20130708

Un horizon de cendres

horizondecendre_2008

Si le Zombie movie est, depuis des lustres, un genre efficace et extrêmement populaire au cinéma — de ZOMBIE à 28 jours plus tard — qui a lu de bons romans mettant en scène nos chers bouffeurs de chair?


Je suis pas forcément un habitué des zombie book. Pour être franc, c’est le deuxième qui me tombe entre les mains, en dehors de quelques tomes de Walking Dead, mais ça compte pas vraiment. Les puristes des maccabés diront que les romans graphiques ou comics sont une catégorie différente. Bref. Mon premier émoi dans le genre a été le Guide de survie en territoire zombie de Max Brook. L’auteur dont le zombie oriented World War Z vient d’être adapté au ciné. Ce premier bouquin consistait à reprendre tous les clichés des films et tenter de rédiger un ensemble de solutions pour chaque situation, plus ou moins ubuesque, avec une présentation des armes, des moyens de fuite… Bref, plutôt un catalogue qu’une histoire. Mais mieux que celui de la Redoute.

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Puis, je suis tombé sur ce livre d’Andrevon, un auteur français prolifique qui a d’abord traité des sujets de vivants avant de s’attarder sur les non vivants.


UN RÉCIT DES PLUS CLASSIQUES

Campagne française, petite famille banale et heureuse, un enfant (une petite fille)… Un quotidien typique avant que les morts ne se mettent à se régénérer. Ce bon père de famille va progressivement devenir fou. Drôle d’idée ? Dans ce genre de situation, il paraît que ça arrive souvent, soit. Bref, la cellule familiale explose bien évidemment, et notre père se retrouve complètement seul et désemparé. (Sujet d’actualité). Personnellement, si ma femme et ma fille recueillaient ma belle-mère, morte depuis dix ans, à la maison je ne donnerai effectivement pas cher de ma santé mentale. 
Littéralement lâché dans la nature hostile, le père erre jusqu’à ce qu’il tombe sur une caserne transformée en camp de réfugiés peuplée d’individus pas toujours aussi disciplinés que prévu.

 Mais c’est mieux pour le scénario. Rien de vraiment original dans la structure narrative, si ce n’est une approche un peu différente des morts : ceux-ci se réveillent presque inoffensifs avant de chercher progressivement à sucer le cerveau des humains vivants (souvenez-vous de votre belle mère).

MAIS UN GENRE MAITRISÉ

Je pourrais vous dire qu’on se rapproche des zombies façon Romero : lents, plus dangereux en bandes que tout seuls, et bien loin du standard rapide et agressif des infectés croisés dans 28 jours plus tard, World War Z ou autres… mais le but n’est pas de comparer les styles de chacun des créateurs.



L’ouvrage est bien écrit et il est agréable de suivre l’évolution mentale et physique du héros qui se transforme en tueur de zombies un peu malgré lui. Les personnages apparaissent et disparaissent assez vite ne laissant aucune forme d’attachement possible : chaque potentielle connaissance, chaque nouvel(le) ami(e) peut « mourir » quelques pages plus tard et le héros risque d’ailleurs de les recroiser dans des circonstances chichement moins chouettes…

 Traiter ce thème quand même très cinématographique et visuel par la littérature a quelque chose de prime abord surprenant mais on se laisse prendre au jeu. Les heures passent et valent bien un billet de cinéma. Le résultat est divertissant et à la hauteur. Andrevon est doté d’une bonne plume, très abordable et le récit déroule tout seul. Ce n’est pas un livre à enterrer.

Un horizon de cendres
JP Andrevon (Pocket, 2008)

Pour les amateurs de chair fraîche qui veulent (re)découvrir « le mythe » autrement que sur grand écran et ainsi éviter le revival récent et souvent raté de cette mythique figure de l’imaginaire.