20140324

L’IPTL (International Premier Tennis League): l’ère de la ligue fermée est ouverte!

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Il paraît que le sport est d’abord un jeu. Aujourd’hui, tennismen et tenniswomen ont décidé de jouer, de s’amuser, de taper la balle entre amis, entre potes. Des joueurs, des joueuses, des anciennes gloires, tous réunis dans une grande foire. Un cirque des temps modernes. Une vente aux enchères asiatique. Tous rassemblés main dans la […]


Il paraît que le sport est d’abord un jeu. Aujourd’hui, tennismen et tenniswomen ont décidé de jouer, de s’amuser, de taper la balle entre amis, entre potes. Des joueurs, des joueuses, des anciennes gloires, tous réunis dans une grande foire. Un cirque des temps modernes. Une vente aux enchères asiatique. Tous rassemblés main dans la main sacrifiant leurs vacances pour satisfaire spectateurs et téléspectateurs qui ne peuvent pas attendre la prochaine saison de tennis. Aujourd’hui, le tennis rentre dans une nouvelle ère : l’ère de la Ligue fermée. Une ère qui prend forme en quatre lettres : IPTL. En version longue, ça donne International Premier Tennis League.  L’ironie dans ces premières lignes, comme un remède pour faire passer la pilule. La pilule IPTL. Une honte pour ce sport. Cette exhibition de la balle jaune est l’exhibition de trop. Explications.

Quand Bhupati inventait l’IPTL
L’IPTL est une idée de l’Indien Mahesh Bhupati. Ce type n’a rien à voir avec Bollywood, il est joueur de tennis professionnel. Inconnu du grand public, il ne vaut rien sur le circuit en solo. Par contre les vrais amateurs de tennis le connaissent bien car Mahesh a été un excellent joueur de double. Avec son compère Leander Paes, ils gagnent un paquet de tournois, atteignant même la première place mondiale en 1999. Aujourd’hui, Mahesh se montre moins performant et le tennis est toujours aussi peu connu du côté de New Dehli. Là-bas c’est le cricket qui prime.
Pas le temps de se lamenter, Bhupati  a d’autres pensées en tête car la quarantaine approche. C’est désormais le temps de songer à l’après tennis. Cette fameuse petite mort ou cette deuxième vie, que tout sportif connaît, n’est plus très loin. Alors autant préparer l’avenir. Un jour, posé sur son canap dans sa villa de Bangalore, en train de se mater un DVD de l’Indian Cricket League, Bhupati trouve son projet. « Et si on adaptait l’Indian Cricket League au tennis ? » C’est ainsi que naît: l’IPTL. La première édition de l’International Premier Tennis League aura lieu à la fin de l’année 2014.

BHUPATI C’EST LUI

A quoi ça sert l'IPTL? Excellente question.

A quoi ça sert l’IPTL? Excellente question.

Mahesh, dis-moi comment fonctionne l’IPTL
L’IPTL se veut être une ligue exhibition. Point de trophée, ni de coupe au final. Point de bataille pour la victoire. On joue au tennis pour s’amuser. Pour le délire. Pour donner un côté original au tennis. Pour mieux faire connaître le tennis en Asie. Mais attention, l’IPTL c’est la Rolls Royce des matchs d’exhibition. Des dizaines de joueurs et de joueuses du circuit professionnel vont y participer (Tsonga, Monfils, Gasquet, Nadal, Murray, Djokovic, Serena Williams, Azarenka…). Des stars, des jeunes, des spécialistes du double, des moins connus, mais aussi des anciennes légendes comme Sampras, Rafter, Santoro ou encore Agassi. Tout e petit monde est réparti dans quatre équipes qui représentent quatre villes d’Asie : Singapour, Bangkok, Bombay et Dubaï. En tout, 24 rencontres seront programmées entre les quatre cités qui s’affronteront en aller-retour entre le 28 novembre et le 13 décembre. A cette période, les joueurs sont normalement en vacances et préparent la saison prochaine.
Chaque rencontre se dispute sur cinq matchs : se suivent un simple hommes, un simple dames, un double hommes, un double mixte et un simple de légendes. Enfin, chaque match se joue en un seul set. La ville qui gagne le plus de rencontres, gagne la Ligue. Youpi !

VENTE AUX ENCHÈRES

C’est dans le détail que l’IPTL devient croustillante. Focus sur la répartition des équipes d’abord. Les participants sont draftés par Bombay, Singapour, Bangkok et Dubaï dans une sorte de vente aux enchères, sachant que les quatre franchises disposent de plusieurs millions de dollars pour faire leur marché. Imaginez la scène : Marionnette numéro une : « Il s’agit d’un Espagnol, numéro un mondial, il se gratte souvent les fesses avant de servir, il peut avoir des allures de Rahan : Rafael Nadal ». Marionnette numéro 2 : « C’est l’égérie de Kinder Bueno, il est Français : Jo Wilfried Tsonga ! » Marionnette numéro3 : « Ce mec fait le pitre sur le court, ses talents d’imitateur n’ont pas d’égal sur le circuit et dans son pays on se bourre la gueule à la Rakja : le Serbe Novak Djokovic. » Marionnette numéro  4 : « Il a révolutionné le monde du tennis avec ses shorts en jean et sa perruque de rock star ; Il s’est tapé Brooke Shield et il préférait le McDo au restaurant de Roland Garros pendant sa période punk ! Mesdames et Messieurs, André Agassi. » Marionnette numéro 5 : « Il est Tchèque, c’est le seul gars du circuit à s’habiller en H&M sur les courts : Tomas Berdych. » Etc, etc…
Suite à la première draft, une trentaine de joueurs a été dispatchée entre les quatre franchises. Une seconde draft aura lieu plus tard cette année pour compléter les équipes. Aujourd’hui, on sait déjà que Nadal représentera Bombay avec Sampras, Santoro, Monfils et Ivanovic  notamment. Comme des gamins, certains se sont empressés de publier la nouvelle sur leur twitter.
Dire que Nadal ou Djokovic refusent régulièrement de jouer avec leur pays en Coupe Davis, préférant privilégier les tournois individuels, ils vont désormais jouer pour les couleurs de Bombay et de Dubaï. Si j’étais sélectionneur en Coupe Davis, je l’aurais mauvaise…

Le tweet d’Ana Ivanovic

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Le tweet de Tomas Berdych

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UN MAX DE POGNON POUR UN ÉVÉNEMENT TOTALEMENT ININTÉRESSANT

Pourquoi les meilleurs joueurs de la planète (à part Federer et Del Potro, tous les joueurs du Top 10 ont donné leur accord) participent à cette exhibition qui ne présente strictement aucun, mais aucun enjeu sportif ? Pour le plaisir de jouer, pour montrer le tennis sous un angle original, parce que ça peut être marrant. Bla, bla, bla. Réponses langue de bois. Ouais, on ne me la fera pas à moi. C’est le blé, le flouze, les billets de banque qui attirent. L’euro million prend place en Asie. Sauf qu’ici, ils repartent tous les poches pleines. Ça tombe à pic, juste avant les fêtes de Noël ! Ils toucheront des gains concernant les enchères de la draft et des primes négociées avec chaque franchise.
Certaines rumeurs annoncent des sommes hallucinantes. Nadal pourrait toucher un million par rencontre. S’il joue les six rencontres de sa ville, le calcul est vite fait et je vous laisse méditer sur le pactole final. Sachant qu’il disputera un set à chaque fois, correspondant à environ 40 minutes de jeu. De quoi signer pour le l’emploi le mieux payé de l’histoire. Et, ce, sans trop se fouler. Juste  le temps de claquer quelques jolis coups du fond de court afin d’amuser la galerie. Toute une philosophie de vie quand on joue à côté des bidonvilles de Bombay.

Les quatre groupes en vidéo 

LE TENNIS EN MODE SHOW TÉLÉ

Les pionniers du tennis se retournent dans leur tombe. Des matchs en un set, mais à quoi ça sert ? Cela n’a rien à voir avec le suspense du vrai tennis mais ça colle parfaitement au format télé. Pour faire de l’IPTL un événement qui marche, il faut attirer les sponsors et les chaînes de télévision. Les stars étant présentes, les chaînes alignent les billets pour diffuser ce cirque. Chaque rencontre sera diffusée par des chaînes du monde entier qui réserveront environ 3h30 aux rencontres. D’où le format un set pour un match. Le tout est d’aller vite et d’enchaîner rapidement les confrontations pour s’insérer pile poil dans le temps d’antenne. Bien vu garçon !

Une exhibition tennis, ça donne ça : http://www.youtube.com/watch?v=c2zVS-8CQk

 

SALE PUB POUR LE TENNIS

Si bon nombre de joueurs sera de l’aventure, certains ont refusé. Par exemple, Maria Sharapova a décliné l’invitation. Quant à Federer, rien n’est encore fait. Respect à vous ! On entend les joueurs se plaindre du calendrier surchargé tout au long de la saison pour ensuite faire les guignols en Asie pendant la période de leurs congés. Elle est où la logique là ? Merde ! Si Henri Leconte était de la partie, je comprendrais, l’ancien joueur français ne rate pas une occasion de se faire un peu d’argent facile et d’être sous les projecteurs à la recherche de sa gloire passée. En étant même prêt à foutre son fils dans la Ferme Célébrités, histoire qu’on parle un peu de lui.
 Mais Rafa, Novak, Monfils, à quoi bon ? Comme s’ils n’avaient pas assez d’argent. En quelques mois sur le circuit, ils gagnent suffisamment pour se permettre de vivre peinard une bonne partie de leur vie. Paie ton image ! Aujourd’hui, je pense aux joueurs professionnels mal classés qui ne seront jamais draftés dans aucune des franchises et qui galèrent chaque saison sur les tournois de seconde zone afin de joindre les deux bouts. Je pense à ces pays en développement qui vont accueillir des millionnaires en short, alors qu’une partie de la population crève la dalle. L’Asie n’a pas besoin de l’IPTL pour développer son tennis. Des tournois importants ont déjà pris place sur le continent.

Une Ligue similaire version foot avait aussi vu le jour. On espère juste que l’IPTL connaîtra le même sort et qu’elle se cassera vite la gueule !