20120915

Les Iles Senkaku, nouvelles Malouines?

senkaku

7 km2…
Cinq minuscules îlots inoccupés et trois rochers plus petits encore…
Depuis plus d’un siècle, Japonais et Chinois se disputent les îles Senkaku.


Les Senkaku se situent au nord-est de Taïwan et au sud-ouest d’Okinawa, en mer de Chine orientale.
Longtemps considérées comme terra nullius (territoire sans maître), les îles Senkaku sont sous contrôle japonais depuis 1895. A partir de la fin de la seconde guerre mondiale, elles furent administrées par les États-Unis, du fait de l’occupation américaine du Japon jusqu’en 1952, puis revinrent aux nippons en 1972. Depuis la Chine et Taïwan n’ont cessé de les revendiquer.

Le ton monte…

En août, des militants chinois avaient débarqué sur l’une des îles pour être arrêtés par les autorités nippones et expulsés. En rétorsion, quelques jours plus tard, une dizaine de nationalistes japonais avait hissé le drapeau nippon sur la même île pour réaffirmer son appartenance à leur pays.
Lundi dernier, trois navires gouvernementaux chinois ont fait une incursion près des îles Senkaku. Deux jours plus tard, huit navires des garde-côtes taïwanais et une dizaines de bateaux de pêche se sont faits repousser à coups de canons à eau par leurs homologues nippons.
C’est ainsi que depuis plusieurs semaines, autorités chinoises, japonaises et taïwanaises se livrent à des démonstrations de force autour de l’archipel. Ce regain de tension survient après l’achat par le gouvernement japonais de trois des huit îles de l’archipel à une famille japonaise pour 20,4 millions d’euros…

Des enjeux multiples !

Les îles Senkaku sont entourées d’eaux très poissonneuses et les sous-sols marins pourraient receler de lucratifs gisements d’hydrocarbures. De plus, elles ont une valeur stratégique: autant d’avant-postes possibles pour l’expansionnisme maritime chinois…
Mécontentement croissant quant à l’écart entre riches et pauvres, corruption, inflation… En l’occurrrence, l’intransigeance de Pékin ne serait pas sans lien avec les difficultés actuelles du gouvernement, lequel, pour son image, doit se montrer inflexible face à l’ennemi historique.
En écho aux inquiétudes du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) considère que ces tensions augmentent le risque d’affrontements entre les navires des deux pays. Défi direct au Japon, récemment, le ministère des Affaires étrangères chinois a annoncé sa volonté de formellement délimiter ses eaux territoriales dans cette zone, plaçant ainsi les îles Senkaku sous administration chinoise.
Dans une récente interview au Wall Street Journal, le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a souligné que l’intransigeance chinoise pourrait « affecter sa propre économie », celle du Japon « et globalement l’économie mondiale », les deux pays étant très dépendants économiquement, avec un volume d’échanges de près de 343 milliards de dollars en 2011.
La Chine vient de reporter la cérémonie du 40ème anniversaire de la normalisation des relations entre les deux pays, prévue pour le 27 septembre, décision jugée « regrettable » par le gouvernement japonais, lequel a dépêché à Pékin son vice-ministre des Affaires étrangères, Chikao Kawai…

“Malouines” asiatique en perspective?