20121025

Qui es-tu Chuck Norris?

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dans Les Gens

Aaaaaaaaahhh Chuck… Toi le héros de mes nuits, de mes pensées et de mes rêves les plus fous, qui es-tu vraiment ? Je me suis penchée sur celui qui a rejoint le panthéon des dieux antiques (ou plutôt des icônes web). Ceci est une enquête exclusive, et complètement sérieuse à base de sources scientifiques et tangibles, telles Wikipedia, 9gag et chucknorrisfacts.com. Attention, cet article peut heurter la sensibilité des plus naïfs.


Avant de rejoindre le panthéon des mêmes les plus célèbres, Chuck Norris est un homme comme vous et moi, sauf qu’il a grandit de l’autre côté de l’Atlantique à Ryan dans l’Oklahoma. Oui, c’est décevant de réaliser que son héros n’est en fait qu’un pauvre pecno natif d’une petite bourgade de 850 habitants, à la frontière du Texas. Triste. Il a aussi fêté cette année ses 72 ans, autrement dit, il n’est vraiment vraiment plus tout jeune. Petit, Chuck cumule les handicaps : son vrai prénom, « Carlos » fait de lui le rebut du jardin d’enfants, ses camarades texans trouvant plus drôle de le traiter de « sale immigré mexicain » tout en lui jetant du chili con carne en lui demandant s’il aime ça, de quoi traumatiser n’importe qui. Le plus drôle, et le plus triste aussi, c’est qu’il n’a en fait aucune racine sudiste. Et il ne peut même pas dire à la maitresse que ses copains sont racistes, puisque comme une large partie de la population américaine, il a des souches irlandaises. Mais aussi Cherokee. Et c’est là que ça se complique, comment mêler deux cultures si éloignées ? Franchement, vous voyez un indien roux en pagne fêter la St-Patrick en buvant de la bière avec ses copains à plume, tout en fumant le calumet de la paix autour d’un bon porridge ? Après réflexion, mieux vaut ne pas l’imaginer… Puis papa et maman se sépare, le petit Carlos déménage avec sa mère et ses frères en Californie, où il termine ses études et se marie avec sa petite amie de lycée, Diane Holechek. Vous voyez, une vie banale en fin de compte, Carlos n’a pas encore réveillé le Chuck qui est en lui…

Vous voyez, Chuck n’était pas encore vraiment au point.

 

 

 

Carlos ne trouve pas de travail, cumule les petits boulots, il était naze à l’école et personne ne veut d’un irlandais-cherokee au prénom mexicain. (La caution diversité est une notion encore bien abstraite aux Etats-Unis dans les années 60…) Alors comme beaucoup de ratés de la société, il s’engage dans l’armée. L’US Air Force l’accueille à bras ouverts, et c’est là que Carlos entame le long processus de Chuckisation. Comme les vrais, il est envoyé faire ses armes en Corée du Sud, à la base d’Osan. A l’autre bout du monde et loin de sa femme, Carlos devient Chuck. Pas encore LE Chuck, mais obtient déjà le surnom, donné par ses copains de l’armée avec qui il s’initie au Tangsudo. Pour les esprits mal placés, sachez que le Tangsudo n’est pas une pratique sexuelle déviante caractéristique des GIs en mal du pays, (vous confondez avec le viol de paysanne coréenne) mais bien un art martial, dont le nom veut dire « la Voie de la Main de Chine ». (Dans le Tangsudo  et comme dans tous les arts martiaux, on essaye de vous faire croire qu’ils impliquent discipline, respect, contrôle de soi, mais le but est quand même de fracasser son adversaire ou sinon de le tâter violemment le temps d’un « combat ».) Finalement, presque-Chuck est renvoyé à la Mère patrie, dans la base de March en Californie. En aout 62, il quitte l’armée sans avoir pris part à aucun combat. Pourtant, presque-Chuck veut tâter du combat, a pris le virus des arts martiaux et ne compte pas s’arrêter à la seule pratique du Tangsudo.

Il bosse chez Northrop Grumman, dont les activités tournent autour de la défense mais n’abandonne sa véritable quête : devenir un maitre des arts martiaux. Il ouvre alors une école de karaté (car Chuck pratique aussi le karaté) qui fait fureur et qui devient LE lieu incontournable pour les célébrités, où il développe le Chun Kuk Do, « La Voie universelle ». A l’aise, Chuck fait des enfants par brassée, et se retrouve vite avec trois marmots sur les bras. Mike, Dina et Eric ne savant pas encore que papa va devenir une superstar du petit écran. L’année 64 va changer sa vie, car il rencontre Bruce Lee, qui lui donnera un second rôle dans « La Fureur du dragon » en 72. Encore plus déterminé, Chuck rafle tous les championnats de karaté et ne tarde pas à faire son entrée dans le cinéma. En 68, il débute dans « The Wrecking Crew », enchaine les petits rôles jusqu’à ce que Steve McQueen l’encourage à perfectionner son jeu. Une star est née, il est sollicité pour des films de talent, « Invasion USA », « Delta Force » ou encore « Portés disparus » film dédié à son frère décédé au Vietnam. La guerre, c’est moche.

 

Chuck est entré dans le star-system et tout ce que ça implique, les putes, la drogue… Il n’est plus le même, Diane ne supporte plus les heures qu’il passe devant le miroir à travailler son jeu en disant « I’m Chuck Norris and I rule the world ». Elle le quitte, emmène les enfants, c’est la banqueroute. Norris ne remplit plus les salles, et le cinéma lui tourne le dos. Lui aussi n’en peut plus de son jeu d’acteur pitoyable. Mais on n’abat pas Chuck Norris. Winner dans l’âme, il se tourne vers la télévision quand on lui propose la série « Walker, Texas Ranger » en 1993. Chuck Norris va devenir un héros. Il hésite à accepter le rôle, qui lui rappelle son enfance meurtrie à Ryan. Mais il profite de cette occasion pour se venger de ses anciens camarades, bien déterminé à leur montrer que c’est un vrai Américain, santiags et chapeau à l’appui. Sa vie change, il accède au rang de super-star icône des beaufs américains. Déjà un peu vieux, mais riche, il se marie avec l’ancien mannequin Gena O’Kelley. Personne ne connaitra réellement les motivations de la belle, mais Gena fait les choses bien : elle ira jusqu’à lui donner des jumeaux. Jusqu’à 2001, la série « Walker Texas Ranger » compile quelques 203 épisodes, ainsi que des téléfilms, aux audiences démentielles, que les spécialistes du genre ne comprennent toujours pas.

 

Depuis, Chuck a mal vieilli, est devenu un vieux con qui prêche la bonne parole républicaine et catholique, mais Internet s’est vengé. Fin 2005, il est devenu malgré lui la cible des internautes, le site Truth about Chuck faisant un véritable carton sur le web. Désormais, Chuck est partout, mis en scène dans de courts aphorismes humoristiques et absurdes qui lui attribuent des qualités surhumaines, pour se moquer des rôles d’homme systématiquement invincible qu’il a incarné.

Florilège…

Dieu a dit : « que la lumière soit ! » et Chuck Norris a répondu : « On dit : s’il vous plait ! »

Chuck Norris counted to infinity – twice.

« Il n’y a pas de théorie de l’évolution. Juste une liste de créatures que Chuck Norris a autorisé à survivre. »

“Chuck Norris once visited the Virgin Islands. They are now The Islands.”

Once a cobra bit Chuck Norris’ leg. After five days of excruciating pain, the cobra died.

 

Bref, vous avez compris. Chuck Norris a envahi le web, mais un peu à son insu. Et ça le fait pas rire. En 2007, Penguin Books a édité un livre regroupant les meilleures blagues à son sujet, « The Truth about Chuck Norris : 400 facts about the world’s greatest human ». Dans la foulée de la sortie du livre, Chuck attaque en justice Penguin et le site Truth about Chuck. Seulement, le problème avec Chuck, c’est qu’il a vraiment pris la confiance et qu’il croit qu’il y a réellement des gens qui l’écoutent. Récemment, il a publié une vidéo avec sa tendre épouse, dans laquelle ils expliquent que les Etats-Unis « may be lost forever if we don’t change the course our country is taking. » D’après lui, “our great country and freedom are under attack,  on the brink of socialism or something much worse.” Oui, pourquoi pas… Mais il vire sacrément vieux con. Plus personne ne le suit, c’est comme s’il avait vraiment cru à tous ces petits aphorismes… L’apogée se situant certainement en 2009 quand il publia sur le blog conservateur « Human Events » une tribune contre l’avortement. Attention, quand Chuck Norris se lance dans la réflexion, ça peut faire mal.

Lastly, as we near the eve of another Christmas, I wonder: What would have happened if Mother Mary had been covered by Obamacare? What if that young, poor and uninsured teenage woman had been provided the federal funds (via Obamacare) and facilities (via Planned Parenthood, etc.) to avoid the ridicule, ostracizing, persecution and possible stoning because of her out-of-wedlock pregnancy? Imagine all the great souls who could have been erased from history and the influence of mankind if their parents had been as progressive as Washington’s wise men and women!”

Clairement anti-démocrate, ou anti-Obama (c’est vrai qu’il est un peu noir quand même) Chuck, pour appuyer sa position contre l’Obamacare program et les Planned Parenthood, remonte jusqu’à Sainte Marie. Et oui, si jamais avait-elle voulu avorter, où en serions-nous ? C’est vrai que ce problème devait se poser à Béthleem un peu avant l’an 0.

En attendant tranquillement les prochains billets de Chuck Norris sur evil-Obama, sachez que vous pouvez retrouver ses exploits, la philosophie de la vie expliquée par Chuck sur un site de fan enragés au gout pour le webdesign douteux.