20130621

Le plancher des vaches

IMG_3626 - 2012-05-26 à 15-22-19

A quoi sert le sol? A part à marcher dessus hein…


Le sol c’est bien la dernière de nos préoccupations : pour la plupart d’entre nous, citadins, il a disparu sous le béton. Le retrouver nous plonge dans des préparations oubliées : pataugas, pansements anti-ampoules et lotions anti-insectes et dans des attitudes perdues : nez au sol pour ne pas rater tous les aspect et couleurs qu’il a sous les herbes, les arbres et les fleurs… et voir toutes les bestioles qui l’habitent…

Pourtant, cette pellicule, entre la lithosphère et l’atmosphère, porte et nourrit toute la vie sur terre : la biosphère. La connaître c’est l’affaire de la pédologie (du grec  pedon : sol) et des paysans qui en tirent nos aliments, qu’ils soient éleveurs ou agriculteurs.

Inutile de préciser que cette activité qui a bien changé depuis sa naissance au Néolithique représente des milliards d’Euros, des famines et des épidémies/épizooties (disparition des abeilles, vache folle, etc.) ainsi que des guerres masquées pour le contrôle de l’eau, partenaire incontournable.

Connaître, protéger, conserver et améliorer les sols et  leurs composants est donc une obligation planétaire. Toutes sortes d’expérimentations ont permis d’améliorer le rendement des sols. Certaines très fines s’ajoutent à d’autres plus simples.

Racines et vers de terre jouent en équilibre pour dynamiser les sols : ils constituent des petits agrégats physico-chimiques ou biologiques qui structurent le mètre de sol sous nos pieds et lui assurent une géohydraulique fine fondamentale. Riches en matières organiques et nutriments, ils nourrissent les plantes et fixent le carbone dégagé par les effets de serre. Les vers de terre décomposent la matière organique, aèrent le sol, activent les bactéries productrices  d’hormones végétales, aidant le plantes à contrer les bactéries pathogènes ou les nématodes parasites.
Les nématodes (organismes pluricellulaires les plus abondants sur terre) consomment les bactéries et ainsi favorisent l’utilisation des nutriments comme le phosphore (orthophosphate).

Plus pragmatiquement et donc très accessibles aux paysans, l’enfouissement de rameaux broyés au Burkina Faso – en copie d’une pratique déjà expérimentée au Nord – a montré son caractère bénéfique : le rendement de sorgho double à l’hectare/année avec apport de douze tonnes de branchages. Cette pratique facile doit être cependant tempérée par le disponibilité des arbres selon la région.

Poussière ou glaise, sable ou limon, le sol n’est pas seulement notre plancher des vaches…