20120718

Entre strip tease et agriculture : il faut choisir

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Strip tease reparaît depuis 7 jour sur les écrans avec son lot de monde rural.
Et tente de faire sortir le monde urbain de son train train pour lui montrer que la réalité n’est pas ce qu’elle est.


Mais plutôt que de les faire sortir du quotidien, l’émission fait sortir les bobos de leur gonds. Suivis par ces chiennes galeuses de polémiques acerbes. Et tout ces adeptes de la moral de crier à l’attentat à la pudeur. Traitant les filmants de voyeurs et les filmés d’exhibitionnistes. Il crie à la honte de l’utilisation de la misère sociale comme d’un produit financier hautement bénéfique. Et d’attiser la nature humaine de s’extasier devant plus malheureux, voire se moquer.

« Laissez les tranquilles! Nous n’avons pas besoin de montrer tout cela ! » « Ce n’est qu’utilisation capitaliste de la pauvreté d’âme« . « Faire un tel film est une honte! (ca c’est pour les moins argumentés) »

Mais les dessous du discours sont tout autres.
Entre les lignes, il faut lire « laissez nous tranquilles, je n’ai pas besoin de voir cela« . « La lie du monde a le droit de pourrir tranquille, pensent-ils sûrement, je préfère être bien dans mon monde que de savoir comment ça se passe ailleurs. Je sais que des gens souffrent, pas besoin de me le dire« .

Et pourtant si.
Le monde n’évolue qu’en terme d’équilibre. Il a besoin qu’on lui rappelle de temps en temps les difficultés des autres pour recentrer son existence. Pour prendre du recul sur ses difficultés à soi. Découvrir l’autre, c’est apprendre à se situer. La vie n’est ni qu’urbaine, ni que rurale. Elle est tout à la fois. Osons la lapalissade ridicule : il y a autant de vie que d’êtres humains.

Les médias ont le pouvoir de nous faire découvrir un tant soit peu ce qui se passe loin de nous. D’un oeil orienté, certes, d’un oeil non objectif, c’est sûr, mais d’un oeil, et c’est déjà pas mal.
Il vaut mieux avancer borgne que ne pas voir du tout.

Et nous pouvons aller plus loin ! Qui sommes nous pour juger que telle vie appartient à la misère ? Voir dans cette émission l’apologie du malheur n’est-ce pas déjà juger les sujets qui y sont traités ?

L’épisode du 2 juillet dernier sur la vie de cet homme en mal d’amour, en quête de partage, vivant dans une famille certes spéciales, est-elle plus misérable que la notre ?
Elle se veut sans doute moins facile, plus dénuée de plaisir, et l’on peut s’esclaffer de cet homme qui n’a jamais vu de femme, dans notre société moderne. Cet homme qui a un quotidien si éloigné de ce que beaucoup vivent mais cependant si proche de tant d’autres. Quoi qu’il en soit, cette vie ne justifie pas qu’on la brime.

« Peut-être ne mérite-t-elle même pas qu’on la montre ! » pourrait-on affirmer. En effet. Elle n’a été choisi que parce qu’elle est différente de celle de tous les spectateurs de l’émission. Différente du plus grand nombre. Anormale, en quelques sortes. A chacun de la regarder avec intelligence. La morale d’une émission n’existe pas. Elle ne vient que de ce qu’on en fait et ce que l’on en retire. La moquerie, la colère, l’insurrection, la pitié, et tous les lots d’émission qu’elle peut susciter ne sont que des choix éditoriaux de la part des spectateurs.

Et nous pouvons rester persuadés que l’on retirera beaucoup plus de choses sur le métier d’agriculteur en regardant ce genre de reportage que devant une autre émission d’une chaîne concurrente, qui brasse nettement plus d’argent soyez en assurés (ça c’est pour les anticapitalistes moralisateurs).

Ou même que devant ce divertissement des années 80, qui témoignait bien plus de strip tease que d’agriculteur.