20120825

Juliet, Naked x Nick Hornby

digest

L’on croit que la musique adoucit les mœurs et pourtant,
Nick Hornby, nous démontre l’absolu contraire.


En effet, imaginez la vie d’une anglaise, Annie, embourbée depuis 15 ans, dans une aventure conjugale aussi excitante et romantique que la station balnéaire dépeuplée et abandonnée dans laquelle elle vit. 

Une vie partagée par deux hommes : son mari Duncan et la passion dévorante de Duncan pour un obscur musicien country alcoolique, un certain Tucker Crow. Que faire de votre vie, lorsque vous vous trouvez à l’aube de la quarantaine à devoir prendre en photo votre mari dans les toilettes glauques d’un bar américain où son idole a, semble-t-il, pris la décision de mettre fin à sa carrière, vingt ans auparavant ?

 C’est le point de départ de la rébellion jubilatoire d’Annie contre un mari aussi sinistre qu’un requiem de Mozart sous lexomil et une vie qui n’a pas tenu toutes ses promesses.

Nick Hornby revient ici à ses premières amours avec un livre où la musique est le cœur battant des émotions, de la vie et le lecteur se plonge dans une passionnante enquête sur ce chanteur raté.
Avec le talent que le romancier avait déjà montré dans Hight Fidelity*, il nous gratifie d’envolées lyriques et drolatiques sur les chansons de Tucker, nous réjouit par des extraits bibliographiques Wikipédia qui nous feraient presque regretter que ce chanteur ne soit qu’imaginaire.
Annie se découvre alors héroïne volontaire et Juliet, Naked fait une déclaration d’amour
à la musique et à ses auteurs même si  « les musiciens étaient des enfoirés, ce depuis que le luth avait été inventé »

Ainsi je parle.

*Adapté au cinéma par Stephen Frears, avec John Cusack (2000)