20130926

Fellation 101

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On peut nous faire avaler vraiment n’importe quoi. Comme des cours de fellation.
Merci Vladimir!


A la rentrée, on se motive pour s’inscrire à la salle de sport, dans des cours de théâtre, de danse, de poterie, de macramé. Aujourd’hui, en Russie, tu peux t’inscrire dans des cours de fellation.

Un petit glop est de circonstance.
Non, ce n’est pas une blague: le site kingcoche.com relaie donc cette information essentielle et explique le concept de ce cours bien particulier.

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Tu peux d’ores et déjà remarquer que les participants sont des… participantes. Que des femmes admises dans cet atelier, et surtout pas d’hommes. En même temps, pas de quoi franchement surprendre venant de Russie. Poutine n’est pas vraiment du genre gay friendly, cela n’aura échappé à personne. Peut-être que Tilda Swinton qui avait posé devant le Kremlin en juillet dernier pour soutenir les droits des lesbiennes, gays, bi et trans pourrait ici également intervenir ? Vive le droit de sucer pour tous !
Go, Tilda, Go !

Encore que, « go », à tout bien réfléchir, peut-être pas tant que ça, non. Reste dans la sobriété qui est la tienne, Tilda. Et évite ce cours, cette chose qui transpire plus la vulgarité que la pédagogie (on vous laisse découvrir, ici, les si belles photos, pas du tout ridicules, qui circulent à propos de ce cours). Alors oui, certes, nous gardons tous des souvenirs d’ennui profond de nos bons vieux cours de SVT sur la reproduction… Spermatogénèse et magie des mitoses et de la méiose chez monsieur, jolie granulosa et phase lutéale chez madame… Trop abstraits pour être éclairants sur ce truc bizarre, encore inconnu (généralement) quand on a 15 ans, qu’on nomme sexualité.

85 EUROS L’ATELIER DE SUCEUSES

urlEt certes, aussi, l’explication à base de chou, de rose et de petite graine n’est guère satisfaisante, elle non plus. Mais de là à se plonger dans un atelier pour se former à l’art si délicat de la fellation, il y a un peut-être un gouffre.
Et puis devinez un peu le coût de cet atelier de suceuses ? 85 euros. Pas donné quand même, hein. Non, sérieusement, là, les Russes, vous déconnez.
Cela dit, ils ne sont pas les seuls à partir ainsi en vrille. Chez l’ennemi juré (quoi, la Guerre froide est finie?), Big Sam, on a aussi ce genre de cours. Démonstration, carotte à l’appui, avec cette si subtile vidéo, déjà vue près de 300.000 fois, où une charmante blonde, un peu survoltée et avec un sourire qui lui fait le tour de la tête, explique gentiment comment s’exercer au sexe oral, tout en faisant la cuisine.
Mais qu’on n’aille pas se croire plus malin chez nous, dans le doux pays de Simone de Beauvoir. On trouve ces choses aussi, en cherchant bien… Autant nous comprenons les couples qui consultent des sexologues pour mieux s’épanouir dans leur sexualité. De même que nous comprenons, et même, soyons fous, encourageons, tout ce qui peut faire en sorte de rendre l’acte sexuel soit vécu de manière naturelle et décomplexée. Mais, cornegidouille, dans le cadre de l’intime enfin!

SUS A LA PERFORMANCE POUR LA PERFORMANCE

Et quel intérêt, en plus, à devenir un sexpert? Est-ce bien utile? J’entends bien la finalité, oui: permettre de donner, et recevoir, plus de plaisir, ok. Mais se retrouver face à quelqu’un qui maîtrise toutes les positions et vous fait une démonstration académique de toutes ses connaissances, n’est-ce-pas un peu… déstabilisant ? Note technique: 6,0. Très bien. Mais la note artistique? Proche de 0… Il est où le rapport et l’échange avec l’autre ?
Et puis, ce qui est aussi dérangeant, c’est l’image que cela renvoie de la femme. Pour être une femelle libérée, il faut être une bombe au pieu. Et contenter son partenaire masculin qui, lui, fait quoi en attendant ? L’apprentissage du cunnilingus ? Celui de la bonne manière de tâter le sein ? A quand voir des articles fleurir sur le Net montrant trois ou quatre imbéciles s’exercer la langue sur un sexe féminin en plastoque dégueulasse, comme nos amies Russes le font, sans guère de respect pour elle-même, leur image?

Et non, non, surtout pas, non, ce n’est pas un voeu que l’on formule.