20130628

Man of Steel : où comment caler devant Kal-El

man of steel

Clark Kent sur Terre, Kal-El sur Krypton, Superman pour tout le monde. Une icône dont on entraperçoit ici quelques bribes de son enfance et de sa construction psychologique comme super-héros. Quelques bribes seulement. Et bien trop de bastons.


Le super-héros, on l’aime ou on l’évite. Pour moi, en général, c’est plutôt la deuxième solution. Trop de barnum hollywoodien. Des scènes de batailles à n’en plus finir. De la baston, des explosions, des destructions, des effets spéciaux, des abdominaux. Plein dans la vue, mais rien dans le cerveau…
Pourquoi être quand même allé voir Man of Steel, alors? A cause des bandes-annonces, pardi. Elles étaient sublimes, les bandes-annonces. Alléchantes, avec leur grain d’image si particulier. Intrigantes, avec ces promesses de voir le petit Clark Kent (Kal-El de son petit nom kryptonien) se découvrir Superman. La construction psychologique d’un super-héros. Ses difficultés à s’accepter en tant que tel. Intrigant, non ?

SUPERMAN ¨PERD EN HUMANITE CE QU’IL GAGNE EN EFFETS SPECIAUX 

man of steel 3Oh ! On y a droit. Un peu. Un tout petit peu… Par intermittence. Comme pour combler les trous. Sans grande logique ni, surtout, sans grande tenue. Et finalement, une impression qu’il manque des scènes pour tout bien saisir.
Sans doute Zack Snyder a-t-il voulu passer plus vite à la seconde partie de son film. Trois gros quarts d’heure de bastons monumentales. De quoi ravir les amoureux du genre. C’est foutrement bien fait, il faut avouer. Un poil manichéen, certes. Un chouya caricatural, évidemment. Et même, pour ce qui me concerne, un tantinet trop long…
C’est de ma faute, aussi ! J’ai toujours été attaché au cinéma du réel. A tout le moins, celui du plausible. La SF et ses corollaires, ça m’est toujours passé loin. Très haut au-dessus de la tête. Là où les super-héros s’envolent. Pour moi, ce Superman perd en humanité ce qu’il gagne en effets spéciaux et en biscottos. C’est dire s’il perd gros, et nous avec, pauvres spectateurs.

ON NE RETROUVE RIEN DU JOLI TRAVAIL DE PHOTO DES BANDES-ANNONCES

man of steel 2C’est propre comme film, pas de problème… C’est carré. Ça l’est même trop… Ça donne trop l’impression d’être formaté pour être complètement honnête. Il y a quelques scènes intéressantes, toutefois. Pas grandioses, ça non, mais intéressantes. Celles sur l’enfance de Clark Kent, comme je l’ai déjà dit. La découverte de sa différence. La réaction de ses parents  – un excellent Kevin Costner et une émouvante et jolie Diane Lane – entourant d’un amour tendre et sincère leur petit rejeton venu de Krypton.
Mais, malheureusement, on ne retrouve rien du magnifique travail de photo des bandes-annonces. C’est, de ce point de vue-là, et de celui de la mise en scène, finalement bien plat. Donc décevant. A ne conseiller qu’aux familiers du genre « super-héros ». Pour les autres, il faudra rester sur votre planète.