20130610

No homo… no cerveau?

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S’emmerder implique passer beaucoup de temps sur le web, et l’oisiveté vous amène toujours à tomber sur un texte (généralement anglophone) où vous lirez dans le texte « no homo » afin de rassurer le lectorat sur l’hétérosexualité de l’auteur. J’eviscerai chacun de ces auteurs à la con.

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Je ne me rappelle plus trop la sensation du papier sous les doigts ou le bruit des pages que l’on tourne. Par contre, qu’est-ce que je bouffe de pages web. C’est incroyable. Je commence par lire un article sur un magazine en ligne (Apache Mag ?), puis je tombe sur une vidéo de chat qui éternue, je passe par la page wikipedia de la bombe à hydrogène, je trouve un groupe yahoo de fétichiste des pieds puis je tombe sur le torchon de trop.

« No Homo ». Ca sonne bizarrement à l’oreille. Ca rappelle de sales trucs qu’on a déjà croisé en ligne. Des groupes d’allumés de défense de l’hétérosexualité (oui, oui, ça existe), des assos anti-hétérophobie (wait, WHAT? hétérophobie, mais c’est inepte! L’hétérophobie ne peut par définition exister.)
– Enfin plein de trucs funs quoi !
Eh bien sachez-le, le « no homo » n’est qu’une précision sur son auteur. Une version courte du « je ne suis pas gay » ou du « j’aime pas la teub ». Mais pourquoi l’auteur précise-t-il son orientation sexuelle ? Généralement on est dans une société où prédomine la présomption d’hétérosexualité (à défaut d’info, on part du principe que t’es hétéro) et donc il devrait être inutile de préciser « no homo ».

Du coup quelque chose doit pousser ces personnes a clarifier qu’ils sont bien hétérosexuels (alors que tout le monde se fout qu’ils soient gays ou hétéros). Clarifions alors généralement le contexte du « no homo ».
Les meufs se permettent en général de dire qu’elles trouvent une autre meuf jolie, belle, canon, bonnasse ou choupinette. Les mecs en revanche ne se le permettent jamais (vis-à-vis d’un autre mec), et s’il le font ils rajoutent « no homo » à la fin de leur phrase pour dire que ouais, ce mec me fait bander, mais j’suis pas pédé.

Ce qui me permet d’arriver à mon dernier point : pourquoi ne veulent-ils pas qu’on puisse penser qu’ils sont gays ? Parce que mine de rien, ils trouvent ça dégradant d’être considéré comme un pédé. Ca « atteinte » à leur dignité. – Ca me rappelle quand je suis arrivé dans une nouvelle boîte. Après quelques jours, et donc quelques discussions, un collègue a senti bon de me préciser « j’ai rien contre les homos, mais tu sais moi je suis 100% hétéro ».

Ok, cool story bro, osef. Ce dont je me suis aperçu, c’est qu’il me l’avait dit pour lui, et pas pour moi. Il essaie de se rassurer, se convaincre qu’il est à 100% hétéro. Parce que bon, concrètement j’en avais rien à taper de savoir ça. Il y a donc dans l’affirmation de son hétérosexualité une volonté de conserver une intégrité viriliste.

Je vais donc à partir de ce jour spécifier à chaque que je parle d’une meuf « no hetero ». Parce que bon, je ne voudrais pas être confondu avec ces gens là ! Hein !