20121017

La valeur travail

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Le travail c’est la santé!
Rien faire c’est la conserver…


Je sais, la semaine dernière, je vous avez promis une chronique sur la « valeur travail », mais j’ai eu la flemme alors je ne l’ai pas faite. Et pourtant, j’avais plein d’idées.

J’avais envie de vous parler de l’étymologie du mot « travail » qui vient du nom d’un instrument de torture, mais que tout bons élèves que vous êtes, vous le saviez déjà.
J’avais envie de vous dire tout le dégoût que j’ai de voir cette expression de « valeur travail » utilisée à tort et à travers par une droite encore trop complexée pour dire tout simplement « la valeur thune » ou « la valeur vénale » ou « J’aime le fric ».
J’aurais aimé vous parler de ce mot « travail » à travers les âges, associé à l’esclavage, aux camps du même noms, aux slogans qui font froid dans le dos à défaut de rendre libre, à la famille, à la patrie, à la santé, même que rien faire c’est la conserver, mais voilà je n’ai rien fait. Rien, niet, que dalle, pas une rame, wouallou…

Et pourtant, qu’est ce qu’on en bouffe de la valeur travail, surtout ceux qui se lèvent tôt, même qu’il en ont de la sueur sur leur front alors qu’ils préférerait regarder « debout les zouzous » sous leur couette avec un grand bol de céréales. Mais à cette heure là, l’avenir leur appartient. Et les transports en communs aussi.

Si j’avais travaillé un peu mon économie, j’aurais pu vous dire que la « valeur travail » au début, c’était juste un terme pour différencier d’avec les nantis qui ne font rien qu’à spéculer, mais que maintenant la valeur travail c’est devenu un truc moral pour dire au brave type qui bosse qu’il le vaut bien.
D’ailleurs sa valeur, elle est assez subjective. L’ancien président, il vous disait que si on travaillait plus, on gagnerait plus, Monsieur l’instituteur il vous dit qu’en travaillant bien à l’école, on ira loin, et le patron, il vous dit que si on est consciencieux, on aura de l’avancement, ou du moins on sera pas licencié.
Cela paraît plutôt simple sur le coup. On vous dit que la rémunération est en fonction :
− de l’utilité (par exemple, le trader est bien plus utile qu’une boulangère surtout quand on ne veut pas de pain),
− de la productivité (le membre du conseil d’administration abat un boulot formidable pendant que l’ouvrière se la coule douce à ensacher) ,
− du savoir-faire (l’animateur télé après de longues études manie avec subtilité une animation de salle des plus complexes alors que l’ébéniste suce des cailloux dans son atelier poussiéreux),
− de la pénibilité (qu’il est dur pour un cadre supérieur de supporter la clim’ quand il fait si beau dehors sur les chantiers),
− et du risque pris (Je vous rappelle que les Golden Parachutes ne garantissent pas une prise en charge à Pôle Emploi lors d’un reclassement…)

Si j’avais pas fait ma feignasse, je vous aurais aussi parlé du travail du dimanche, qui est un bonheur pour le consommateur, si pressé de dépenser sa paye qu’il aura eu en travaillant plus, et un bonheur aussi pour l’employée qui peut voir un jour de plus ses chers collègues, qui sont un peu sa famille, puisque de toute façon sa famille, elle ne la voit plus, vue qu’elle est au magasin…

Je vous aurais aussi parlé de Coluche qui disait « Sois feignant, sois feignant, tu vivras content, sois feignant, sois feignant, tu vivras longtemps » mais qui est mort à 42 ans, comme quoi il devait pas être totalement feignant, ce gars-là. Il disait aussi que le travail « comme y’en a pas, il faut le laisser à ceux qu’aiment ça », mais que ça c’était une bêtise, par ce que si on culpabilise pas le chômeur, et bien les autres, ils vont arrêter de travailler, et nos usines de conneries, elles seront bien embêtés, par ce qu’on a besoin d’humains pour fabriquer, les vendre et les acheter.

J’aurais tant voulu vous dire aussi que si les gens ne travaillaient pas, ils risqueraient de devenir violent, pire que des bêtes sauvages, et puis faire l’amour aussi, et faire des trucs créatifs qui coûtent rien, et que la chienlit, c’est pas bon pour l’économie, alors qu’avec un travail, on a autre chose à faire que de se plaindre, non mais…

Moi, je n’accorde aucune valeur au travail, d’ailleurs, c’est bien simple, je ne compte même pas finir ma chronique, c’est pour vous dire à quel….