20140221

Pourquoi je n’irai pas voir… Le crocodile du Botswanga

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Un titre qui ressemble à du Katherine Pancol. Une affiche qui pue Tintin au Congo. Et puis, surtout, à quinze jours d’intervalle, son clone qui vient de sortir. Ce Crocodile du Botswanga ne nous dit rien qui vaille. Mais alors rien du tout…


PARCE QUE LE FILM EST DÉJÀ SORTI IL Y A QUINZE JOURS…

Mais si, enfin. Une histoire de footballeur africain… Je ne suis pas fou quand même. C’est déjà sorti, ce film. Ah mais, c’est qu’on ne me la fait pas, à moi. Hop, recherche, investigation, archive.
5 février 2014. Sorties cinéma de la semaine, Allociné, je lis :

José est agent de footballeurs. Sa spécialité : repérer en Afrique des talents prometteurs.  Lorsqu’il déniche Yaya, il l’emmène en Belgique pour en faire un champion. Il est persuadé d’avoir trouvé la poule aux œufs d’or. Mais rien ne se passera comme prévu…

Les rayures du zèbre que ça s’appelle. Ah ! On croyait m’avoir avec une ruse aussi ridicule qu’un simple changement de nom ? Le crocodile du Botswanga… Ah ah ah… Ils exagèrent, quand même. Sortir le même film à quinze jours d’intervalle, sérieusement. Vous avez bu quoi les gars ?
Ou alors faut faire tourner, merde, ça a l’air d’être de la bonne.
Je cite, Allociné, sorties à venir, 19 février 2014 : Le crocodile du Botswanga, une histoire de jeune footballeur africain, qui vient de signer son premier contrat d’attaquant dans un grand club espagnol…
Ils ont juste remplacé la Belgique par l’Espagne. Mais, sinon, c’est bien le même film, hein ? Non ? Ben si. Forcément, si…

PARCE QUE L’AFFICHE QUOI ! L’AFFICHE !

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Ben si, c’est le même film, c’est clair. Il n’y a qu’à regarder les deux affiches. Comparer. Néo-colonialistes toutes les deux. Un brin condescendantes avec nos amis Africains qui, c’est bien connu, ne sont pas entrés dans l’Histoire…
Regardez Poelvoorde, avec son casque de Tintin au Congo, bordel ! Le petit Noir, assis dans un fauteuil tout droit sorti de la collection privée de Bokassa. On ne peut pas faire ça, enfin ?! Pas en 2014, non, vraiment…
Et puis regardez son clone. Le crocodile du Botswanga… Pas mieux. Le Black, en treillis militaire. Ambiance dictateur sanguinaire. Non, vraiment… En 2014 ? Noooon…

PARCE QU’ON DIRAIT UNE ADAPTATION DE KATHERINE PANCOL

Les yeux jaunes des crocodiles, en 2006. La valse lente des tortues, en 2008. Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, en 2010… Elle aura juste mis quatre ans au lieu de deux pour pondre un nouveau bestiaire, mais nous y sommes.
C’est cela. C’est forcément cela. Les rayures du zèbre le 5 février ; Le crocodile du Botswanga le 19 février… Deux adaptations des livres de Katherine Pancol (Katherine, avec un « k », en plus. Avec un « k » !!) qui sortent à quinze jours d’intervalle.
Comme autrefois les deux films sur La guerre des boutons. Comme, cette année, les deux films sur Saint-Laurent… Non, déjà que c’est insupportablement chiant de lire du Pancol — je le dis d’autant plus facilement que je n’en ai jamais lu — si, en plus, ils nous pondent deux adaptations quasi coup sur coup, franchement, non, très peu pour moi.

EN REVANCHE…

Imaginez un peu. On fusionne les deux films. Les zébrures du crocodile. On ne change rien au pitch de base. C’est trop tard, tant pis, on va faire avec le football.
Et puisqu’on reste dans le milieu du foot, et qu’il est question de zébrures, on est forcément à Turin. La Juventus. On aurait aimé transposer ça aux années 1980, histoire de pouvoir revoir Platini maigre. Car oui, oui, aussi incroyable que cela paraisse, Platini a été maigre. On vous le jure, c’est vrai.
Mais ces années 80 ne collent pas avec le côté « crocodile » du film. Le crocodile, évidemment, c’est Lacoste. Donc du tennis.
Qu’on se résume. On a du football. Et du tennis. Ah ! Mais oui mais c’est bien sûr ! Foot. Tennis. Noah évidemment. La famille Noah. On tient notre biopic. On adore ça en plus, les biopics, nous. C’est tellement innovant, tellement créatif, les biopics.
Oh ! Joie, un biopic sur la famille Noah. Papa footballeur, fiston champion de tennis. Putain, ça va être bien ça. Zacharie Noah, qu’on transfère à la Juve parce que Sedan, quand même, c’est pas d’un sexy foudroyant, faut avouer. Et Yannickounet bien sûr. La vie trépidante et enfumée de Yannick Noah.
Si ça ne gêne personne, on va quand même se fixer une limite. En clair, ne se consacrer qu’à sa carrière sportive. Nos oreilles ne sont pas prêtes, encore — elles ne le seront jamais, je pense — à supporter une rétrospective de sa vie de « chanteur ». Avec les guillemets de rigueur, au mot « chanteur »…
Et puis elle est belle, sa carrière sportive, à Yannick. Des larmes, de la sueur et du sang. Roland-Garros, 1983 et puis… euh… Roland-Garros, 1983. Euh… sans parler de… euh… Enfin bref, faut chercher un peu, oui, mais on a une bonne base, je crois.
Juste, un truc, quand même. Poelvoorde dans le rôle-titre, je ne sais pas si c’est une bonne idée…

Du coup, ben… en fait non, même comme ça, non, je n’irai pas voir ce fi… enfin cette bou… cette merde quoi. Non, désolé, mais non, je n’irai pas voir ça…