20131023

Brussels, sans faux-col: tous les chemins mènent à la bière

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Quand on vous dit « Belgique », à quoi pensez-vous ? Très certainement à la bière, les frites, les bandes-dessinées ou encore la pluie. C’est cliché, hein ? Mais vous auriez sans aucun doute raison. Pour cette première chronique, nous allons brasser une des fiertés nationales, celle qui, c’est bien connu, quand elle roule amasse d’la mousse.


Quand on vous dit « Belgique », à quoi pensez-vous ? Très certainement à la bière, les frites, les bandes-dessinées ou encore la pluie. C’est cliché, hein ? Mais vous auriez sans aucun doute raison. Pour cette première chronique, nous allons brasser une des fiertés nationales, celle qui, c’est bien connu, quand elle roule amasse d’la mousse.

Ca devient vite une évidence aux yeux des badauds qui jusque là pouvaient (à juste titre) bader, les lunettes embuées à l’entrée des estaminets à cause de la pluie et du froid, une fois le pied posé en pays belgicain, rien, non RIEN ne freine l’envie d’aller goûter aux meilleures blondes, brunes, blanches, rousses etc. du Monde. Je vous vois venir, petits coquins… Nous parlons bien entendu de bières!

TOUS LES GOÛTS SONT DANS LA BITURE

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Vous souvenez-vous, quand vous étiez petits et que vos parents vous emmenaient pour Noël à JouetClub, et que vous vous trouviez ainsi devant une quantité inégalable d’objets, ne sachant pas lequel choisir ? En Belgique, c’est à peu près la même chose, sauf que Noël c’est tous les jours, la bière remplace les ActionMan, vous n’avez plus huit ans, de l’argent à claquer et que vous vous dites « Mince, non, il faut que je fasse attention à ma ligne ». Pour vous dire trente-deux secondes plus tard « Oh et puis, pourquoi pas, allez » (version censurée). Sauf que Noël 365 jours par an, ce n’est même pas assez pour se faire le malt.

Il faut comprendre les belges, l’eau est tellement présente dans leur quotidien que la boire est devenu obsolète.
Ici, il y en a pour tous les goûts et tous les goûts sont dans la biture. Pardon, nature. Et ça se tire la bourre pour savoir quelle est la meilleure bière du monde, parce qu’elle est, forcément, belge.

Pour vraiment comprendre qu’un étourdissement dû à un trop large choix de breuvages est possible, vous pouvez vous arrêter au très touristique (personne n’est parfait) Délirium Café. Avec 2004 bières différentes à son catalogue en 2004 — coïncidence ? je ne crois pas —, ce bar a établi le record mondial du plus grand nombre de références disponibles. Si, avec tout ça, vous faites encore les difficiles, je ne peux plus rien pour vous. « Si vous n’aimez pas l’ambrée, si vous n’aimez pas la triple, si vous n’aimez pas la gueuse, allez vous faire foutre ! » aurait pu dire Bebel’ dans A bout de Chouffe de Jean-Luc Godet.

QUAND IL S’AGIT DE BIÈRE, LE BELGE PEUT ÊTRE CHAFOUIN

Pourtant, et là le bas blesse, une récente étude montre que le taux de consommation de bière en Belgique est historiquement bas. A l’instar de mes compatriotes et de leur verre de vin rouge quotidien, le belge ne boirait plus qu’une seule bière par jour. Une campagne lancée par la Fédération des brasseurs belges tend à contrer cette tendance, avec des spots à la télévision, à la radio, et dans la presse écrite. Ici, on ne rigole pas avec la trappiste, et malheur à celui qui nous lancera la première bière. Sven Gatz, le nouveau directeur de la Fédération des brasseurs belges explique d’ailleurs à propos de cette campagne : «  Notre objectif est seulement de stopper la diminution de la consommation, pour que le taux reste stable. Nous sommes en faveur d’une consommation modérée. Mais une seule bière par jour, nous trouvons ça vraiment très modéré. »
Oui, quand il s’agit de bière, le belge peut-être chafouin.

Mais qu’à cela ne tienne, je vous invite, chers compatriotes, à venir faire un tour dans cette magnifique ville qu’est Bruxelles, et à faire remonter la conso’. Oui, doublons le houblon! Puisqu’ici, qu’importe le flacon, puisqu’ils se ressemblent tous.
Mais si vous venez, vous dites Brussels hein. Et vous faites qu’une seule bise, attention, sinon vous risquez de prendre des vents en rafale.
Et si je n’arrive pas à en repartir, vous êtes en tout cas invités à ma mise en bière.