20130516

Tennis : petit guide à l’usage des nuls #2

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Vous l’attendiez et il est enfin là, le deuxième épisode de notre aventure ô combien sportive. Encore plus fort dans la délation, encore plus méchant dans la chronique capillaire, encore plus loin dans le décryptage des us et coutumes autour des cours, suite de mon enquête tennistique pour toi, lecteur avachi sur ton canapé.


On m’a toujours qu’entre les Stones et les Beatles, il fallait choisir. Un peu comme entre boire et conduire, entre boursin et chope, les apéros incessants, ta mère ou moi. Des choix qui définissent une vie entière finalement. Applicables à tous les champs, culturels, sociologiques, politiques, devinez quoi, ça marche aussi en sport. On ne parlera pas ici de foot s’il vous plait, parce qu’on ne peut pas discuter avec des supporters à moins d’habiter le XVIème. En tennis, il te faudra aussi choisir ton camp: tu seras pour Nadal OU pour Federer. Une position radicale hein, pas de tendresse les gars! Avec tout ce qu’il en suit… C’est-à-dire que tu ne peux pas supporter Federer et cuisiner un gaspacho, ton choix tennistique est aussi applicable à ton quotidien. Si tu portes une Swatch ou si tu as une montre tout simplement, exit ton amour pour Nadal.

L’INCRUSTE A LA SUEDOISE

Selon le site de l’ATP World Tour, c’est la rivalité number 1 de la décennie. Si Federer a remporté Roland-Garros en 2009, le seul tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès, c’est bien parce que Rafa s’était fait jeter par un obscur joueur suédois (depuis quand les Suédois connaissent la terre battue?) répondant au doux nom de Robin Soderling, qui en plus de porter le prénom du Jacouille de Batman, doit certainement trainer dans les backrooms des tournois. Un bisou non protégé et voilà qu’il attrape la mononucléose, qui l’a éloigné des courts depuis. Un monsieur pas très malin, qui devait d’ailleurs jamais trouver de motifs valables pour justifier ses absences au lycée quand il chillait tranquille sur les plages suédoises. D’où certainement cette tendance à se fâcher tout rouge tout le temps pour rien. Genre, perdre un match. 

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Tout ça pour dire que ce mec a réussi à me pourrir la finale de RG en 2009, parce que voir le petit se faire littéralement exploser 6/1, 7/6, 6/4 par un Roger au bord de l’éjaculation précoce, tellement excité d’approcher si proche de la victoire avec un Nadal rentré à la maison en 1/8 de finale, c’était pas drôle voire carrément chiant… Comme mieux porter le chapeau de cow-boy rose que Pricasso, c’est un duel à sens unique. Notre rivalité helvéto-hispanique donne pour le moment l’avantage à Nadal, qui mène 19 victoires contre 10 pour Roger. Au fait je précise parce qu’on ne sait jamais, mais ça se prononce Rogerrrrrrrr, sinon on a l’impression que tu parles de ton tonton et là tout fout le camp.

L’HEURE DU CHOIX A SONNE

Pour toi lecteur indécis, sache que tu dois te faire une place dans ce monde de brutes en petit short. Si tu veux passer pour un familier du circuit, voici quelques arguments puissants pour alimenter ton argumentation:

– « Nadal est un être mutant post-OGM. » Avec ce bras gauche surdimenssionné, la vraie question au fond est de savoir s’il a peu ou trop de temps pour la branlette. Auquel cas, il faudrait se renseigner s’il est droitier ou gaucher dans la vie quotidienne, des témoignages peut-être? Toujours est-il que Shakira la gitane l’invitait avec ces paroles langoureuses « Come on for a ride » en souriant, peut-être évoquait-elle une éventuelle balade en roulotte.

– « La neutralité c’est pour les faibles. » Et comme je vous comprends. Roger est comme son pays, neutre. C’est-à-dire qu’il a l’air de conserver inexorablement cet air d’une vache milka qu’on aurait balancée sans vergogne au milieu d’un stade. Il ne se passe rien derrière. A voir ces interventions post-match, je ne saurais dire s’il a gagné ou perdu, puisqu’il a toujours l’air content. Attention, à ne pas prendre au sens positif du terme, il a l’air content comme un handicapé qui a l’air content, nuance.

– « De toute façon, Nadal il est dopé. » Oui, et non. Enfin c’est Almodovar qui l’a dit sur la plateau du Grand Journal, est-ce qu’il faut croire un homme qui fait des films avec des viols et des grossesses de femme dans le coma? S’il est si fort, c’est déjà parce que les Espagnols mangent du taureau depuis tout petit, après les avoir saignés dans l’arène sous les cris des foules en délire, on se croirait presque à un concert de Johnny. Essayer, c’est l’adopter.

– « Il est trop net pour être honnête. » Et comme je vous comprends. Est-ce qu’on peut cautionner un homme qui pendant ses vacances gambade certainement en short et en sabots dans les montagnes pour yodler, et appelle ses amis avec un cor des Alpes? Non. Et puis c’est bien la faute de quelqu’un si Cahuzac s’est fait une petite place chez UBS…

– « Nadal a-t-il un problème avec son plug anal? » Avant de servir, Nadal entame un petit rituel, serait-il franc-maçon (l’enquête du Point est en cours)? Il fait rebondir la balle quelques fois, avant de se pincer le nez puis chaque oreille, puis de se toucher les fesses. Non mais oh! Dans cette histoire, il y a quand même un grand mystère: soit ses caleçons sont trop petits, soit il a la gale.

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– « Federer était nazie dans sa jeunesse. » Il nous le fallait le point Godwin! Ceci est une exclu, mais il semblerait que Roger ait aussi eu son époque Horst Tappert. En témoignent ces photos. Ou bien peut-être qu’il était tueur en série… Non vraiment, cet homme n’est pas clair.

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Pour conclure, je laisserai s’exprimer les fans de Roger, qui ont inventé le concept du FEDAL, contraction des noms de nos deux protagonistes, voyez plutôt ce patchwork de l’amitié réalisé sur Paint <3 <3 <3 <3. Il s’agit de s’émouvoir devant tant de complicité entre les deux hommes, tant de tendresse et de douceur, tant de rires et de fureur, tant de regards complices et bienveillants… On parle toujours des vestiaires des rugbymen et footballeurs, mais qu’en est-il sur le circuit ATP ?

Ce monde part en couille je vous l’dis…