20131107

La pluie tombe sur Brussels (présent de vérité générale).

BXL2-04

L’automne est déjà bien installé à Bruxelles / Brussels, habillant la flore urbaine de milles couleurs — quand on y pense, c’est un peu le Fashion Month de mère Nature — et l’hiver approche à grand pas, le salaud ! Il est donc temps, pour cette seconde chronique, de parler de la pluie et du beau temps. Surtout de la pluie. Ce bulletin météo vous est proposé par les cirés Guy Cotten et est dédicacée à Alain Gillot-Pétré.


L’automne est déjà bien installé à Bruxelles / Brussels, habillant la flore urbaine de milles couleurs — quand on y pense, c’est un peu le Fashion Month de mère Nature — et l’hiver approche à grand pas, le salaud ! Il est donc temps, pour cette seconde chronique, de parler de la pluie et du beau temps. Surtout de la pluie. Ce bulletin météo vous est proposé par les cirés Guy Cotten et est dédicacée à Alain Gillot-Pétré.

IL PLEUT, IL PLEUT BERGÈÈÈÈÈÈÈÈÈRE

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Première chose qu’il faut savoir donc, c’est qu’il pleut en Belgique. Beaucoup. Trop. Même pour un gars qui a roulé sa bosse, et bien d’autres choses, pendant trois ans en Bretagne. Ici, acheter un parapluie peut-être un geste aussi banal qu’aller prendre son pain chez le boulanger, et, tels les kangourous écrasés le long des routes australiennes, les baleines échouées sont légions. L’industrie de l’imper’ et des bottes n’y connaît pas la crise, ça sent les actions chez Aigle. Tout ça, tout ça.

Jacques Brel, légende nationale parmi les légendes, qualifiait la Belgique, à très juste titre d’ailleurs, de « plat pays ». Pourtant il ne faut pas attendre très longtemps avant de voir des torrents se transformer en cascade. Sachez, chers lecteurs, que le point culminant de Brussels se trouve dans le quartier de Forest. Il s’agit de l’Altitude 100. Comme son nom l’indique, un peu comme le Port-Salut, cette petite partie de la capitale se trouve à plus ou moins 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. EUH LAWL?
Soit le talon d’Achille de la cité des frites : même située à une centaine de kilomètres de la Mer du Nord, Brussels est balayée par les vents, froids et assez violents par moment, ce qui peut offrir des spectacles de rue assez chouettes. 
En effet, si vous avez acheté un parapluie à 5euros chez H&M, vous allez vite comprendre votre malheur. La durée de vie d’un tel outil en Belgique doit être de quelques jours, sinon quelques heures, et vous opterez bien assez tôt pour un modèle plus robuste consolidé avec du titane, et certainement fabriqué par la NASA. Quoiqu’avec un engin pareil vous pourriez aussi vous retrouver à chanter Supercalifragilisticexpialidocious — mot compte triple, à mes souhaits — en mode Mary Poppins au dessus de la Grand’Place. Pas besoin d’une Smart Box pour faire un stage de parapente me direz-vous.

Bref, en Belgique, t’as la goutte qui te pend au nez (et pas qu’à cause de la pluie hein), les pieds froids et mouillés (d’où le nombre impressionnant de couples, tout s’explique) et les terrasses apparaissent et disparaissent comme si Gérard Majax avait décidé de devenir serveur.

En plus de ça, la pluie est farceuse. Cas de figure : il est 16h25, tu vas sortir dans 5 minutes du boulot, ce qui est tôt et donc c’est cool, et il ne pleut pas encore. Vous pouvez être surs qu’une fois le nez dehors, 16h30 montre en main (enfin, smartphone, qui utilise encore une montre aujourd’hui à part pour accessoiriser, hein ?), une douche façon mousson viète va vous attendre histoire de bien vous ruiner le brushing. Cette drache va durer dix minutes, juste le temps d’attendre le tram au seul arrêt où il n’y aura pas d’abri, et s’arrêtera à la seconde où vous montez dans le dit véhicule. Ici, la pluie est une chienne qui vous fera sentir le chien.

QUE FAIRE SOUS LA PLUIE (ET LE PREMIER QUI RÉPOND CHANTER…)?

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Alors, que peut-on bien faire à Brussels quand le temps est pourri ? Vous avez une bonne flopée de musées si vous aimez ça, et pas mal de galeries d’exposition etc., de très beaux bâtiments historiques, ou encore le cinéma. Sauf que le cinéma, ça coûte une blinde en Belgique, minimum 8 euros pour un étudiant/jeune. Bon plan : la Cinematek belge, avec de bonnes rétrospectives, des vieux films et des récents, avec la séance à 4 euros.
Sinon, les Belges ont compris le truc et il existe même des annuaires recensant les activités possibles les jours de pluie, comme nous pouvons le voir ici.

Malgré tout, le Belge sait s’adapter: il a dû le faire, Darwin oblige. Mais vous aussi, présents ou futurs touristes, vous vous adapterez. Parce qu’au final, la pluie ne freine pas tant l’envie d’aller se boire une bonne bière dans un troquet, réchauffé par la légendaire chaleur humaine des belges. De toute façon, comme disent les grecs, peuple il fût un temps sage : « Ce qui est mouillé ne craint pas la pluie ». Et puis, si vous croisez le soleil, vous aurez immédiatement envie de courir vers lui, ouvrir vos bras à la Kate Winslet dans Titanic, déchirer vos fringues et gambader nu dans les champs de choux de Brussels. Bon, pardon, n’allons pas trop loin. Mais un peu de ciel bleu, c’est vrai que ça fait plaisir.

ILS ONT DES CHAPEAUX RONDS!

Pour conclure ce bulletin climatique, évoquons ce phénomène remarquable propre à Brussels.
J’ai mentionné, au début de la chronique, la Bretagne. Or, il se trouve que la diaspora bretonne est très présente dans la capitale belge… Coïncidence? Je ne crois pas. Si on compare les relevés pluviométriques (oui, des fois on s’emm… ennuie au boulot) de la ville de Brest en Bretagne et du quartier de Uccle au sud de Brussels, on peut remarquer certaines similitudes. La ville bretonne comptait, en 2012, un peu moins de 1400mm de précipitations répartis sur 230 jours de pluie. Le quartier bruxellois, lui, un peu plus de 1000mm sur 210 jours, dont 120 jours d’orage. Bien qu’il semble qu’il pleuve plus en Bretagne qu’en Belgique — en même temps on a fait dans le trash en prenant Brest — dans les deux cas la pluie tombe presque deux tiers de l’année, ce de manière constante, que cela soit en hiver ou en été. Brussels serait donc la suite logique d’un périple pour les étudiants bretons en manque d’aventure et qui ne veulent, malgré tout, pas avoir le mal du pays : le climat est sensiblement pareil, la bière est meilleure, la population un peu moins saoule et encore plus sympa. Grand bien vous en fait.

En conclusion, si vous passez par Brussels, n’oubliez pas vos cuissardes de pêche, votre k-way multicolore des années ’80 et une cagoule car ici on accumule les cumulo-nimbus. Succès fashion GA-RAN-TI.

A tantôt !