20130903

« Les Flingueuses », duo déjanté pour comédie réussie

Les-Flingueuses-Affiche-Sandra-Bullock-Melissa-Mccarthy

On se méfie souvent des films estivaux. Avec raison la plupart du temps. Mais Les Flingueuses, qui sort le 21 août, est une très jolie surprise. De la pure comédie américaine comme on l’aime. C’est très con, mais c’est très drôle. Exactement ce qu’il faut pour arriver doucement à septembre.


Ne se fier ni au titre, raté, ni à l’affiche, qui l’est plus encore. Les Flingueuses est une comédie réussie. Pas follement originale, ça non, mais réussie. Et même drôle. Bien écrite, bien réalisée, avec un sens efficace – et très américain – de la mise en scène et, enfin, bien jouée. Un triptyque pas si fréquent que cela…
Alors ne boudons pas notre plaisir. Certes, le synopsis laisse un brin sceptique avec son duo, mille fois vu, de flics mal assorties. Au féminin, ici, mais ce n’est pas cela qui va révolutionner le genre. Pas plus, d’ailleurs, que le principe du « good cop, mad cop » (bon flic, flic taré) en lieu et place du traditionnel « good cop, bad cop ».

FLIC PSYCHORIGIDE ET FLIC DECOINCEE 

les flingueuses bullockSarah (Sandra Bullock) est agent spécial du FBI. Carriériste, ne vivant que pour son travail, elle est aussi talentueuse que psychorigide. Pour ne pas dire chiante. Elle est en attente d’une promotion, et se voit confier, avant de l’obtenir, une grosse affaire à Boston. Voilà donc la new-yorkaise embourgeoisée débarquant chez les bouseux de Boston. Et qui, surtout, doit se coltiner la flic du coin, Shannon (Melissa McCarthy). Laquelle est, évidemment, tout son contraire : bien portante, décoincée, fort en gueule et pas du tout, mais alors pas du tout obnubilée par le paraître.
Les deux femmes que tout oppose doivent faire équipe pour triompher du mal. On en aurait presque envie de gerber, devant tant de mièvrerie. Et pourtant… Embarqué par un rythme très efficace, on se laisse prendre par cette histoire. Et on rit. Oui, on rit. Et pas seulement. On sourit aussi.

DU PUR COMIQUE AMERICAIN

Ce n’est pas du Bergman, mais débrancher le cerveau, parfois, cela fait du bien. C’est très con mais c’est assumé. Voulu. Maîtrisé. Et non, mille fois non, la comédie, quand elle est bien faite, est tout sauf un genre mineur.
les flingueuses extrait

Le duo est pétillant, les gags nombreux, variés, et souvent savoureux. La scène de la trachéotomie est à ce titre assez exemplaire. Du pur comique américain, dans ce qu’il a de meilleur. On est heureux, aussi, de voir que Paul Feig, le réalisateur, ne s’est pas (trop) autocensuré pour plaire à tous. Les insultes fusent, de même que le politiquement incorrect : Melissa McCarthy est parfaite avec son langage de charretier décomplexé, trash juste ce qu’il faut, et touchante quand il convient. En un mot, parfaite. A tel point que Sandra Bullock, à ses côtés, en apparaît plus lisse, mais sans que l’une, toutefois, ne prenne le pas sur l’autre.
Les Flingueuses vaut en réalité surtout par le savant équilibre que le réalisateur a su trouver : pas de temps mort dans ce film, et si la succession des gags semble parfois un poil trop calibrée pour être honnête, ça passe plutôt très bien. Une bonne surprise de cette fin d’été.