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TELEVOX : RIPOSTE GRADUÉE

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Pas facile d’être un groupe indé en France à l’ère de la fin de l’industrie musicale telle que nous l’avons connue. Entre les modèles économiques à réinventer et ceux de promotions à adapter, Televox fait parti de ces groupes pugnaces qui ont choisi d’épouser le changement. Après de nombreuses années de concerts en France et en Angleterre et un premier EP en 2010, le trio d’électro-rock laisse de côté le format disque et propose une collection de nouveaux titres à sortir en téléchargement, mois après mois. Le premier de cette série, Sycamore Tree, est déjà disponible sur leur site.


Pas facile d’être un groupe indé en France à l’ère de la fin de l’industrie musicale telle que nous l’avons connue. Entre les modèles économiques à réinventer et ceux de promotions à adapter, Televox fait parti de ces groupes pugnaces qui ont choisi d’épouser le changement. Après de nombreuses années de concerts en France et en Angleterre et un premier EP en 2010, le trio d’électro-rock laisse de côté le format disque et propose une collection de nouveaux titres à sortir en téléchargement, mois après mois. Le premier de cette série, Sycamore Tree, est déjà disponible sur leur site.

 

Après « Dead Bird », votre EP sorti en 2010, et puis le single Grace en 2011, vous sortez de nouveaux titres, mais de manière échelonnée. Pourquoi cette stratégie? 

Lorenz : Plutôt que de faire un gros buzz dans l’année en sortant un album sans force de frappe pour le promouvoir, on s’est dit qu’il fallait avoir une actualité régulière, en sortant un nouveau titre par mois, au moins pour les six premiers mois de l’année, le tout accompagné des teasers ou de clips.

Renaud : Sortir un album c’est beaucoup de blé et d’énergie qui servent à faire le buzz pendant quoi ? Un mois ? Deux mois ? Et puis tout retombe comme un soufflé.

Lorenz : Après, on pourra très bien compiler nos titres dans un EP ou un album à la fin de l’année, en fonction des retours qu’on aura. En attendant, on ne sort sur aucun support physique, uniquement en téléchargement. Au début on était partis pour faire un album, on bossait sur une douzaine de titres, mais on n’a pas tout gardé pour travailler des morceaux plus récents.

Renaud : C’était pour être au plus près de nos compos. On ne voulait pas forcément enregistrer uniquement des morceaux plus anciens, qu’on a joués plein de fois. On s’est autorisé à se lancer sur des titres plus frais. C’est le principe de la liberté du single : on tente un coup, un peu comme ça se faisait dans les années 60, quand on sortait juste un 45 tours.

Xavier : Ça a aussi l’avantage de laisser sa chance à chaque titre. Quand tu sors un album et que tu mets en avant un ou deux singles, les gens les écoutent en priorité parce qu’on leur dit que c’est ça qu’il faut écouter. Alors que là, on aura un mois de retombées potentielles sur chaque chanson.

Lorenz : Par exemple, à Manchester (où Televox a joué de nombreuses fois, ndlr), il y a un groupe qui s’appelle Lowline. On a joué avec eux là-bas, on les a invités à jouer en France, et leur album selon moi n’est fait que de tubes. S’ils avaient adopté notre stratégie, je pense qu’ils auraient tenu en haleine Manchester pendant un an, tous les mois.

 

Pouvez-vous nous décrire les titres qui vont sortir les mois prochains ?

Lorenz : Sycamore Tree est un titre assez aérien porté par des effets delay. C’est un peu le classicisme Televox, avec un format plus pop.

Xavier : Il est beaucoup moins électro que les autres.

Lorenz : Ensuite il y aura Desire, qui est une projection plus rock, Creature Of Great Size qui touche à la folk électro, et Party Girl qui est à la frontière de nos genres et qui ouvre une nouvelle époque. C’est un titre plus sexy et assez club. Et puis on devrait en sortir encore deux autres encore après ceux-là.

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Comment avez-vous abordé ce nouveau travail en studio ?

Xavier : On s’est fait un peu violence sur la structure des titres. Sur notre EP précédent, les chansons Dead Bird ou Ballistic étaient le produit de gros jams entre nous. C’étaient des morceaux très longs, avec plusieurs vies dedans, de nombreux paliers, même en version studio. On a choisi d’être plus concis cette fois, pour ne pas avoir à trancher dans un milliard de parties différentes à l’enregistrement.

C’est vrai que votre premier EP avait un côté rock progressif…

Lorenz : On en a d’autres, comme Whore From Borneo, mais la stratégie consiste à ne pas enregistrer ceux-là maintenant car on sait que ça aura moins d’impact. Par contre, on va continuer à les défendre sur scène. Pour le studio, on a travaillé avec un compositeur qui s’appelle Frédéric Auger et avec qui on a fait une sorte d’audit. Lui a un regard beaucoup plus pop et nous a obligé à aller à l’essentiel de nos compositions, quitte à virer des parties. Ça a joué sur notre façon de composer même si ça ne nous empêchera pas d’écrire des morceaux de 15 minutes par ailleurs.

Renaud : On avait besoin d’apprendre à mieux maîtriser certains codes. Et Frédéric Auger nous a fait comprendre que, parfois, on allait pas jusqu’au bout de nos intentions. Il nous a appris à respecter certaines nomenclatures, quitte à en sortir après.

Xavier : Un morceau qui prend vie au bout de 5 minutes, pour nous c’est le kiff, mais on est conscient que pour un internaute, lui demander de rester pendant 5 minutes sans rien de visuel, c’est compliqué.

Lorenz : Et puis on a aussi beaucoup travaillé avec Sébastien Viguier, qui réalise nos titres, sur la composition, les couleurs, les structures. Il s’est vraiment investi à fond dans l’élaboration de nos chansons.

 

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Dans vos nouveaux tires, on a l’impression que vous avez laissé de côté le rock pur et dur, comme celui de Lion In A Cage (sur le EP « Dead Bird », ndlr)…

Lorenz : On s’est de plus en plus orienté vers l’électro rock. On part moins sur des formats chanson. Nos titres, comme on le disait, sont surtout les produits de jams en répétition.

Renaud : D’ailleurs, on nous a souvent demandé si, en concert, il y avait des machines qui lançaient des séquences derrière nous. Alors que ça n’a jamais été le cas. C’est juste le produit de polyrythmies et d’effets delay.

 

Sur certains morceaux, il y a des choeurs. C’est nouveau chez vous…

Lorenz : Oui, tout le monde nous avait dit d’en faire. On a fait des tests et ça nous a un peu troublé. Jusque là, nos enregistrements étaient à l’image de notre écriture en répétition. On n’est pas forcément bons en arrangements, donc on a décidé de s’autoriser des nouveautés comme les choeurs.

Renaud : Chez nous, il y a un tiraillement entre la pop et le rock. En répét’, on peut être très radical, parfois hyper minimaliste. Plus on arrange, plus on met des éléments comme les choeurs, et plus on tire vers la pop. J’assume ce tiraillement car c’est aussi ce qui fait l’intérêt du groupe.

Lorenz : J’ai même demandé à Renaud de sortir du studio pour poser mes choeurs… Et puis finalement, en faisant écouter Party Girl à certaines personnes extérieures, on a été convaincu que c’était positif comme démarche.

 

Creature Of Great Size montre la deuxième facette de Televox, moins exploitée, celle d’un univers nettement plus acoustique…

Lorenz : Oui, on pourrait presque faire un EP acoustique sans problème.

Renaud : C’est une manière de travailler totalement différente. Lorenz arrive avec sa chanson et son texte et, avec Xavier, on plaque dessus. On se met au service de sa compo.

 

Creature Of Great Size aurait pu se contenter d’être un simple guitare/voix. Et il aurait déjà été magnifique. Mais vous avez choisi de l’arranger très subtilement…

Lorenz :  C’est vrai que c’était un travail délicat. Sébastien Viguier a eu un rôle très important dans le dosage de ces arrangements.

 

Maintenant que la machine est lancée, quels sont vos objectifs pour cette année ?

Lorenz : On a envie de faire beaucoup de festivals cet été et une grosse date parisienne au début du printemps. On a joué à Londres en octobre dernier, et ça fait du bien car l’Angleterre fait partie de notre histoire. On aimerait bien y retourner bientôt.

 

 

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