20140217

Toi y’en a pas savoir comment écrire la date?

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Eh oui, elles sont rares les chroniques de Henri Gide. C’est parce que le monde a besoin de lui à tout instant. Il ne peut, malheureusement, être partout.


Eh oui, elles sont rares les chroniques de Henri Gide. C’est parce que le monde a besoin de lui à tout instant. Il ne peut, malheureusement, être partout.

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Châtier les mécréants de l’orthographe, éduquer les masses prolétariennes incultes (pléonasme), corriger les écrits comme les écrivants, ces tâches sont proprement surhumaines. Henri Gide a même essayé de se faire piquer par des araignées radioactives, de se faire asperger de liquide biohazardeux, d’assister impuissant au meurtre de ses parents dans sa prime jeunesse… Rien n’y a fait : Henri Gide n’est pas devenu un super-héros. Henri Gide n’est qu’un homme.

Aujourd’hui, il va tenter de vous apprendre comment écrire – ne pas mal écrire plutôt – les dates. Oui avec un seul t, ça ne se mange pas. Toute précision est la bienvenue par les temps qui courent. 

Le calendrier vulgus

Dans le calendrier vulgaire que nous utilisons tous les jours qui pour ne rien vous cacher se fait appeler grégorien, le mois s’écrit toujours en minuscule et en lettres et le jour et l’année s’écrivent en chiffres arabes. Des exceptions cependant dans les actes d’état-civil.

Petit exemple : Henri Gide pleure une larme de sang pour l’orthographe et la typographie en ce 6 février 2014.

Le calendrier républicain

Dans le calendrier que tout le monde a oublié à part quelques historiens et un nombre de plus en plus restreint de révolutionnaires et d’apparatchiks parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon, Robert Hue ou ma mère, dans ce calendrier dit républicain, le quantième du mois (ça y en a être le numéro du jour) s’écrit en chiffres arabes, le mois en minuscule et en lettres et l’année en chiffres romains et en grandes capitales (pas de petites capitales misérables cloportes). Petit rappel en passant, les noms de mois sont les suivants : vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, germinal (comme le livre, c’est fou, non ?), floréal, prairial, messidor, thermidor et fructidor.

Petit exemple : Le 18 germinal an VII, le petit Jean-Michel décida d’aller courir dans un pré.

Les majuscules

Il arrive, dans de rares cas, que l’on soit autorisé, voire obligé, ce qui revient au même avec les règles typographiques, à mettre une capitale initiale au nom de mois. Quand une date est mentionnée pour évoquer un évènement historique remarquable (ça ne marche pas pour l’anniversaire de votre opossum nain) sans que l’année soit indiquée, le nom de mois s’autorise à porter une majuscule.

Exemples : Le 18 Brumaire marque le début du déclin de la France quant à sa domination de la sphère footballistique.

L’appel du 18 Juin a changé pas mal de choses dans les cuisines norvégiennes.

Abréviation

On n’abrège jamais les noms de mois dans le corps d’un texte. C’est rigoureusement interdit et tous les contrevenants se verront administrer une correction maison par Chuck Norris lui-même. Et de la même manière, on ne coupe pas l’année, jamais. On indique toujours les quatre chiffres. Ca ne prend pas plus de temps et ça évite bien des confusions.

Les abréviations sont tolérées dans les tableaux, les graphiques ou votre journal intime. On n’est pas des fascistes non plus.

On n’abrège pas une seule des deux dates lorsqu’on indique les deux extrémités d’une période historique ou les dates de vie et de mort d’une personne.

Exemples : La guerre de 1939-1945 a été une période difficile pour le tennis nippon. La contribution de William Burroughs (1914-1997) à la politique monétaire du Laos n’est pas restée dans les mémoires.

On écrit en lettres les expressions telles que « les années vingt » ou « les années trente » bien qu’on accepte « les années 1930 ». Henri Gide s’énervera tout vert s’il voit écrit « les années 30 ». Autant vous prévenir tout de suite.

Apprenez tout ça par cœur, ça nous évitera bien du désagrément. L’Humanité vous remercie (non, pas le journal).