20130612

Comme un parfum d’amour qui enrage

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« Aimez-vous les uns les autres », qu’il disait.


Le sujet est sur toutes les lèvres, fait la une régulière du petit journal sur Canal plus, oppose les personnalités médiatiques que l’on adore détester et bloque même des stations de métro le dimanche.
Le mariage pour tous.

Pour certains, cela signifie le glas de notre monde ou la fin de notre civilisation (enfin ça, plus la météo pourrie). Pour d’autres, il ne s’agit que d’une avancée logique des droits et de l’égalité, pour chaque homme et chaque femme, le mariage étant une institution civile depuis la révolution. Un peu comme pour le droit à l’avortement ou le droit des noirs aux States, les évolutions juridiques (pour ne pas dire avancées sociales), s’accompagnent de violences et de heurts au sein de la population.
On parle aussi de récupération politique du mouvement, à des fins démagogique : oui, François fait du popo économique mais il a légalisé le mariage pour tous, hip, hip, hip hourra.
En même temps, qu’est ce qui n’est pas récupérable aujourd’hui (en dehors des sacs plastiques)?

Déjà Planète Sushi et son agence à l’école du rire avaient pondu du buzz du genre un peu putassier…

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Ca surfait sur la tendance, tranquillou…

Mais bien mieux, la dernière publicité de Thalys, un train cool qui t’emmène presque partout en Europe, et qui met en scène dans sa dernière campagne, une série de personnes qui se retrouvent au bout des rails, dont un couple homosexuel : deux hommes, tête contre tête, avec la mention : « Dusseldorf et Paris n’ont jamais été aussi proches. »

Et c’est la première fois (enfin, la première fois que je le remarque mais il ne me semble pas qu’il y ait d’antécédent) qu’une publicité utilise l’image de l’homosexualité, ce en dehors de la sensibilisation à l’usage des préservatifs ou des associations luttant contre l’homophobie. Et ça m’a marqué. En fait, pour la première fois, le couple normé dépasse l’hétérosexualité. Un couple, ce n’est pas forcément un homme et une femme, c’est d’abord deux personnes qui s’aiment. C’est comme ça. C’est la vie.


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Un peu comme celle d’Adèle, récompensée au festival de Cannes par une palme d’or militante, quoi que Steven s’en défend. Un tunisien, Abdellatif Kechiche, qui parle de l’amour entre deux femmes et de cette liberté qu’il évoque lors de son discours de remerciement, c’est quand même militant.

Petite parenthèse : le film est tiré d’une bande dessinée magnifique, « Le bleu est une couleur chaude », de Julie Maroh, que je vous recommande très vivement.

Alors, quand on voit deux femmes ou deux hommes, sur une affiche ou dans un film, qui s’aiment… J’ai envie de demander à nos amis intégristes :
Est-ce cela qui offense Dieu ? Un acte d’amour ?
Ben oui. Parce que c’est cela, au final.
De l’amour.
Rien que de l’amour.
Et pourtant, c’est toujours lui qui va provoquer le plus de haine, et en particulier pour celui qui osera s’en réclamer et le défendre le plus. Tiens, pour voir, demande à Jésus ce qu’il en pense. Ou à Gandhi. Ou à Martin Luther King.
Tu vas voir, c’est fendard…