20121115

La démagogie du cool, une maladie grave

IMG_6837

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un fléau social qui ronge notre société de l’intérieur. Un fléau qui prends racine (de skunks) dès la moitié du XXème siècle quand des hordes de chevelus en tenues à fleurs envahirent la capitale cherchant une utopique plage sous des pavés de certitudes.


Ce fléau qui bride nos volontés et nos envies, qui nous oblige à penser dans le sens du vent, cette soft dictature qui nous fait avancer bêlant dans le troupeau des opinions aseptisées.
Ce fléau à un nom, et ce nom qui n’est pas encore googelisé à l’heure actuelle, je suis donc un précurseur, ce fléau donc, c’est la démagogie du cool.

Oui, nous baignons dans la démagogie du cool quand nous ne buvons pas la tasse… dans des mugs aux motifs de vaches.

SYMPTÔMES

Comme c’est cool d’écouter de la musique cool dans les endroits cool avec des amis cool, habillé de façon cool et en ayant des discussions cool sur des sujets cool. C’est l’instant présent qui prime avec ses petits bonheurs qui n’engagent personne, et l’on en oublie que la vie s’écoule lentement.

C’est plus cool de danser avec Jamel sur la musique de Diam’s que de parler de la réforme de la sécu, c’est plus cool d’aller voir un match de l’équipe de France que de parler des traités européens, c’est plus cool de passer chez Drucker avec ses amis du show-bizz (quoi que quand même Barbelivien et Clavier, genre mec cool, ça fait plutôt froid dans le dos) que d’expliquer le rôle du culturel face à l’économie, c’est plus cool d’être de gauche par ce qu’à gauche on a Che Guevarra et Jaurès alors qu’à droite, c’est Hitler et Pétain.

C’est cool de fumer, de boire et de faire la fête, c’est cool d’être jeune, c’est cool d’être irresponsable, d’être amoral, d’avoir envoyé balader les valeurs et les principes rancis de nos parents, c’est cool d’être épanoui et bien dans ses clarks — comment ? c’est ringard maintenant les clarks ? et bien, bien dans ses tongs alors, c’est cool, non, les tongs?—?

Je me rends compte à ce niveau de ma diatribe que je risque de passer pour l’aigri de service, le conservateur de la vieille école, voir le souffreteux de l’âme inscrit aux JPF (comment ? vous ne connaissez pas les JPF ? mais si, les Jeunes pour la France avec feu-le sympathique de Villiers, encore une preuve que tout ce qui pour vous n’est pas « in » vous est inconnu).

DIAGNOSTIQUE

Mais si je suis aussi sceptique face à la cool-attitude (oui car si je méprise de toute ma carte d’électeur la démagogie politicienne, de l’autre coté du spectre et de la masse coolienne, je hais aussi les branleurs en dread-locks, traînant leurs nonchalance de festivals en rave-party, dégagé du monde actuel et de ses préocupations bien que teinté d’un anti-sarkozysme de bon aloi, et consommant à haute dose des fringues « alter-mon cul » pour se distinguer du petit-bourgeois étriqué qui n’existent que dans leurs fantasmes de révolutionnaires underground. Et pendant qu’ils massacrent la nature et les terres agricoles du haut de leurs murs d’enceinte et du droit à la jouissance, les villageois apeurés s’en vont voter pour l’ordre et la sécurité dixit Renaud, vous savez le chanteur au blouson noir maintenant retourné en ravissant smoking…

Donc, si je suis aussi s(c)eptique face à cette fausse… liberté de jouir des amateurs de l’anarchie qui en ont oublié ce que cela implique en responsabilité (Proudhon revient, ils sont devenus con), c’est qu’il me semble que la démagogie du cool en faisant briller le factice et le facile nous berce dans nos illusions d’un monde que nous aimerions à notre image.

Quel cache misère que cette démagogie du cool qui nous fait croire que la droite est has-been alors que c’est le premier parti de France, qui martèle que les Hommes sont égaux et que le racisme c’est les autres, que tout le monde il est beau et gentil dans un pays ou le communautarisme s’exacerbe, cette démagogie qui conspue TF1 et veut nous faire croire que personne ne la regarde alors qu’elle est pourtant la meilleure audience d’Europe, cette démagogie qui prône le stakanovisme de l’épanouissement personnel, le plaisir sans limite de l’Ego, cette démagogie enfin qui voudrait faire taire les ennuyeux qui viennent gâcher la fête en parlant de sujet pas cool non pas en leur disant clairement « tu nous gênes dans notre envie de penser en rond » mais en soupirant et en levant les yeux au ciel avec un air de pitié et murmurant à nos oreilles d’une voix compassionnelle « écoute, tu nous fatigue avec tes grands principes et ton moralisme de curé de campagne, lâche-toi et sois un peu plus fun, j’t’ai cassé, lol, mdr, wesh, j’te kiffe, total respect, gossbo du 7-5 en force ! ».

Excusez-moi une crise de jeunisme… Donc, Cette démagogie bien-pensante voudrait nous faire croire que notre société ressemble à une soirée gloubi-boulga en oubliant que sous le monstre orange, se cache un intermittent qui voudrait juste avoir son cachet pour pouvoir se coucher. La vie est une fête, fuck me I’m Famous !

Donc si je crache sur cette démagogie du cool quitte à passer pour le gendre de Christine Boutin (mais non, Tata, je ne l’ai pas dis…) c’est que, dépassant les clivages gauche/droite, telles la corruption ou la langue de bois, la démagogie du cool sape notre démocratie. Aussi sûrement que les attroupements sur les quais de djeuns en baggy et tatoués aux tétons de tribales tortues tapant sur des tam-tam en tâtant du Tryo et levant le poing bien haut nous rapprochent du Grand Soir.

PRISE EN CHARGE

Comme à mon habitude, je palabre, vitupérant sur les maux de notre société, et je n’apporte aucune solution. Donc, une fois n’est pas coutume, je vais vous proposer des remèdes pour notre société bien malade.

Remède n°1
Arrêter de croire que les choses connes deviennent cool lorsqu’on les prends au second degré, car « appréciez les choses connes au second degré c’est prendre le risque d’être pris deux fois pour un con. »

Remède n°2
Remplacez le mot cool dans votre conversation par le mot tip-top ou bath, et vous verrez le monde d’un autre œil.

Remède n°3
Si vous trouvez que traiter les hommes politiques de démago, c’est démago, alors il est peut-être temps de se demander comment notre société à réussit à anesthésier la critique.

Remède n°4
Si cette chronique vous a gonflé, est-ce que c’est par ce qu’elle dénonçait un système implacable et vous remettant en cause tel le poing cinglant de la vérité, ou est-ce tout simplement, par ce que le coté donneur de leçon, prétentieux, et pompeux, vous trouvez que c’est pas cool ? Vous ne répondez pas ? J’en étais sûr.

La démagogie du cool a encore frappé !