20140211

Pourquoi je n’irai pas voir Un beau dimanche

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Ami(e)s, l’apocalypse est proche. Quelqu’un, quelque part, vient d’avoir l’idée d’adapter la série L’Instit, avec Gérard Klein, au cinéma. Un autre dimanche que cela s’appelle. Et ce sera sans nous…


PARCE QUE JE NE VEUX PAS REVOIR GERARD KLEIN

Ah parce qu’en plus Gérard Klein joue dedans ? Non, rassurez-vous. Gégé ne joue plus nulle part, le pauvre. C’est juste qu’en lisant les deux premières phrases du synopsis, on a eu des palpitations. « Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste ».
Là, paf, sueurs froides, nausées et jambes qui flageolent. Ces cons, sous drogues dures, se sont décidés à adapter L’Instit, Gérard Klein, Victor Novak, au cinéma. C’est plus que nous ne pouvons en supporter.
C’est déjà chiant de se taper à longueur de semaine, en salles, des films qui ne mériteraient même pas les honneurs d’une deuxième partie de soirée sur IDF1, alors imaginez l’inverse, des sous-merdes de la télé qui arrivent au ciné…

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PARCE QUE JE N’AIME PAS QU’ON DISE DU MAL DE BERGMAN

N’écoutant que notre courage (légendaire), nous sommes allés plus loin que ces montagnes de douleur, euh non, pardon, plus loin que le simple pitch. On a lancé la bande-annonce. Parfaitement ! On est des dingues ici, des vrais déglingos !
Cela dit, on rigole, on rigole, mais on n’en est pas sorti indemne. Bon, on passe, déjà, sur cette scène où l’on joue au bowling. Encore que, on pourrait en dire, des choses. Non, mais, sérieusement, qui joue encore au bowling aujourd’hui ? Qui ? Et où ? M’enfin ?!
Plus loin, il y a pire. On en est encore tout tremblotant… Une femme, entre deux âges, qui déclame : 

« Aux gens qui demandent de tes nouvelles, je leur dis que tu habites en Suède, et ça arrête les questions… »

Trois jours que cette phrase nous hante. Qu’est-ce que ça veut dire ? Quel est le message sous-jacent ? Car il y a un message, forcément ! Nicole Garcia, la réalisatrice, n’a pas laissé passer ça par hasard. Il y a une explication.
On a d’abord cherché une raison cinématographique. C’est ainsi que l’on a pensé à une critique, acerbe, envers l’œuvre de Bergman. « Je leur dis que tu habites en Suède, ça arrête les questions ». Cette phrase ne veut strictement rien dire. Elle n’a aucune logique. En un mot, on n’y bitte rien. Comme dans un film de Bergman.
On a cherché alors les sources du conflit. Qu’est-ce qui peut bien motiver cette haine, si tenace, de Garcia envers Bergman ? Pourquoi ? Lui a-t-il volé un scénario un jour ? Une idée quelconque ?
Enquête, investigation… On s’est tapé les œuvres complètes de Nicole Garcia, puis celles de Bergman. Et on vous jure que ce n’est pas une sinécure. Tiens, pour dire notre état mental à la sortie, on a presque envie de dire qu’on aurait bien aimé éviter cette « ciné-cure ». Voyez à quoi on en est réduit… Et rien qu’à penser, en plus, qu’on va se faire choper par Hadopi avec ces conneries, ça nous donne envie de chialer, putain.
D’autant qu’au final, à part un début de dépression (et un abonnement aux Deux-Anes), on n’a rien découvert. Chou blanc. Peau de zob.

PARCE QUE JE N’AIME PAS NE PAS COMPRENDRE 

« Je leur dis que tu habites en Suède, ça arrête les questions. » Trois jours qu’on retourne encore et encore cette phrase dans notre tête. Un rapport avec Ibrahimovic, peut-être ? Oui mais lequel ? Nicole Garcia est-elle supportrice de l’OM ? Alors oui, dans ce cas, oui, ça pourrait tenir. Car cette putain de phrase, on est bien d’accord, elle est négative ? Je veux dire, si ça arrête les questions, c’est que, en face, la réaction, c’est un truc du genre : « oh ! pardon, je ne savais pas, je suis désolé… ».
A la réflexion, du coup, Ibra, ça ne marche pas. Enfin, même à l’OM on ne peut que reconnaître qu’il a un petit talent le gars Ibra. Alors, pourquoi, bordel, c’est insupportable tout ça, pourquoi cette phrase, merde à la fin ???
Les Suédois ? L’ensemble de la Suède ? Une recherche « Nicole Garcia + Suède », dans Google, ne nous a rien appris. Nous voilà plus seuls et désemparés, encore, qu’un marcheur solitaire sur une plage de Faro, un soir de février.

EN REVANCHE…

On se calme, on boit frais et tant pis si on n’est pas à Saint-Tropez. On a laissé passer une nuit. Blanche, la nuit. Mais salvatrice. On a regardé le pitch de plus près.
« Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. » Bon, là, rien à faire, c’est bien Victor Novak qu’on décrit.
« A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. » Mon Dieu, un drame social. Un petit nenfant abandonné.
« Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. » Ok, c’est une pute.
« En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. » Putain c’est beau bordel. De l’amour. Des sentiments.
« Ça ne dure pas. » La promesse de belles larmes à verser, on adore.
« Sandra doit de l’argent, on la menace. » La mafia s’en mêle. Un film d’amour avec des larmes dedans et de l’action. Cela confine au génie.
« Elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. » Un road movie. Une merveille.
« Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret. » Un happy end, tendre et fragile à la fois. 

Bon, ben… Alors là, ben… non, en fait, non, toujours pas. Je n’irai pas voir Un beau dimanche.