20121107

Cheveux Chéris Frivolités mais pas que… au Quai Branly

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dans In Exhibit

Ne vous les arrachez plus, ne les coupez pas en 4 et histoire qu’ils ne se dressent pas sur votre crâne et pour ne pas s’en faire des blancs, allez au Quai Branly


Au vu de ma photo de profil, il est clair que j’ai une passion immodéré pour les cheveux. Mais en même temps, quoi de plus passionnant que cette toison improbable nous restant de nos fières années préhistorique (et quelque autres poils passant à la moulinette de l’esthéticienne).

Nos cheveux, que représentent-ils? Qu’en faire?  Ou vais-je? dans quelles étagères? bref nos tifs adorés, nos roseaux ou nos douillets; mais c’est un peu court jeune homme, c’est une toison, que dis-je; une chevelure, une crinière, une balançoire à poux!

Il en fallait bien au minimum une exposition, à la mesure de ce sujet, et ça, ça défrise (le fer). C’est la vrai bonne surprise pour les amoureux de la sociologique historique accessible.

Sur une scénographie vraiment pertinente qui rend l’exposition digeste et aérée;  on navigue sur les trois thématique du cheveux

FRIVOLITÉ, PERTE, POUVOIR

On passe dans un parcourt où la lumière guide nos pas: la 1ère partie est la plus lumineuse, la plus glamour. On y trouve plein de photos de stars: Gina Lolobrigina en princesse des mil et une nuit ou Brigitte Fossey en robe émeraude cohabitent avec les rois capétiens et leur brushing parfait symbole de sagesse. La danse du scalpe d’Annette Messager fait face aux bustes noir et blanc, en marbre et en bronze.
C’est la gloire du cheveux, l’ornement fantasque, de la femme, de l’homme aussi, c’est la beauté de la luxure et des coiffes de tous les continents.

C’est une très grande diversité de supports que nous offre l’exposition: marbre, photo, peinture romantique de rousses voluptueuses, vidéos et un grand foisonnement géographique des sources et des cultures.

PERTE ET PUNITION

Après la lumière de la sensualité et de la sexualité, on passe au coté obscure de cette idéalisation de la crinière: sa perte.
C’est le renoncement léger et romantique comme ces médaillons contenant mèches de cheveux, offrandes émouvantes des jeunes filles d’un autre temps à leurs amoureux.
Mais c’est aussi le sacrifice de cette mèche blonde à Dieu pour l’entrée au couvent.


Le sacrifice ou l’offrande fait place à long couloir où l’on connaît la perte dans le deuil, dans la maladie, dans la dureté de l’humiliation et de la punition.
On reste fasciné par une photo: cette japonaise nue et impudique couverte de ses cheveux coupés, le regard dans le vague, elle nous renvoi au choix intime qu’est notre premier ornement.

Le point de basculement de l’exposition c’est le montage vidéo sur les « Tondues de Chartres de 44″-ces femmes immortalisées par le photographe Capa- coupables d’avoir couché, aimé des allemands. On arrive alors dans le plus noir dessein de l’homme: l’humiliation de la femme où la perte est subit, où le cheveux devient une arme néfaste, presque maléfique.

LE FORCE MAGIQUE

C’est le document parfait pour la transition vers la pensée magique: Couper le cheveux, c’est humilier, car le cheveux c’est le pouvoir de la séduction, mais tout simplement la puissance de l’être humain.
On arrive ici aux forces les plus primitives, aux cultures les plus magiques, à la puissance mystique. C’est la phase de Samson et Dalila,  C’est le trophée, celui qui permet au vainqueur d’absorber la puissance de son adversaire qui perd alors sa force, son existence.
On y découvrir les mythes créateurs et une impressionnante (et une peu angoissante) collection de têtes réduites aux chevelures qui apparaissent démesurées.

La momie péruvienne qui clôture l’exposition ferme la quadrature du cercle, elle n’est que le miroir des jolies femmes chevelues du début du chemin. Elle nous renvoie vers la lumière mais semble nous murmurer:

Vanitas vanitatum, et omnia vanitas.
Vanités, tout est vanité.

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C’est une sage et étrange leçon que nous donne à voir le Quai Branly en nous (dé)montrant que le cheveu forge notre identité sexuelle, culturelle, nous donne notre beauté, notre force et que la seule chose qui nous mourra pas, c’est notre croyance et notre âme.