20140204

La parole est une malédiction 1/3

0

Il ne tiendrait qu’à moi, nous retournerions aux premiers stades de la communication et fissa.


On n’aurait jamais dû parler. On aurait dû s’arrêter aux grognements. Communiquer par caresses, léchouilles et morsures. L’aboiement ou le caquetage sont largement suffisant pour se passer le sel à table ou demander son chemin…

Au commencement, Dieu était le Verbe nous dit la Bible. 
Un jour, une erreur génétique nous fit parler nous dit la Science. 
« M’man » « enco’ » dadou » émet l’enfant. 
Et c’est le début des soucis. 

chimeric

Qu’est ce qui a pris à l’Humain de vouloir communiquer?

Quelle information avait-il à partager ? Que devait-il transmettre?  
J’ai faim?
On baise?
1+1=2?
Attention derrière toi? 

Mettons de coté les bibliothèques (remplis de Christian Jacq vieillissant laissant leurs places aux Mussolévy) les réseaux sociaux (qui font les Révolutions comme Gutemberg nous sortît jadis de l’obscurantisme) et les médias (qui de la presse people, des chaînes d’infos en continue ou des hebdos démagos catalogues publicitaires salissent le plus l’image que l’on se faisait enfant du journalisme grâce à Tintin, Spirou ou Superman?) pour parler de la parole au quotidien. 

Asterix11

La parole est source d’incompréhension.

La parole est trahison. Trahison de ce que l’on pense. Trahison des mots employés. Trahison de la perception et de la compréhension par l’interlocuteur. 
Rien de neuf. Tout le monde sait qu’il vaut mieux ne rien dire que de dire une parole malheureuse. Les vieux couples sont mutiques pour ne pas se haïr, les belliqueux passent plus de temps à parler de leurs ennemis (voir avec eux) que de leurs amis, et la communication est souvent le principal motif de consultation chez les psys, les avocats, et les conseils prud’homaux. 
SI Adam et Eve n’avaient pas parlé avec le serpent, ils n’auraient pas croqué la pomme et on serait toujours à poil à gambader dans les hautes herbes. 

On a jamais vu deux chiens se battre pour une question de sémantique ou deux poissons se tenir tête pour un mot blessant. 
Comme nous serions heureux si nous n’avions pas à parler tout le temps, à dire, à justifier, à expliquer, expliciter, et plein d’autres verbes synonymes de blabla. Comme nous serions simples et sereins si nous n’avions que des bruits et nos corps pour nous faire comprendre. 
On dit que les dauphins sont sortis de l’eau pour y retourner, pas cons, ils ont économisé sur le logement, le chauffage et la bouffe (jusqu’à ce que l’homme s’en mêle), il ne tiendrait qu’à moi, nous retournerions aux premiers stades de la communication et fissa.

Tout ça pour dire que faire une chronique TOUTE les semaines sur ce site c’est une torture et le résultat pas toujours très satisfaisant…