20130524

PROTEST SONG #2 : LA GUERRE C’EST MAL

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Si Dieu existe vraiment et qu’il n’est qu’amour, douceur et volupté, pourquoi est-ce que la guerre, la souffrance et Chuck Norris existent ? A défaut de trouver une réponse sensée à cette question existentielle, certains se sont défoulés en chanson sur cette saloperie de nature humaine et son penchant pour la violence. Des Beatles à Eminem, petit aperçu de différents cris de guerre.

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« MAKE LOVE NOT WAR » OU COMMENT FUMER LE CALUMET DE LA PAIX DEPUIS SON PIEU

Putain de Vietnam. 8 744 000 soldats mobilisés du côté américain dont 60 000 tués et 150 000 blessés ainsi qu’un 1,5 million de vietnamiens, la deuxième guerre d’Indochine est loin d’être un « détail de l’histoire ». Engagez-vous qu’ils disaient ! Véritable traumatisme du XXème siècle, cette guerre a inspiré un nombre incalculable d’artistes des années 1960 et lancé le mouvement hippie.

Niveau contestation, les Beatles ne sont pas vraiment une référence. Il y a bien « Revolution » en 1968 qui soutient les mouvements étudiants mais globalement, on retient plus des quatre garçons dans le vent des scènes d’hystérie collective de jeunes pucelles. Et puis ils passaient quand même le plus clair de leur temps à se biturer et à tester diverses substances. Personne n’est dupe sur le message subliminal de Lucy in the Sky with Diamonds et il est improbable que les paroles d’Hello Goodbye furent écrites à jeûn.

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Des quatre, John Lennon fût le plus engagé. Bon, il a quand même abandonné le groupe pour une fille violant ainsi le principe « les potes avant les putes » mais c’était pour la bonne cause. Et pour ce qui est de la communication, sa copine lui a pas mal servi. En 1969, Lennon quitte la bande pour se lancer dans une carrière solo. Juste après son mariage avec la nippone Yoko, il organise un « bed-in » à Amsterdam. Lui et sa dulcinée reçoivent dans une chambre du Hilton des journalistes du monde entier, pour prôner l’amour et la paix et tout et tout et tout depuis leur lit nuptial. Bon prétexte pour faire le buzz sur sa nouvelle vie et bonne excuse pour faire hum-hum (si besoin est d’avoir une excuse). L’expérience fonctionne tellement bien qu’ils remettent le couvert à Montréal quelques mois plus tard. C’est là que Lennon enregistre Give peace a chance à propos de la guerre du Vietnam pour le Plastic Ono Band. Cette chanson deviendra un véritable hymne pour toute une génération d’hippies crasseux et perchés.

Certaines mauvaises langues accusent Lennon de se servir de la guerre pour lancer sa carrière… A qui profite le crime ?!

PROTESTATION MADE IN US

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Bien plus tard outre-Atlantique, l’idiot du village est devenu président. Comme quoi aux Etats-Unis, tout est possible. L’arrivée de Bush fils au pouvoir a été une manne artistique. Déclaré pire chef des Etats-Unis, il s’est engagé dans des guerres impopulaires, a certainement fait sauter les twin towers (mais si, la théorie du complot !), a survécu à un étouffement au bretzel, a miraculeusement esquivé une chaussure et a maintenant son propre musée au Texas. Sa stupidité a permis un renforcement du mouvement démocrate à la fois populaire et culturel. La jeunesse yankee post-11 septembre a besoin de s’exprimer. Fat Mike de NOFX lance le projet Rock against Bush en 2004, sur le même modèle que Rock against Reagan en 1980. Il réunit plusieurs groupes qui cultivent les pantalons trop grands, comme Green Day, Good Charlotte, No doubt, Sum 41, The Offspring, Foo Fighters… C’est dans ce contexte que Green Day sort son septième album, « American idiot » en 2004. Une chanson éponyme prend position contre Bush et invite les Américains à ne pas revoter pour lui. Les rockeurs critiquent également l’emprise des médias sur l’opinion publique sur fond de grosses guitares électriques et de khôl noir version panda. Pourquoi pas.

THE SLIM SHADY AUSSI A UN TRUC À DIRE

Une autre tête brulée, et pas des moindres, a poussé des vocalises contre le Texan. Eminem, icône du rap blanc made in US, est certainement l’artiste le plus vénère sa race de toute l’histoire. Homophobe, misogyne, il ne fait pas dans la dentelle et adopte un style vestimentaire plus qu’XXL : le tissu d’un seul de ses pantalons pourrait habiller les habitants d’un village Africain (mais comme les Africains ne s’habillent pas, le problème est réglé…) Son premier album lui a permis de régler ses comptes avec sa mère et son ex. En 2004, avec « Encore », il reprend cette même démarche, visiblement plus rentable que des séances chez le psy. La première chanson de cet opus, « Mosh », s’attaque à Bush et à ses engagements politiques.

Mais Eminem reste Eminem : il parle de lui à la troisième personne et s’octroit des pouvoirs thaumaturgiques : « I give sight to the blind, my insight through the mind » littéralement « Je rends la vue aux non-voyants, donne ma vision profonde des choses à travers votre esprit ». Restant dans son rôle de bad boy, il s’insurge contre la guerre en Irak : « Strap him with AK-47, let him go fight his own war », « Donnons-lui un AK-47, laissons-le aller livrer sa propre guerre ». Sous la forme d’un film d’animation, le clip de Mosh veut faire bouger les jeunes pour bouter Debeuliou hors du pays de l’oncle Sam. Slim Shady a désormais l’insulte politiquement correcte.

Bush et sa connerie ont clairement lancé une mode. Tous les artistes de l’époque avaient rédigé une chanson contre lui. Être vraiment rebelle aurait été d’écrire une apologie de Georges Buisson. Mais à ce jour personne ne s’y est risqué… Courageux mais pas téméraires ?


Allez, on passe à l’oral.
HERE COMES THE MIXTAPE ESPECIAL

Mixtape 009 [edition protest songs] by Apache on Mixcloud