20121015

No, no, no, no, no, no, no, no, there’s no limit

conso_apache

Dépêche-toi on t’a dit.
Et surtout n’évite pas le clicheton, ça prend trop de temps.
Ah j’oubliais: ceci est un message de Fred & Farid.


Tout va vite, trop vite, beaucoup trop vite. Tant mieux ?
La vitesse, rapidité, le « Fonce ! » est devenu une marque de qualité et un sacré argument de vente. Numéricable l’affiche sans complexe dans sa dernière publicité signée Fred & Farid.

Et utilise en baseline :

«Tellement rapide que même un parisien n’a pas le temps de se plaindre».

Deux choses me frappent dans ce message.

1) PLUS TU VAS VITE, MIEUX C’EST.

(il est loin La Fontaine)

C’est devenu une habitude, le haut débit. Tout avoir, à portée de la main. Pardon, à portée de « clic ». Fast Food, Fast life. Dépêche-toi de vivre. On vit cette sensation que tout s’accélère, même dans notre histoire, dans les progrès qu’a fait l’être humain ces 100 dernières années, beaucoup plus rapidement qu’en 1000 ans. Un bond incroyable, qui donne le vertige. Plus loin et plus vite. Avec la légère sensation qui est celle de foncer droit vers un mur invisible.
Pourtant, quand on dépasse les limites, ne peut-on pas courir le risque de se brûler les ailes ?

Demande à Lance Armstrong ce qu’il en pense un peu. Il incarne le mal de notre siècle, de notre société. Aller vite, réussir coûte que coûte. Quitte à en payer le prix fort…

2) LES CLICHÉS DÉTERMINENT LES COMPORTEMENTS.

(et pas l’inverse)

C’est bien connu, un Parisien est impoli, pressé, il fait la gueule dans le métro, n’intervient pas en cas d’agression, n’aide pas les mamans à porter les poussettes, conduit brutalement, klaxonne pour un oui ou pour un non. Et il râle, en bon français, quotidiennement.
D’ailleurs, le journal «Le Parisien » avait déjà surfé sur cette idée, avec son slogan « il vaut mieux l’avoir en journal » et mettant en scène des comportements particulièrement mesquins.
Alors déjà, j’ai envie de leur dire qu’à Paris, des parisiens « pure souche », je n’en ai pas croisé beaucoup. Des gens qui viennent d’autres villes, d’autres pays, d’autres contrées, là, oui. Ensuite, des gens qui aident dans le métro, qui sont polis, gentils, qui te renseignent quand tu as l’air perdu, qui te demandent pardon quand ils te bousculent, j’en croise aussi beaucoup.
C’est peut être mon optimisme forcené, mais je n’aime pas ce cliché du « parisien, tête de chien ». Ce n’est pas le fait de vivre dans une ville qui va te changer ou te coller une étiquette.

Conclusion.
C’est bien de le prendre. De ne pas le perdre trop vite à lui courir après. Le temps. Quelque fois, de se poser, de respirer. Juste prendre conscience que l’on est en train de respirer et qu’on est vivant. De ne pas faire quelque chose. Pour ça, il faut mettre en pause nos multiples connexions.
Et débrancher son numéricable.