20130228

Sexe 101 sexualité : fatalité ?

COVERS-19

Mes propos vous paraîtront peut-être aujourd’hui imbitables, et pourtant ils le sont.
A l’aube de l’an 2000, pour le sexe c’est plus le même deal, disait le sociologue Shen dans le superbe ouvrage « conseils aux parents pour ne pas laisser traîner leurs fils » (Shen & Starr – 1998 – Editions Nique la Pléiade)


Et effectivement, le sexe du futur n’aura peut-être pas le même goût. Maintenant que nous pouvons nous reproduire sans nous accoupler et nous accoupler sans nous reproduire, le sexe n’est plus un devoir social pour le bon fonctionnement de la société mais un droit au plaisir que les Doigts de l’Homme ne garantissent pas forcément.

IL Y A CEUX QUI ONT UN FLINGUE ET CEUX QUI CREUSENT.

Insatisfaction, frustration, manque : du prépubère boutonneux accroché à son joystick à la veuve solitaire qui n’a pour amour que les feux du même nom et son caniche nain, du couple en panne qui n’a plus fait le coup de la panne et dont le désir se fane à la jeune vierge tremblante ayant peur et dégoût de la bête, la sienne qui miaule devant les stars des plateaux de télé, et l’autre, celle qui rôde immonde et fécondera son ventre en passant par la Brecht, l’Humanité se divise en deux : ceux qui aimeraient pouvoir et ceux qui se sont endormis.

Les philosophes se disputent depuis la nuit des temps (visiblement, ils n’avaient rien d’autre à faire cette nuit-là) sur l’emprise des passions et des pulsions pour nous pauvres petits êtres humains en proie aux désirs qui nous rongent. Et qu’en ont-ils conclu ? Qu’au moins, quand on philoliloque, on en oublie ses problèmes de gonzesses. C’est ce qu’on appelle de la sublimation. En gros, si vous avez été refoulé : ou vous pleurez toutes les larmes de votre corps, ou vous vous attelez au puzzle de 4000 pièces rangé dans la cave et qui représente un carré de verdure vue au microscope.

« Mais la sexualité, c’est aussi du bonheur, de la jouissance et du partage ! » m’opposeront les gens bien équilibrés, bien en couple, et « bien baisés ».

« Je sais pas, j’ai jamais essayé » aurais-je pu répondre dans une débandade peu digne de moi et il faut l’avouer mensongère.

Si les prolétaires et les bobos revendiquent leur pauvreté matérielle, si les intellectuels et les éditorialistes bien-pensants se plaignent de la pauvreté culturelle des masses laborieuses, qui s’élève contre la misère sexuelle qui touche (et elle est bien la seule malheureusement) nos indigents de la jouissance ? Qui, hormis certains penseurs libertins toujours prêts à voler dans les plumes de la morale (les plumes, c’est bien mais « Où-est-le-bec » quand même !), qui donc prendra la défense des femmes abonnées aux simulations pour la tranquillité du couple, des solitaires culpabilisés par l’opprobre jeté sur la pornographie, qui reprendra le débat sans fin sur le plus vieux métier du monde, débat datant lui aussi probablement de cette fameuse nuit des temps, ce qui me fait penser qu’il y a à coup sûr une corrélation entre la philosophie et la prostitution, ce qui ne m’étonnerait pas vu le physique habituel des philosophes, ça ne devait pas être facile pour eux tous les jours.

DE LA BURQA AU STRING FICELLE… EN PASSANT PAR MOBUTU

Mais je m’égare… Avant de conclure, et c’est pour moi un exploit, je voudrais revenir à la place du psychologue face à la souffrance qu’engendre l’insatisfaction de nos pulsions. Si tous les grands penseurs ont donné de leurs théories pour expliquer nos pulsions, peu ont apporté des solutions. Que dire d’une société où tant de gens fonctionnent aux antidépresseurs, où les délinquants sexuels sont soumis à la castration chimique et où les sex-toys deviennent la panacée de la liberté sexuelle ? Pour continuer la réflexion lors des moments de grande solitude, voici quelques méditations promptes à la sublimation.

– Si la burqa symbolise la répression de la féminité dans les régimes traditionalistes rétrogrades, le string ficelle apparent est-il un signe de soumission à la mode dans nos régimes capitalistes ?

– Si les Hommes et les Femmes sont égaux, la galanterie est-elle un abus de pouvoir ?

– Si nous sommes tous des êtres de désir sexuel, pourquoi ce sont toujours les mêmes qui tirent leurs cartes du jeu ?

– Est-ce normal que lorsque j’entends le mot « liberté sexuelle » dans les magazines féminins, je pense à la façon dont le terme « démocratie » est utilisé dans les régimes dictatoriaux africains ?

Bonne libido à tous et mes amitiés à vos fantasmes.