20130218

Tu honoreras ta mère et ta mère : téléfilm bien plus que film

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Ça ressemble à Une famille formidable. C’était pas mal, Une famille formidable. Anny Duperey, ses enfants, une famille soudée, vaguement foldingue. Sauf que c’était à la télévision, et que faire un téléfilm au cinéma donne rarement quelque chose de grandiose. Dommage.


Une famille formidable au cinéma… Enfin, formidable… Dans le sens « gentille ». Et puis dans le sens Une famille formidable, justement. Anny Duperey, Bernard Le Coq, tout ça… Dans le sens série télévisée, quoi. Ce qui, de prime abord, n’est pas franchement un compliment pour un film sorti en salles.
Pas que de prime abord, d’ailleurs.

Mais qu’on ne me fasse pas assassin sans scrupule d’un film qui, malgré tout, a quelques mérites. A commencer par celui d’être plein de bons sentiments. Trop pour faire un bon film certes, mais, par les temps qui courent, ces petits moments doux-amers sont bons à prendre. Et, à défaut de sortir de la salle de cinéma en se disant que l’on vient de voir un chef-d’œuvre, on a un petit sourire aux lèvres.
Bon, ok, niais, le sourire, mais un sourire quand même.

DUR DUR DE VOIR GRANDIR SES ENFANTS

Haut les mains, peau de lapin, ton téléfilm en maillot de bain.

Haut les mains, peau de lapin, ton téléfilm en maillot de bain.

Tu honoreras ta mère et ta mère explore gentiment des thématiques très consensuelles. La famille, la force du clan, ses petites frictions et ses grandes réconciliations. Un film mignon tout plein, avec tous les sous-entendus qui vont avec. Nicole Garcia, la mère, organise depuis des lustres un festival de théâtre en Grèce. Crise oblige (si, si, il y a une grave crise en Grèce, je vous jure), son petit spectacle annuel est annulé. Qu’à cela ne tienne, elle va le faire quand même, parce que bon, on ne la lui fait pas à elle. Tenace et, donc, ça va souvent un peu ensemble, vaguement chiante. Et un poil abusive. Disons mère poule. Et ce ne sont pas ses quatre enfants qui diront le contraire. Tous trentenaires, quasi tous mariés et pères de famille, mais tous choyés comme s’ils avaient encore dix ans.
Et pas forcément tous très patients avec leur môôôman adorée.

TROP SAGE POUR ETRE HONNETE

Bref, ça s’engueule mais, surtout, ça se réconcilie très vite. Et c’est là le problème. On attend, en vain, que le drame se noue. Que le rythme s’accélère. En clair, qu’il se passe quelque chose. Au lieu de cela, chacune des petites étincelles, déjà rares, est tout de suite éteinte. Allez, hop, réconciliations générales ! Embrassades et rires joyeux. Comme s’il était dangereux de heurter la sensibilité du public. Comme s’il n’était pas mûr, ce public, pour accepter quelques anicroches sévères. Comme s’il fallait à tout prix, très vite, redevenir bien sage. Familial.
Dommage de n’avoir pas osé heurter, ne serait-ce qu’un peu, les spectateurs. On sent trop le long-métrage calibré pour faire les belles heures du lundi soir de TF1. Un téléfilm, en somme, bien plus qu’un film. Qui, d’ailleurs, rassemblera du beau monde, j’en suis sûr, quand il passera à la télé. L’ennui, c’est qu’au cinéma, ce n’est pas cela qu’on attend. On veut en avoir pour son argent. On s’attend à être surpris. On veut l’être.
On ne l’est pas.