20130905

Daft punk, sexe et inceste: Petite histoire de hasards

hasard

Etes-vous tombés sur cet article par hasard ? Non, bien sûr, il parle de sexe… Soyez patient, c’est pour plus tard. Jouons d’abord aux dés. Qu’est-ce donc que le hasard?


 

Lorsqu’on pianote sur Google le mot « hasard », le premier résultat à s’afficher sous les publicités renvoie à la définition de Wikipédia. Et ce n’est pas un hasard ! En dehors des noms de marque et du mot « sexe », c’est quasiment toujours le premier lien qui est proposé. Faites le test !

En revanche, lorsqu’on ouvre à l’ancienne les pages d’un dictionnaire, toujours à la recherche de ce « hasard », la première définition donne une leçon d’histoire. Pas de publicité. Normal, ce n’est pas un hasard. Le dictionnaire, je l’ai déjà payé.

Le hasard était, au Moyen Age, un coup heureux à un jeu de dés, selon le Petit Robert. Celui auquel jouaient sûrement les gardes en haut des tours, ou les dames pendant les guerres.

Le hasard ? Un coup heureux ? Oui. Comme si le bonheur frappait en personne à la porte. Le hasard affichait deux 6 ou deux 4 et on remportait la mise. Comme un coup de chance. Mais ce n’était pas la chance, hein ? C’était le hasard.

Puis le garde qui a inventé ce nom, du haut du donjon, a sans doute reçu une flèche en plein cœur, la seconde d’après, à cause d’une guerre naissante. Car le hasard s’est mis à tourner. Il s’est mis à faire référence à un « risque, une circonstance périlleuse ». S’exposer au hasard fut s’exposer au danger. Au péril. Et le hasard s’est mis à faire peur.

On a commencé à parler des « hasards de la guerre », pour expliquer à ces veuves leur nouvelle condition. Car il était plus simple d’accuser le hasard que d’accuser le lanceur de flèche ou le donneur d’ordre.

LE HASARD AU MOINS, NE SE VENGE PAS. Ou alors par un autre hasard.

Par exemple, pour cet homme qui après avoir violé une femme pendant qu’elle dormait a appris que sa victime avait le sida. Serait-ce un hasard qui se venge ? Le voilà qui s’effondre dans le box des accusés après avoir plaidé coupable.

« Bien fait ! » dirons les mauvaises langues. Mais la situation n’est pas un hasard. Sous LSD, alcool et autres champignons non vénéneux lors de son acte dévastateur, on apprendra lors du procès que le salaud de violeur est accro à la drogue depuis l’âge de neuf ans. Issu d’une famille sans doute moins fréquentable que lui. Et totalement inconscient lors de l’abject crime. Ça n’excuse pas, ça explique la détresse d’une vie.

Dès qu’on creuse le hasard, on l’enterre.

Et les Daft Punk ? Après trois mois à nous harceler avec leur Get Lucky, les voilà rattrapés par le hasard. Pas « Get Lucky » du tout, les messieurs (cf. les actualités d’hier) !

Ils auraient plagié un guitariste adolescent et coréen. Si si ! Pour preuve une vidéo de 2011 ou le jeune musicos, la bouche ouverte, joue des accords très semblables au tube de l’été. Plagiat ou hasard ?

Ni l’un ni l’autre. Lorsqu’on fait des musiques de moins en moins musicales, de moins en moins recherchées avec quatre accords pour seule ligne mélodique, il est normal que tout le monde fasse la même chose. Plus on simplifie la donne, plus on tombe sur les mêmes cartes ! En creusant légèrement, on doit trouver les mêmes quatre accords ailleurs. Peut-être même dans 10 premières secondes d’une œuvre de Mozart. La seule différence, c’est qu’il changeait d’inspiration, après.

ET LE SEXE DANS TOUT ÇA ?

Ah oui, le sexe. Il est vrai que c’est avant tout pour cela que vous êtes ici. Et non par un heureux hasard…

Prenons ce fait divers australien où le hasard a encore fait des siennes. Un chasseur de fantômes passionné a planqué une caméra dans son salon pour tenter de trouver un spectre. Mais au lieu de filmer les défunts de sa maison, il a simplement découvert la relation incestueuse entre sa femme et son fils. (beau-fils de la dame, précisons-le). Coup de hasard difficile pour le papa !

Agé de 16 ans, le jeune homme est en dessous de l’âge légal. On est donc dans une sombre histoire de pédophilie et de viol par personne ayant autorité. Le consentement du jeune homme est vicié. C’est un triste fait divers et la jeune femme a d’ailleurs été arrêtée. Non ?

Que Nenni ! Pour le site 24 matins, qui relaye la petite histoire, c’est une histoire de cul, tout simplement. Et voilà que l’article est classé dans la rubrique « sexe ». Comme si l’affaire répondait au fantasme de toute une société. Au côté de l’histoire d’un homme qui se foufourre avec une fourchette, et de la vidéo d’un couple qui se mamoure sur un terrain de foot. Etonnant non ?

Nous ne polémiquerons pas sur le fait que s’il s’était agi d’un homme, l’affaire aurait fait la une des rubriques sordides. Non, non. Ce serait trop facile !

Retenons juste qu’on ne parle jamais de sexe par hasard. Dès qu’on peut placer le mot quelque part, dans un titre, une chute et une rubrique, on le fait. La preuve : êtes-vous arrivés là par hasard ? Non.

A croire que ce satané hasard existe moins qu’on ne peut le penser.

Attention, bonus!