20130906

Jean Marc Morandini, a star is borgne?

jmm
dans Les Gens

Jean-Marc Morandini viré de son access prime time sur NRJ12? Il avait fait le pari d’une introspection critique de la télévision n’incluant pas la téléréalité: FAIL FAIL FAIL FAIL
A l’heure où tremble l’univers, retour sur le parcours étoilé d’une créature d’exception.


Celui qui a dit (et on le croit) « je préfère faire des émissions populaires au sens noble du terme et non pas des programmes élitistes qui ne vont s’adresser qu’aux bobos parisiens ! » naquit à Marseille vers 1965 après JC, sous une triple ascendance insularo-cagole, Jean-Marc puisqu’il faut l’appeler par son petit nom est un peu marseillais, un peu sarde et un peu corse… Oui ça commençait mal. « Il joue au présentateur télé dans sa chambre dès l’âge de 10 ans » Ça commençait carrément terrifiant certes.
On imagine un mini-JMM — à l’instar des grands de ce monde, comme Jean-Marie Messier — tous chicots dehors, gloussant et roulant des yeux derrière un carton Pastis 51 en interviewant son GI Joe.
– Alors Joe, vous vivez comment d’avoir été plaqué par Barbie?
– …

Mais n’allons pas trop vite en besogne: Jean-Marc tout brillant qu’il fût, ne devient pas l’Albert Londres de la TNT en 3 mois.

De la télé poubelle à la poubelle de la télé

Radio Star, Le Méridional, France 3 Midi-Pyrénnées… Jean-Marc se cherche et finit par se trouver sur la Cinq, la chaîne du dessin animé… La Cinq, chaîne italienne, qui fût à l’intellect ce qu’Arte est à l’entertainment, preuve en est que Jean-Marc y deviendra rédacteur en chef.
Mais c’est en 1993 que tout il explose pour Jimmy-les-crocs-blancs avec ce pavé d’histoire, de culture, de profondeur, de densité même: Tout est possible, un genre de mix de Mysteres et de C’est mon choix, conçu par Satan en personne. Si l’on chuchote que Jean d’Ormesson et Jipé Enthoven devaient initialement assurer la direction des contenus de l’émission phare des 90s, c’est finalement à Jean-Marc Morandini que TF1 — surnommée à l’époque la boîte à cons par les Guignols— décide de confier les rènes du renouveau intellectuel français.

Attention, explication en video.

Ce programme de grande qualité sera fort injustement attaqué par Libération, les Guignols (et on soupçonne fortement un complot ourdi par Télérama et la ligue des licornes de Poitou-Charentes). Et l’innocence des années 90 aidant, n’ayant encore point eu maille à partir avec le Loft, Secret Story, X Factor, Le diner presque pas fait et consorts, Jean-Marc est rapidement couronné empereur de la « télé-poubelle », titre dont il ne sera jamais déchu même après son éviction par TF1 alors « en quête de sens »… Sans rire.

Life is a bitch

Et débutent les années de galère… NRJ, Chérie FM, Nostalgie, LV&Co, Lagardère, RMC, JMM volte et virevolte au gré des licenciements. Ce qui fait qu’à la fin, il est un peu colère Jean-Marc, contre l’establishment, le système, le grand capital, le journalisme de piètre qualité, tout ça, tout ça… Et il se vénère grave. Attention, ça va saigner: en 2005, il publie — oserons-nous?— L’Enfer du décor, un pamphlet voltairien à l’acide sulfurique sur la réalité des dessous de la télé où l’on apprend que les animateurs sont des êtres fort peu sympathiques et très riches. Dur, dur. La télévision en prend un sacré coup et mettra 18 bonnes secondes à se remettre de ces dénonciations digne d’un Florent Pagny sous MD. Le Robin des bois qui aime bien se tirer des cartouches de 22 dans les tongs dira alors — attention phrase choc— « On ne gagne jamais contre une presse déchaînée et mal intentionnée.  » Oubliant sans doute que la presse, c’est un peu lui aussi. ET une vague histoire de paille, de poutre… ce genre de choses quoi.

Pétère et Steevy

Et dans cet élan amnésique, Jean Marc se relance dans la vie et décide de concurrencer Arrêt sur Images en devenant le Daniel Schneidermann de Direct 8 — que cette phrase est étrange à écrire — en créant Morandini ! « une émission quotidienne d’une heure consacrée aux médias diffusée chaque soir en direct ». Traduction: 60 minutes de lancements hurlés entrecoupés de gloussements épars et de réflexions profondes sur les participants à L’île de la Tentation ou les scores d’audience de Direct 8. Parallèlement, Jean-Marc devient éleveur de pur sangs. On lui devra les effrayants Pierre Bourdin Sauviac, son clône de 12 ans Rodolphe de Laboulaye, la très chic Dorothée Kristy et surtout le terrifiant de modestie Vincent Delormeau.

Gloire et prestige aidant, il quittera (un peu aidé) D8 pour NRJ12 en 2012, pour y présenter Vous êtes en direct, diffusé du lundi au vendredi en access prime-time à 18h30… et mener une guérilla urbaine dans les campagnes contre le vil Cyril Hanouna qu’il accuse de lancer des fausses rumeurs (oui Jean-Marc oublie souvent qui il est, c’est son petit côté arty) et dont il fustige… les scores d’audience!?

C'est celui qui le dit qu'il est!

C’est celui qui le dit qu’il est!


Et il n’aurait pas tort puisque moins d’une semaine après le lancement de #Morandini: télé, people, buzz (avec un hashtag la classe), Jean-Marc se voit déprogrammé. Soit disant faute d’audience mais on le sait de source sûre mais qu’on ne peut dévoiler: c’est une conspiration sordide de Cyril Hanouna et Corbier avec les Reptiliens de Cambrai.

Mais ne nous inquiétons pas: Jean-Marc est un homme tout simple(t). Il a beau être riche Jean-Marc, il n’en reste pas moins fidèle à son Belle-Color fait maison, hein. Ainsi qu’à son TiIpex en pinceau qu’il applique consciencieusement chaque jour sur ses petites quenottes. Des activités peu onéreuses qu’il pourra financer via son blog concurrent de Mediapart jeanmarcmorandini.com (si jamais son nom vous avait échappé)… Parce qu’il fait de l’investigation Jean-Marc !