20121011

Alesia mon amour

alesia

Les Gaulois n’avaient peur que d’une chose (dit-on) : que le ciel leur tombe sur la tête. Mais c’est un étrange cylindre qui s’est posé dans la plaine bourguignonne, au pied du village d’Alise-Sainte-Reine, en Côte-d’Or.


Le centre d’interprétation du MuséoParc Alésia a été inauguré en mars et devrait accueillir son 100 000e visiteur. Avec son jumeau à bâtir – un musée à 2 kilomètres de là, au pied de l’oppidum -, l’ensemble architectural réalisé par le Suisse, Bernard Tschumi, aura réussi un beau pari : faire revivre une bataille où s’affrontèrent pendant deux mois près de 300 000 hommes sur un lieu dont on ne voit aujourd’hui plus rien.

Commande du conseil général de Côte-d’Or pour la création d’un lieu culturel destiné au public sur des centaines d’hectares de prairies et de bocages, entourant une ancienne ville fortifiée située sur un piton rocheux : le site de la bataille d’Alésia… Au début d’un projet, on sait peu de choses. Même le vieux De Bello Gallico ne dit pas tout*. Il y avait plein de choses et il n’y avait rien… “Nous avions carte blanche, mais sous la surveillance permanente des chercheurs”.

Tout s’est organisé à partir de cette dualité. L’opposition plaine-César, oppidum-Vercingétorix. Le choix des matériaux : bois et verdure, pour rappeler les palissades et les fortifications romaines, pierres pour la forteresse des Gaulois. Et puis il y a la rotondité, que l’on retrouvait partout. Le site lui-même, avec son cirque de collines entourant l’oppidum, a également une forme ovoïde. Donc s’est imposée cette évidence : le bâtiment devait être circulaire, conclut Bernard Tschumi.

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© C.Jachymiak SF-SEM Alesia


Pour l’heure, à Alésia, c’est sous une pluie fine que l’on pénètre dans le centre d’interprétation. A l’intérieur du bâtiment, les espaces prennent place autour d’un vaste hall central entouré d’escaliers circulaires en pente douce. Le béton lissé évoque le marbre antique, des poteaux penchés supportent l’auditorium. Au premier étage, les expositions débutent avec de colossales statues contemporaines, représentant un corps de combattants gaulois et romains en plein combat. Suivent des espaces scénographiés retraçant à l’aide de cartes les différentes campagnes de César. Puis, bornes interactives, fac-similés, objets exhumés lors des fouilles et film relatent la première grande bataille de la «nation» gauloise.

Il ne fallait pas refaire Astérix. C’est un lieu d’histoire, un lieu de recherche, précise-t-on au centre d’interprétation. Le MuséoParc n’a pas vocation à devenir un parc d’attractions. On insiste sur le sérieux des expositions présentées par des professionnels passionnés. Par exemple : comment distingue-t-on un mur gaulois d’un tas de cailloux ? “Le murus gallicus est composé de moellons et de poutres assujetties par de longues fiches en fer forge. César les décrit très bien. Le bois a bien sûr disparu depuis longtemps, mais nous avons retrouvé ces pièces en fer”.

Trêve de description, le mieux est de s’y précipiter!

* La guerre des Gaules de Jules (César).

Illustration ©T.Clarté SEM Alesia