20131220

Apaches : deux indies dans la ville (ou presque)

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Un groupe de rock dénommé Apaches ? OK, voyons voir ces homonymes. Ce jeune groupe formé de deux musiciens expérimentés et indépendants écume la scène belge depuis l’année 2013. On sort notre plume et nos plus belles coiffes de cérémonie pour cette entrevue entre Apache(s).


Un groupe de rock dénommé Apaches ? OK, voyons voir ces homonymes. Ce jeune groupe formé de deux musiciens expérimentés et indépendants écume la scène belge depuis l’année 2013. On sort notre plume et nos plus belles coiffes de cérémonie pour cette entrevue.

Pour leur septième raid musical — seulement —, Julien le guitariste et David le batteur-chanteur ont fait résonner leurs notes à l’Orangerie du Botanique de Bruxelles, un des lieux incontournables de la ville en matière de concerts. Des groupes tels que Oasis ou Arctic Monkeys avaient étrenné cette scène avant eux. Une occasion en or pour ces jeunes zikos donc. Le 11 Novembre, ils ont ainsi ouvert, malgré la primeur de leur blues-rock, une voie royale au grand rockeur Hanni El Khatib dit HEK. Un feu d’artifices pour les oreilles amatrices. Et dans la salle, pas d’armistice. Loin d’être habitués des interviews, ils nous font le plaisir de sortir de leur réserve lors d’une répétition.

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Alors les Apaches, pourriez-vous vous présenter ?
Julien : Bonjour Apache ! Moi c’est Julien, le guitariste du groupe, j’ai 25 ans et toutes mes plumes. Sinon, ça fait huit ans que je vis à Bruxelles et je viens de terminer mon Master en Études Européennes ! Que dire de plus ? Je suis grand et j’ai les cheveux bruns ! (rires)
David : Salut les lecteurs d’Apache. Moi c’est David, j’ai 33 ans, je suis le batteur et le chanteur d’Apaches. Dans mon autre vie, je suis graphiste depuis plusieurs années. J’ai plusieurs cordes à mon arc quoi !

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Julien : En fait, je faisais partie d’un autre groupe avant, dans lequel je me suis retrouvé plus par nécessité qu’autre chose. On avait besoin d’un batteur pour des répétitions et c’est comme ça que David nous a rejoints. Puis de fil en aiguille, on a bien accroché. Aussi bien musicalement qu’humainement. On a vécu de chouettes moments avec ce groupe-là et quand le groupe s’est dissous, on a décidé de tenter l’expérience à deux et de battre la poussière ensemble.


Comment vous définiriez-vous musicalement ?

Julien : Très bonne question (rires). Comment se définirait-on ?
David : Ah non, moi celle-là, je te la laisse !

C’est Julien qui va faire tout le boulot !
Julien : (rires) Y a un peu de ça ! Disons qu’on avait envie de faire quelque chose de forcément rock, car nos influences proviennent du rock, voire même de courants plus extrêmes. Notre précédent groupe s’appelait Reno, et on jouait sur la scène hardcore, chaotique. Donc même si on le voulait, on aurait du mal à faire du bal-musette quoi. Avec Apaches, on voulait être dans la simplicité, influencés par le format qu’on a : à deux, avec deux instruments. Et avec cette contrainte là, tu ne peux pas faire des choses hyper-complexes ! Donc on cherche toujours des structures simples, avec des riffs entêtants, tout en privilégiant l’efficacité.
David : On essaie d’être vicieux quoi, et que notre musique reste en tête ! (rires).
Julien : On s’est posé la question d’agrandir le groupe à un moment mais, au final, on fonctionne bien en duo, la sauce prend bien. Mais on ne reste pas non plus fermé à l’idée d’un clavier ou autre. Un jour peut-être…
David : Et puis, on aime bien cette « contrainte » d’être deux justement, c’est un challenge en quelque sorte.


On doit souvent vous comparer aux Blacks Keys, j’imagine ?
Julien : Pour tout te dire, c’est l’un des groupes qui a contribué à notre envie d’aller vers quelque chose d’autre. Il y a un aspect un peu « violent » chez eux, qui a été pour nous une porte vers des musiques plus rock, blues, garage, jazz, etc. Mais au fur et à mesure qu’on compose, on tend à s’en détacher et à digérer ces influences pour créer notre propre identité.


Vous avez joué en novembre au Botanique de Bruxelles. Alors, heureux ?

Julien : C’était une grosse surprise qu’on nous propose le deal. Même si on a du attendre un peu avant d’avoir la confirmation. On espérait vraiment que ça se fasse et c’est arrivé, donc que du bonheur ! On a eu beaucoup de bons retours du concert, la preuve : tu es là aujourd’hui (rires). C’était vraiment une chance inespérée, étant donné la jeunesse du groupe, de se retrouver sur cette scène.


On pourrait qualifier ça de « rêve belge » ?
David : (rires) Exactement ! C’est génial mais on essaie de garder les pieds sur terre. Pour nous, le plus dur reste encore à construire. Et dès qu’on nous propose une date, n’importe quelle salle, petite ou grande, c’est toujours un plaisir de jouer !

Et pourquoi ce formidable nom, Apaches ?
David : Il faut demander à Julien, c’est son idée !
Julien : Bon, on va peut-être en décevoir certains mais ça n’a pas grand chose à voir avec les indiens (rires). Je cherchais simplement des noms de voyous, de brigands et je suis tombé sur ce gang parisien de la Belle Époque, qui s’appelait les Apaches. Voilà l’histoire !


Vous m’arrangez pas là, j’allais vous demander de choisir un totem indien !
Julien : (rires) Allez, j’ai déjà un totem scout, mais je vais en choisir un autre, parce que c’est Chevreuil, et tout seul c’est un peu naze. Antilope raffinée, j’aime bien !
David : Œil de lynx. Un classique.


Avec qui aimeriez-vous jouer un jour ?
Julien : Ça m’éclaterait de faire une tournée avec les BRNS (prononcez Brains, NDLR). Mon meilleur ami joue avec eux donc on les côtoie depuis un bail, et je me sens proche d’eux, aussi bien amicalement qu’humainement.
David : Il nous est permis de rêver ou pas ?

Il est toujours permis de rêver !
David : Alors, moi j’aimerai jouer avec les Doors ou Howlin’ Wolf (rires). Sinon pourquoi pas Jack White.
Julien : Jack White, ça serait chouette. Et en plus, il est vivant lui !

Si vous deviez faire la bande originale d’un film ?
Julien : La première idée qui me vient à l’esprit, c’est Tarantino. Deathproof. Bien Rock’n’roll.
David : Hangover 2 ! (rires), sinon Ghostbusters.
Julien : Par affinité, Old boy.

Votre EP est sorti en Juin, un autre se prépare, peut-être des dates ?
Julien : On a des dates qui sont en train de se confirmer. Un autre concert au Botanique de Bruxelles est prévu le 5 Février 2014, mais dans une salle un peu plus petite. Dans notre EP de cette année, ce sont surtout des chansons composées au début, qu’on a enregistré en live sur de bonnes vieilles bandes analogiques dans un chouette studio à Namur, donc c’est plutôt cool. En plus, on l’a fait masteriser à Chicago. Oui, le vrai Chicago ! (rires). Et notre prochain EP sortira en 2014, avec plein de nouvelles chansons déjà intégrées à notre set. On peut déjà y voir l’évolution du groupe et de son identité.



Pour finir, un appel à lancer ou un petit mot pour Apache ?

Julien : Allez, un petit appel du pied aux organisateurs de Paris, rappelez Apaches et faites-nous jouer ! (rires) On remplacera les couteaux par une guitare et des baguettes. Et nous sommes aussi à la recherche d’un label !
David : Julien meurt d’envie de jouer à Paris, il le dit souvent ! Allez Paris !
Julien : C’est vrai ! Et une grosse bise à tous les Apaches !

Les Apaches sont donc prêts à agrandir leur tribu. Après avoir conquis Bruxelles et la Wallonie, ils veulent s’attaquer à la Flandre, et pourquoi pas, venir faire un coucou à la France. En tout cas, une chose est sûre, on va guetter leurs prochains signaux de fumée ! En attendant, vous pouvez les écouter sur leur bandcamp !
À tantôt !