pas être familier du genre « science-fiction ». Dans le cas contraire, c’est plutôt une enfilade de poncifs et de déjà vus… Et c’est dommage, franchement dommage, car cela vient nuire à un film pas si dégueulasse que cela, autrement. 

De jolis décors et effets spéciaux (hormis un vieillard – Weyland – artificiellement vieilli: presque aussi mal, pour tout dire, que di Caprio dans J.Edgar), et une mise en scène et un scénario certes très académiques (trop) mais bien maîtrisés par un Ridley Scott dont on sent qu’il commence à avoir de la bouteille en matière de cinéma.

IL ETAIT UNE FOIS UN PETIT VAISSEAU…

Nous sommes en 2093 (eh oui, le temps file). Un vaisseau spatial, le Prometheus, file droit vers une lune lointaine où, pense-t-on, il pourrait y avoir de la vie. A bord du vaisseau, 17 membres, archéologues, géologues, botanistes et autres spécialistes qui ont été endormis deux années durant, le temps du voyage (sans doute pour éviter les questions de type « dis, quand est-ce qu’on arrive?« , « dis, quand est-ce qu’on mange? » et autres « dis, j’ai envie de pipi« ). Seul David, un androïde joué par Michael Fassbender, veillait au bon déroulement des choses pendant cette période, et se charge de réveiller ce beau monde à l’approche de la destination finale. Shaw (Noomi Rapace entre les griffes de laquelle je veux bien tomber) et Holloway (Logan Marshall-Green, pas de blague à faire sur son nom, désolé), les deux héros principaux, s’activent alors à expliquer à leurs camarades le pourquoi de leur présence si loin de la Terre. Je la fais courte, mais leurs recherches leur ont permis de supposer que c’est ici, sur cette lune étrange, que vivrait une population d’extraterrestres qui, il y a très longtemps, aurait été en contact avec les Terriens. Il s’agit donc d’aller explorer tout ça d’un peu plus près. Voilà pour le pitch de base.

Ô RAGE, Ô DESESPOIR, Ô CLICHETONS ENNEMIS 

On voit poindre, déjà, le gros défaut du film. Le seul, mais de taille: son manque, cruel, d’originalité. Plus encore qu’à l’énoncé du scénario, il se remarque dans son exécution. Les héros des films d’horreur, attaqués par les zombies, ont toujours tendance à se séparer pour mieux être liquidés un par un? Si possible en se réfugiant vers le grenier ou la cave plutôt que le jardin et les grands espaces? Eh bien dans Prometheus aussi.

Asimov est passé maître dans l’art de démontrer que l’on ne se méfie jamais assez des robots, qui ne font rien d’autres, ces saligots, que de chercher à échapper au contrôle de leurs maîtres? Eh ben dans Prometheus aussi. Et non, ce n’est même pas spoiler, tant c’est couru d’avance: il n’y a qu’à voir la tronche de l’androïde David pour comprendre…

Hobbes a établi, en son temps, que l’homme était un loup pour l’homme? Eh bien dans Prometheus aussi.
Barbara Cartland, avec ses romans à l’eau de rose, s’est battue, toute sa longue vie, pour prouver la force de l’amour, qui triomphe toujours de tout? Eh bien dans Prometheus… euh… pas franchement dans Prometheus en fait, non…
Est-ce à dire, alors, devant ce point Cartland contrarié, que je me suis laissé un peu déborder par ma déception, en disant que Prometheus n’avait rien d’original? Peut-être, peut-être… Il évite tout de même certains écueils, c’est vrai. Mais la bande-annonce laissait suggérer tellement mieux! Rarement BA avait été capable de me faire dresser les poils comme celle-là. J’en attendais donc beaucoup ensuite, c’est logique.

L’ODE A MOI-MÊME

Et à y bien réfléchir, non, j’ai malheureusement raison. Prometheus est décevant. Trop de codes repris de films antérieurs. Jusqu’à un remake de la grossesse d’Ellen Ripley! Sans parler de la toute dernière scène qui tombe à l’eau avec un pathétique rappel à Alien. Et qu’on ne vienne pas me dire que Prometheus a été conçu comme une préquelle d’Alien, je sais… Il y avait assurément moyen d’y faire une allusion plus subtile. Ici, c’est triste à dire, mais cela ressemble beaucoup plus à une tentative d’autoglorification minable de la part de Ridley Scott qu’à autre chose. Comme s’il voulait nous rappeler que, autre fois, il y a longtemps, il avait révolutionné la manière de filmer la SF au cinéma. Mais c’était autrefois. Il y a longtemps.