20121115

Ton plus beau profil

ton plus beau profil

C’est fini le coup du « appelle-moi ». Maintenant, c’est « ajoute-moi ».
Si je te dis le mot magique Facebook, tu visualises tout de suite ces lettres blanches qui se détachent du fond bleu.


Même ma grand-mère en a entendu parler. Pourtant, quand tu trouves quelqu’un qui ne connait pas (si, si, c’est possible et je ne parle pas d’une personne ayant vécu dans le fin fond d’une caverne, à la Natasha KAMPUSH style), elle te demandera quasi systématiquement, après une explication brève : « Mais, en fait à quoi ça sert ? ».

Alors oui, bien sûr, ça sert qu’on est en contact (avec parfois 5000 « amis » dans le répertoire), mais surtout qu’on peut voir et se faire voir. Et on se rend compte qu’il s’agit d’un formidable laboratoire de profils psychologiques bien définis.

Il y a les engagés enragés, qui mettent des photos d’animaux dépecés ou des pétitions à signer pour sauver les ours polaires.

Les éplorés, qui à coup de phrase type « Quelquefois, la vie est dure » suivie de 3 petits points s’épanchent sur leur triste existence.

Les accros du jeu qui t’envoient des invitations pour des animaux dans une ferme ou qui on besoin de je ne sais quel objet pour passer au niveau suivant.

Les publicitaires, les transis d’amour, les blagueurs,

Ceux qui recherchent un emploi,

Ceux qui n’arrivent pas à dormir,

Ceux qui viennent d’avoir un enfant ou de se marier et ceux qui se séparent.

Ceux qui sont malades et ceux qui voyagent.

Il y a aussi les faux profils, les tricheurs, les entreprises qui te supplient de les aimer.

Il y a aussi ceux qui ne sont jamais là et qui n’ont pas d’actualité depuis 2007.

Ceux dont c’est l’anniversaire.

Ceux qui changent tous les jours de photo de profil.

Ceux qui partagent des trucs drôles qu’ils ont vu sur internet ou des citations.

Ceux qui prennent en photo ce qu’ils s’apprêtent à manger.

Ceux qui ont besoin de l’avis des autres « Est-ce que je dois me laisser pousser la moustache ? »

Les critiques de films et de séries télé.

Ceux qui réagissent à l’information et qui rendent hommage aux morts célèbres.

Et puis il y a ceux qui n’ont pas facebook.
Et là, c’est comme quand quelqu’un te dit qu’il n’a pas la télévision ou le téléphone portable. Un peu d’incrédulité et d’admiration qui se mélangent, face à ceux-là, les nouveaux résistants.