20120902

Nomophobie

nomophobie

Géphyrophobie (peur des ponts), sidérodromophobie (peur de voyager en train), coulrophobie (peur des clowns)…
Jusqu’à la pantophobie (peur de tout), la liste des phobies est longue.
Mais avec l’avènement du portable et surtout, des smartphones, s‘est ajoutée la nomophobie.


L’ère des Bibop appartient à notre préhistoire téléphonique!
En 15 ans, le téléphone mobile est devenu le compagnon de 99,7% des Français. Et l’invasion des smartphones ne risque pas d’infléchir la tendance.
Il semble qu’il soit de plus en plus difficile de survivre sans son portable, que, pour certains, cette séparation engendre parfois une peur: la nomophobie ! Cette contraction de no mobile phobia génère angoisse et troubles associés, jusqu’à ressentir un sentiment d’abandon, comme si on leur avait arraché leur doudou préféré, oubliant totalement que les téléphones fixes existent encore.

22% de Français déjà contaminés !

La nomophobie peut se traduire par des attaques de panique, une respiration courte, des nausées, des tremblements voire un rythme cardiaque accéléré.
Ce trouble atteint majoritairement les accros aux réseaux sociaux, ceux qui ne supportent pas d’être déconnectés, la tribue des “Connecting people”. Leur smartphone contient toute leur vie, s’ils le perdent ou qu’il tombe en panne, ils se sentent totalement isolés. Cette partie de la population considère que, si elle n’est pas connectée, elle loupe quelque chose et rater quelque chose ou ne pouvoir réagir tout de suite peut conduire à des formes d’anxiété grave ou d’agacement extrême…

Une étude britannique a révélé que 53 % des utilisateurs de téléphones mobiles (76 % chez les jeunes de 18 à 24 ans) ont tendance à paniquer quand leur téléphone est perdu, à court de batterie ou de crédit, ou qu’ils n’ont aucune couverture réseau. Parmi ce panel, 58% des hommes et 48% des femmes ont découvert qu’ils souffraient de cette phobie. Et il semble que, bientôt, les Hexagonaux n’aient rien à leur envier…

La jeunesse, première victime !

Allumé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, le portable est l’extension de leur mémoire. Les jeunes lui confient photos, musique, codes d’accès internet, numéros de comptes, dates d’anniversaire… tout ce qui est indispensable à leur vie. Les concepteurs de smartphones l’ont d’ailleurs bien compris, tous leurs téléphones sont reliés aux réseaux sociaux : Facebook, Twitter…
D’ailleurs, ne pas avoir de téléphone portable dès l’adolescence fait passer pour un freak, un marginal, un être bizarre.
Selon une étude récente, 50 % des répondants ont déclaré ne pas pouvoir passer une semaine sans leur smartphone et 36 % vérifient leur téléphone toutes les 10 minutes a minima. Aux innombrables applications et autres jeux, les jeunes continuent de préférer les SMS, 61 % des sondés avouent ne pas pouvoir vivre sans SMS…
Cette dépendance accrue aux textos incite 52 % des adolescents à utiliser leur terminal en permanence, n’importe où, n’importe quand. Ainsi, 37 % disent même l’utiliser depuis les toilettes (ceux qui se planquent de leurs parents?). Ce sondage montre également que la fonction SMS est la première et la dernière activité quotidienne des adolescents. Ainsi, 73 % vérifient-ils leurs mobiles avant de se coucher et 72 % le font dès leur réveil.
Bien que ce sondage ne reflète que l’attitude d’une petite partie de la communauté adolescente, les résultats de cette enquête sont édifiants. Nombre d’adolescents semblent être atteints de nomophobie. Et sous peu, ils seront adultes…

Nomophobique ?

En sortant de l’avion vous rallumez instantanément votre téléphone portable, il vous a tellement manqué pendant ces 92 minutes (5520 secondes) de vol.

Au restaurant, il est à portée de main, à coté de votre fourchette.
Dans un lieu public, vous consultez vos mails, Facebook,Twitter, Google+ ou vous appelez immédiatement des copains.

Si arrivé(e) au travail, constatant que vous l’avez oublié sur le guéridon de l’entrée, c’est la fin du monde, vous ne pourrez survivre 10 heures loin de LUI…
Arrivant à la caisse du supermarché, vous restez en ligne
car la caissière peut fort bien se débrouiller sans vous.

La nuit, vous ne l’éteignez jamais, le gardant près de vous, etc.
En bref, vous ne pouvez vivre sans cette extension de vous-même qui vous apporte tant de bonheurs et de satisfactions: vous êtes totalement addict à votre mobile.
Prendre conscience de cette dépendance est déjà un premier signe salvateur, sachant que si votre addiction est grave un psy pourra toujours vous aider.

Nomophobique ?
Pour tester votre capacité de résistance, il convient de vous séparer un temps de votre mobile.
A moins que, vous préfériez ne pas savoir…
Phobohobie ? Peur d’avoir peur ?