20140311

Vendredi: ils vous demandent de vous arrêter.

vendredi EP
dans Boombox

Deux jeunes gens qui enregistrent des sons partout pour faire de la musique concrète, deux jeunes gens qui font de la musique concrète pour mieux voyager, deux jeunes gens bien sous tout rapport que ce soit world, jazz, abstrait ou hip hop. Deux jeunes gens bien vous dit-on. C’est Vendredi.


Propos recueillis avec le féérique concours de Liebe Tsou Dritt

Vendredi_©Maud_Chalard_4

Ils boivent du café allongé, totalisent 49 printemps à deux, se sont rencontrés un vendredi et c’est la première idée qu’ils ont eue: s’appeler Vendredi. Sans doute une punition divine pour leur entourage professionnel ainsi condamné aux blagues et quiproquos pas très légers du genre « je vois les vendredi mercredi »…

De toute manière, ces deux réincarnations de l’éternel masculin ne se lèvent pas le lundi, ni ne se couchent le vendredi. Respectivement law stud et ingé son, ils préfèrent jeter des cailloux dans les sanitaires ou faire manger des décoctions d’œufs de perdrix-boue-pétrole aux plus faibles.

Vendredi tout est permis.

« Chacun fait la musique qu’il veut » même Lorie. Ils sont comme ça Vendredi, grands seigneurs. 

Personne n’écrit les paroles qui n’existent pas mais auxquelles Pierre-Elie et Charles réfléchissent déjà, en attendant de tomber sur LA bonne chanteuse de Bossa qui saura accompagner les compositions bien perchées des sonorités vendrediesques. Dans les bacs, il faut les chercher à world jazz abstrait hip hop. Et dans sa tête, à voyager. 
Car c’est bien à ça que sert Vendredi: à faire voyager. Pour un tourisme plus vert, ces deux savants fous composent comme on cuisine à coups de sons urbains, humains, de voix, de bruits… De matières sonores pour les citer. Des ingrédients qu’ils écoutent, découpent, modifient, étirent, retournent, retouchent, triturent à quatre mains. Presque de l’écriture automatique sur contrôleur qui navigue via email de Charles à Pierre-Elie, de Pierre-Elie à Charles jusqu’à trouver une ritournelle sur laquelle poser des accords, un rythme, une idée, une chaleur.

Histoire d’un vendredi

Charles et Pierre-Elie se sont connus il y a deux ans. Même un peu avant d’ailleurs puisqu’ils se sont longtemps croisés en soirée mais « Charles était très souvent complètement saoul et donc à chaque fois il ne se souvenait plus de moi ». Le destin frappe un vendredi quand Charles rencontre Pierre-Elie avant l’apéro (donc pour la première fois dans sa tête). L’aventure avait pourtant commencé loooooongtemps avant. Dans l’illégalité qui plus est, quand le petit Charles, 14 ans, s’achète une paire de platine Gemini 20 d’occasion à 100 euros sur eBay et commence à bidouiller tout seul. C’est un drame plus chabrolien qui frappe musicalement Pierre-Elie, tombé directement de son berceau dans les instruments à vents. Le sort en est jeté pour les deux Parisiens: Charles sera au rythme ce que Pierre-Elie sera à l’harmonie.

Vendredi_©Maud_Chalard_6


Vendredirect

Ils font mentir le principe selon lequel dépucelage rimerait avec cauchemar: « la première expérience fut la meilleure » . Au dessous de Paris dans le cadre du collectif BeatX, des papas qui vont baptiser les deux enfants terrorisés dans les loges et hop à Créteil! Vendredi commence une brillante série de lives, de véritables lives à valeur ajoutée car ils se refusent catégoriquement au concert de laptop, un ciel sans nuage… Quand soudain c’est le drame, Charles passe sous une échelle, Pierre-Elie casse un miroir et ils se retrouvent à St Michel, à jouer après une chanteuse de blues, ils sont trop serrés, Pierre-Elie — rocknroll — donne un coup de pied dans la vie, la carte son se coupe, ils se barrent de scène, remontent et improvisent un spectacle comique. S’ensuit une interminable traversée du désert qui durera au moins 3 jours. Mais, infatigables, les Vendredi se reprennent, abandonnent le standup et recommencent à jouer.

Il y a quelques jours, sortait leur premier EP chez NoFormat, Veneris Dies, où vous pourrez entendre des voix maliennes, indiennes, malgaches, des bambini vénitiens appeler leur maman. Et accessoirement de la musique, des émotions, des couleurs, des courants d’airs, des lumières. De quoi partir avant les ponts de mai.

Et si vous ne craignez rien (et surtout dégun), vous pourrez voir le clip de Chiara qui nous a laissés un peu sans voix.
(attention âmes sensibles…)

Ecoute Vendredi!

Mieux qu’égrener leurs références musicales de jeunes gens pointus de Flying Lotus à Ebo Taylor en passant par Rodriguez, James Blake, Amon Tobin et IAM, on se contentera de vous dire qu’ils se réveillent en écoutant Stuttgart de Tosca, dépriment avec Bibo No Aozora, draguent avec Something about us de Daft Punk et torturent des gens (dans des ascenseurs) avec Calogero ou Boney M… Encore, mieux que ça: ils nous ont fait une playlist. Ils vous demandent de vous arrêter. 

Leur remix d’Yvette Horner est toujours en standby… En attendant, Maitre Grims, ils aimeraient bien faire un duo avec toi. Nous te le demandons pour eux: ils sont géniaux ces petits, ils ont dit que les Indiens faisaient « la meilleure musique au monde ».

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