20130114

Le monde de Charlie, c’est pas pour dire du mal mais c’est… gentil

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Une plongée dans les lycées américains, ça fait toujours peur… Peur du cliché, surtout. Le monde de Charlie n’y échappe pas, à ces clichés, mais parvient quand même à éviter de (trop) sombrer dans le film d’ados, pour ados.
Par la grâce d’un Ezra Miller épatant, notamment.


La bande annonce laissait entrevoir autre chose qu’un film d’ados, pour les ados. Ce n’est malheureusement que ça. Ou presque. Tout étant dans ce presque, vous l’aurez compris. Deux éléments viennent rehausser l’ensemble, et permettent d’éviter de tomber dans une trop sombre banalité. La fin – assez surprenante en dépit de ce que j’ai pu lire ici ou là – et Ezra Muller.
Je ne peux évidemment rien dire de la première – j’aurais sinon la police du spoil aux trousses – mais tout du second. Tout le bien que je pense du garçon, en l’occurrence. Déjà excellent dans We need to talk about Kevin, et encore une fois crevant l’écran ici.
Son rôle ? Patrick, le gars un brin déluré mais franchement sympa qui, avec sa copine Sam (Emma Watson), va prendre sous son aile le petit Charlie. Pauvre Charlie… Le titre original est The Perks of Being a Wallflower. Soit, si on veut, « de l’avantage de faire tapisserie », qui est somme toute assez parlant.

QUAND CHARLIE FAIT TAPISSERIE

Charlie est transparent. Se croit transparent, ce qui revient finalement au même. Ne se pensant digne d’intérêt pour personne, il reste dans son coin.
Seul.
Seul comme une merde, à crever de solitude. Et à baver d’envie devant ses camarades de lycée qui, eux, s’ouvrent à des trucs de dingues. Les filles, par exemple. Ou les garçons, c’est selon, chacun fait comme il veut, mariage pour tous, tout ça…
Bref, Charlie a une méchante tendance à se refermer comme une huître. Et, attention, roulements de tambours, cette allusion à l’huître qui, de prime abord, semble n’avoir aucun sens, va maintenant, sous vos yeux ébahis, prendre une tournure quasi mythique. Z’êtes prêts ? Charlie a une méchante tendance à se refermer comme une huître. Or, il y a une perle, en lui (c’est magnifique, je sais). Une perle que ses amis, Patrick et Sam, vont aider à révéler. J’aurais pu aussi me lancer dans une métaphore à base de vilaine larve et de joli papillon, mais trêve de plaisanteries, on n’est pas là pour rigoler…

HE! CHBOSKY, PASSE LA SECONDE ON S’ENNUIE UN PEU

Ce n’est pas pour dire du mal, mais Le Monde de Charlie est un film gentil. A ne pas trop sous-estimer, malgré tout, car c’est « meuuugnon » tout plein et, par les temps qui courent, ça ne peut pas faire de mal. C’est juste un peu trop lisse, un peu trop tendre. A commencer par Logan Lerman, qui joue Charlie, sosie quasi officiel du Zac Efron des années Disney…
Ce n’est pas une bluette pour autant. Stephen Chbosky, réalisateur – et accessoirement aussi auteur du bouquin dont est tiré le film – ne se débrouille pas si mal. Il y a de l’idée dans sa mise en scène. Une juste vision de l’adolescence, ses tourments et ses problèmes. La solitude, la difficulté de s’insérer dans un groupe. Le tout sans trop sombrer dans le cliché.
Mais un peu quand même.

Le gros problème est surtout un manque de rythme, assez terrifiant, qui vient nous cueillir après trois quarts d’heure de film. On a envie de lui hurler de passer la seconde, à Chbosky. De siffler la fin de la récré pour aller se coltiner au monde des grands. Avec du drame et des larmes dedans.
Ce que le dénouement du film nous offre, enfin. Le problème étant cette obligation d’omerta imposée par la police du spoil…  Et que cette fin arrive un poil trop tardivement pour rendre le film indispensable.
Tant pis.