20130909

Lui, bon bah on oublie

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D’après mes géniteurs, Lui était le magazine qu’on cachait sous son lit. Un peu hésitante, j’ai cherché le honteux sur les rayons de mon marchand de journaux. J’ai fini par demander : il l’avait mis à côté de FHM. Alors du cul, du cul, du cul ?


D’après mes géniteurs, Lui était le magazine qu’on cachait sous son lit. Un peu hésitante, j’ai cherché le honteux sur les rayons de mon marchand de journaux. J’ai fini par demander : il l’avait mis à côté de FHM. Alors du cul, du cul, du cul ?

PREMIERS EMOIS

Jolie couverture pour la ressortie d’un magazine culte né dans les années 60 : Léa Seydoux, triomphante, nue sous un voile marine « Léa Seydoux lève le voile » nous annonce-t-on. Bon, hormis ce titre un peu beauf (mais si vous lisez Libé, plus aucun jeu de mot ne vous fera peur), le teaser rappelle les newsletters de Vice : on va nous causer argent et cocaïne, rebelles des Internets et bombasses en petite tenue. Jusque là, tout va bien.

L’ours est un drôle de mélange : s’y côtoient Frédéric Beigbeder, directeur de la rédaction, Patrick Besson, Simon Liberati, Marcela Iacub, Nicolas Rey, Thomas Legrand, Gaspar Noé, Gaspard Proust et Arnaud Viviant (putain on l’a retrouvé!) du côté des collaborateurs. Entre cour des miracles et bal des initiés pensant former l’intelligentsia parisienne d’aujourd’hui. Soit. Encore plus étrange, Louise Bourgoin parmi les illustrateurs (sic), mais bien plus excitant, Terry Richardson et Mario Sorrenti entre autres aux photos… Là, je comprends un peu mieux pourquoi je devrais le cacher sous mon lit.

En direct de l'au-delà...

En direct de l’au-delà…

LA PANNE

Mais justement, j’ai eu envie de le cacher sous mon lit. Point parce que c’était tellement hot que j’aurais eu peur que mon homme de ménage ne tombe dessus. Non, parce qu’en soi, l’ensemble est plutôt insignifiant, la mise en page pue le déjà vu, et nous ressert (même pas chaud) un vieux ragout recuit après que Vanity Fair ait pris ce qu’il restait. Bien pâlichon et un brin super chiant.

Page 27 (il faut bien financer le lancement), l’édito de Frédéric Beigbeder, tadam. J’avais un peu la trique en le commençant, car Modeste a beau avoir une gueule et une attitude de con, voir même de gros connard dirais-je parce qu’aujourd’hui je suis bien énervée, il est à l’origine de super trucs, genre des inventaires. Alors papy (47 ans !!!!!!!!!!!) est-il à la hauteur ou bien bon à continuer ses inventaires dans les entrepôts de la Fnac ?

LA DEBACLE

Ca commence mal : il pose le décor, nous sommes à Biarritz, plage. Les nanas sont devenues des « mecs » (et d’ailleurs c’est elles qui font le magazine dit-il…) mais il regrette le bon gros gars, le Mec avec majuscule à qui est dédié le magazine. Bon, c’était censé être drôle, mais on a pas besoin d’un deuxième Guillon pour faire des blagues de beauf. Tout ça est ironique : oui il faut le préciser, certains journalistes cf. Vice et le Plus du Nouvel Obs n’ont visiblement rien compris, si on peut plus faire de blagues racistes et sexistes, mais putain qu’est-ce qu’on va s’ennuyer ! Dans l’entretien qu’il a accordé à Olivier Delcroix pour Le Figaro, il énonce les objectifs de Lui « Un: sauver la France. Deux: sauver l’homme. Trois: me sauver moi-même. »

La déconne.

La déconne.

Premier papier, entretien avec Daniel Filipacchi, créateur du magazine Lui, dirigé par Monseigneur Beigbeder, visiblement est en mal de reconnaissance. Ils déjeunent, avec la femme de Daniel et la petite cousine de Frédéric qui lui fait également office de copine. Il raconte, ambiance name-dropping pour papy Daniel qui visiblement a besoin de faire l’inventaire de toutes les stars qu’il a rencontré… Passons. Les pages shopping s’adresse apparemment aux CSP+++++++++++ (attention à la page 42 plus LOL tu meurs) mais cet individu est un peu beauf sur les bords, rigole fort et mate le foot le samedi soir avec une bonne bière, à qui était dédié le magazine, où est-il ? (sinon, Natalia Vodianova a toujours de jolies jambes cf.47 et 49).

Patrick Besson a remplacé Truffaut pour la chronique cinéma, on en redemande franchement pas, comme quand Tati Geneviève a cuisiné, on y goûte mais on se jure de ne plus jamais y toucher. Vous êtes prévenus, bon courage ! Enfin, si vous arrivez à lire jusqu’à la page 78 pour un papier sur les MILF…

Sinon, Léa Seydoux est très belle, mais on apprend en lisant l’entretien avec Tahar Rahim qu’il doit être vraiment chiant: à bannir de vos listes de dîners donc… Les shootings semblent tout droit sortis des pages Lingerie de La Redoute, ambiance je floute comme ça on voit pas trop que t’as des seins et des fesses t’as vu. Ultime blagounette de la rédac adressée aux foufounistas, des conseils pour l’épilation des demoiselles selon Lui: +++ pour l’iroquoise.

Je crois que Louise Bourgoin est définitivement débile (p.205) et que Gaspar Noé devrait prendre sa retraite ou rentrer en cure de désintoxication de lui-même (p.212). Non tu n’es pas Larry Clark Gaspar, ça suffit.

LA RESURRECTION

Lui, bientôt dans le catalogue Abercrombie?

Lui, bientôt dans le catalogue Abercrombie?

En fait, le seul moment se trouve page 56; papier de Nicolas Rey, qui dresse le portrait de Najat Vallaud-Belkacem, où plutôt de son obsession pour la Ministre. Illustration: elle triomphe dans le fauteuil en rotin de la célèbre et défunte Sylvia Kristel, l’interprète d’Emmanuelle… Lire Nicolas Rey, c’est un peu comme lire un hystérique sous Guronsan, c’est rapide, effrayant, nerveux et un peu fascinant. Son esprit doit être un tel bordel que je plains son psy… Surtout s’il lui dit un jour « Je veux tout de Najat: cheveux, poils, cérumen, caillots de sang séché… »

Franchement, il n’y a pas de quoi s’agiter et devenir haineux comme les journalistes de Vice et du Nouvel Obs, il n’y a rien de pornographique, ni de sexiste, ni de macho, ni d’homophobe, Léa Seydoux n’a rien d’une « pute à poil » et ce microcosme de pseudo intellectuels que Vice dénonce, a aussi le sien. D’ailleurs, qui lit encore Vice ?

Et sinon, y’a une jolie pub de Kenzo avec un chat tout mignon page 15. C’est la seule réaction qu’a eu Mamie quand je le feuilletais.