20130430

Easy voyage, easy saucissonnage

propaganda

Et une publicité déshumanisante, une!


Te souviens-tu de cette série dans laquelle un héros, un certain Patrick McGoohan, hurlait à plein poumons le long d’une plage : « Je ne suis pas un numéro, je suis une homme liiiiibre ! », pendant qu’il était poursuivi par une sorte de grosse bouboule transparente ?1 Et bien c’est exactement la même réplique que tu peux hurler le matin devant la dernière campagne d’affichage d’Easy voyage, que voici :

Easy Voyage c’est quoi ?

C’est l’un des nombreux sites qui se sont multipliés ces dernières années, un peu comme les petits pains du célèbre rappeur, Lord Djesus, et qui te compare en deux temps trois mouvements tous les prix des voyages que tu peux faire pendant tes RTT. Imagine donc une petite boule (puisque la grosse est en train d’avaler un fuyard qui fait du tapage diurne sur les côtes), une petite boule donc qui, au gré des mouvements du flipper, se balade dans toute la toile du web, ramassant les informations et te donnant gracieusement les résultats de ses recherches. Il faut dire que l’internaute, avec ce genre d’outils, devient quand même une sacré feignasse, mais passons.

La première question qui me vient à l’esprit: la fiabilité du système. Comment être sûr que la petite boule magique est allée bien partout et a bien récoltée toutes les informations ? D’où la deuxième question : est-ce que la petite boule n’est pas tentée par le chant des sirènes de certains opérateurs pour mettre en avant leur prix et pas ceux des autres ?

Bien qu’une charte de déontologie des sites internet comparateurs ait été édictée par notre feu secré-traître d’État, Eric Besson, on peut quand même adopter une moue dubitative et s’interroger sur le respect de l’éthique en toutes circonstances. Parce que bon, des chartes, il y en a un paquet. Mais après, comme dirait Dalida, ce ne sont que des « Paroles, paroles, paroles ». Cet esprit est-il respecté par Easy voyage et ses collègues ? Telle l’identité du commanditaire du meurtre de JFK ou la fin de l’histoire de Toto qui rencontre un escargot, nous ne le saurons jamais.

Enfin, après ces deux questions capitales, force est de s’interroger sur la forme que prend cette publicité. Les prix sont fixés sur les sièges des passagers, au niveau de leur tête.Ceux-ci ne sont donc pas humains, mais réduits à un simple prix.

« Tu vaux combien toi ? 400 euros. Et toi ? 250. Et toi? 526 euros. Roooh le loser. »

Nos amis les publicitaires nous considèrent, depuis des lustres, comme des chiffres, des statistiques, des parts de marché, des pourcentages, du pouvoir d’achat. Un peu (même carrément) comme si nous étions des Sim’s, avec un gros camembert au dessus de la tête, cible aisément visible par ceux qui nous font acheter et consommer.

Plus rien ne sert de courir comme des dératés sur une plage et de crier des insanités.
Car la bulle nous a déjà avalés.

(Et bon voyage!)

1La série, c’est Le Prisonnier