20130125

Le premier empire des steppes

Great_Wall_in_Inner_Mongolia

Nous avons conservé de nos années scolaires l’image d’un Empire chinois fortement centralisé et administré depuis son unification par Qin Si Huang Di en 221 av. J.-C., bordé au Nord de peuples barbares (c’est-à-dire non chinois) nomades cavaliers insaisissables et redoutables menant de violentes invasions en territoire chinois. DE L’AUTRE COTE DE LA MURAILLE C’est […]


Nous avons conservé de nos années scolaires l’image d’un Empire chinois fortement centralisé et administré depuis son unification par Qin Si Huang Di en 221 av. J.-C., bordé au Nord de peuples barbares (c’est-à-dire non chinois) nomades cavaliers insaisissables et redoutables menant de violentes invasions en territoire chinois.

DE L’AUTRE COTE DE LA MURAILLE

C’est contre eux que le premier Empereur de Chine** dut faire ériger une longue muraille (semblable au limes des romains matérialisé par le mur d’Hadrien) que l’on visite émerveillé aujourd’hui.
Globalement appelé Xiong Nju par les chinois, ces peuples déjà au contact des royaumes chinois précédents (Han et Zhao) furent assimilés – sans preuve véritable – aux Huns. Eleveurs cavaliers, ils dominaient de la Mandchourie jusqu’au lac Baïkal et vivaient, soit du troc (bétail, fourrures) soit régulièrement des incursions en terre chinoise afin de se procurer des ressources. Les sources chinoises en faisaient des nomades pillards avec qui les empereurs bataillèrent jusqu’à choisir de pratiquer des alliances matérialisées par des mariages et l’attribution des sceaux impériaux (reconnaissance de la suprématie impériale), ce qui trahissait déjà d’ailleurs la réalité de l’empire Xiong Nju.

Gurvger

L’archéologie* a beaucoup contribué à nuancer le nomadisme soi-disant ‘pur’ des Xiong Nju.
Ainsi la fouille de sépultures a montré que, outre les chevaux semblables aux chevaux mongols actuels, très nombreux – importants dans la vie quotidienne de ces éleveurs – on dénombrait des bovinés, des moutons, des chèvres et des porcs, animaux peu connus pour leur mobilité… 
De plus, des chars ont été exhumés : il s’agissait de cadeaux chinois transfrontaliers destinés à pacifier des voisins redoutables. Contrairement aux coutumes des Hans, ces chars relevaient de rituels  mortuaires avec sacrifices des chevaux harnachés pour le service outre-tombe. L’or a été longtemps supposé venir des échanges avec les chinois mais les analyses pratiqués montrent qu’il était natif et travaillé sur place impliquant une relative sédentarité.

Avec la découverte de papier, on pense de plus en plus  à un empire organisé autour de son chanyu (chef suprême) et échangeant avec son puissant voisin Han puis Qin, empire auquel succéda quelques siècles plus tard celui de Gengis Khan.

*Une fois levée la mainmise communiste sur la recherche scientifique en République de Mongolie.
** qui lui donna son nom.