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Soirées We Are The Oracle: A vos costumes, prêts, fêtez!

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Avec We Are The Oracle (WATO), on a droit à du grand cinéma. On troque les chemises pour des costumes de vaudou et on se salie les talons dans les gravas pour faire la fête comme en 40. Des nuits en pleine immersion qui ont le mérite de réveiller le goût pour les soirées déguisées à Paris. Voici l’épopée d’une bande de blasés de la fête qui nous disent qu’oser est plus simple qu’on pouvait l’imaginer.


Mon coeur peu à peu reprend sa course folle. Couchée sur le béton, de la paille dans les cheveux, de la poussière dans les narines, j’entends des soldats hurler et la vodka fraise palpiter dans mes veines. A 50 mètres sous terre dans un abri anti atomique, je viens de passer au stand réa de la Victorious Shelter, la dernière soirée de We Are The Oracle (WATO). Je ne suis pas malade, je joue la comédie… Et avec WATO, on a droit à du grand cinéma. On troque les chemises pour des costumes de vaudou et on se salit les talons dans les gravats pour faire la fête comme en 40.

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Des nuits en pleine immersion qui ont le mérite de réveiller le goût pour les soirées déguisées à Paris. Voici l’épopée d’une bande de blasés de la fête qui nous disent qu’oser est plus simple qu’on pouvait l’imaginer.

PARTYPORN

Depuis ses débuts il y a deux ans, WATO a prouvé qu’elle aimait relever les défis. Le local des gardiens du pont Alexandre III, l’école ENS à Saint Cloud, la demeure de Rotschild à Boulogne, la gare de Montrouge Ceinture, un hôpital dans le 15e, ou encore la piscine Pailleron sont quelques uns des lieux déjà investis par l’agence. Leur envie de se lancer dans l’aventure est née d’un constat « Toujours les mêmes soirées, dans les mêmes lieux, avec la même musique, ca tournait vraiment en rond » se rappelle Foulques, un des fondateurs, en évoquant ses années « école de commerce ». Puis, en cherchant bien, il se réalise que non « La scène alternative à Paris existe. Ce qu’il faut se demander c’est, suis-je assez connecté pour le savoir? Tu ne peux pas dire que Paris est mort »
Et oui, à Paris sans doute encore plus qu’ailleurs, c’est le culte du secret qui prévaut. Un filon que WATO décide d’exploiter à son tour avec pour mot de code : audace et élégance.

Au début, l’idée est d’attiser la curiosité des parisiens, au moyen d’une méthode bien à eux. Des invitations délivrées en main propre au compte goutte, en public et en costume, sans relai sur Facebook. Le concept fonctionne, et mène les 4 associés à pousser toujours plus loin l’exploration nocturne du patrimoine. « On a commencé par un diner assis dans les catas, moi j’y connaissais rien mais quelqu’un m’a montré où brancher l’électricité, comment y accéder et puis on s’est lancé sans rien demander à personne« 

Si simple d’organiser des soirées?

Le terrain reste encore la meilleure école… Sur son CV, Foulques n’a pas de BTS évènementiel, mais un doctorat en tour du monde de la teuf! Pendant 7 mois, il va écumer avec deux copains les meilleurs festivals de la planète et en fait un film.
De quoi puiser les bonnes idées qu’il suffira d’appliquer de retour à Paris, notre chère capitale en mal de fun. Dans le bunker, on peut aussi bien danser dans la silent disco, jouer les bandits la fleur au fusil, que se prélasser dans un bordel… On regrette que les gorilles de la sécu enlèvent un peu au côté sulfureux de la chose mais pourtant, il s’agit bien d’une soirée illégale!

BIENVENUE DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA LOI

Car pour offrir une alternative, à Paris, il faut accepter de jongler avec la loi. Lors de ces soirées, la pression est forte. Beaucoup de sous ont été engagés, l’alcool est vendu sous le manteau et les normes de sécurité survolées. Dans le bunker, la capacité maximum était de 20 personnes, il en a accueilli 900 le premier soir. Certes, aucun voisin pour gâcher la fête mais une bonne dose de risques à assumer tout de même.

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Oser, c’est un peu l’ADN de WATO. Pour sa soirée dans le local des gardiens du pont Alexandre III, Foulques n’avait pas hésité à relancer une vingtaine de fois avant que son acharnement ne finisse par payer. Fédérer et motiver, semblent être ses qualités premières. « Il faut donner envie aux gens de se dépasser et ça marche. »

Mais les ambitions de WATO ne sont pas du goût de tout le monde, surtout quand elles empiètent sur le terrain des cataphiles. L’abri antiatomique qui a servi à la dernière soirée WATO est un lieu qui leur est bien connu et dans lequel a été honorée récemment la mort d’un des leur. « Le fait que wato reprenne l’idée pour en faire une de leur soirée à été pris comme un manque de respect de la part du cercle proches de la personne décédée » me confie Tom, un ami cataphile. Certains ont d’ailleurs fait connaître leur mécontentement en menaçant de percer des accès depuis les catas pour balancer des gaz lacrymo pendant la soirée. Menace restée lettre morte mais qui montre bien le climat qui règne entre les groupes. Cette fois, l’abri avait été prêté par le groupe Iliad qui va bientôt en faire un datacenter mais parfois les soirées se produisent sur ce qu’on appelle des zones libres. « Organiser des soirées dans les zones libres, oui, mais en tirer un intérêt mercantile, et s’en servir pour la promotion d’un groupe privé non. Nos soirées à nous sont gratuites, il suffit d’être informé pour venir!« .

Il est vrai que si ces soirées ont le mérite de permettre au commun des mortels d’accéder à des endroits insolites, elles restent malheureusement un peu chères. Ce spectacle a lui aussi un coût et l’agence dit être à peine bénéficiaire sur ce type d’évènement. Mais ce qui compte, c’est cette effervescence qui inspire et cette nuit qui bouillonne.

Il y a 60 ans dans le bunker, peu auraient imaginés ça..