20140426

Apprenti gigolo, un film pas rigolo

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Il y a Woody Allen et c’est toujours un plaisir. Mais, problème : il n’y a que Woody Allen dans cet Apprenti Gigolo, qui déçoit de bout en bout. Un film lent, sans trouvailles ni dialogues vraiment percutants. A oublier.


Ah ! Woody Allen… Quel gars ce Woody Allen… Vieilli, usé, fatigué, peut-être, mais quelle présence. Quel charisme. Heureusement qu’il est là, dans Apprenti Gigolo. Déjà qu’on s’ennuie ferme, tellement c’est lent, s’il n’y avait le brave Woody, on n’ose imaginer où l’on serait tombé. Ou plutôt si, on sait : dans les bras, velus, de Morphée.
Un film étrange, à y bien réfléchir. Une manière polie de dire qu’il est mauvais. Mais étrangement mauvais, alors. Sans rythme, sans effort de mise en scène. Sans rien, en fait. C’est gris, sombre, terne. Et c’est dommage.

HEUREUSEMENT QU’IL Y A WOODY 

Les seules saillies, rares, dans les dialogues, sont réservées à Woody Allen. Un rôle taillé pour lui. Comme un hommage. Woody dans le rôle d’un petit gars dépressif et qui, cynique, s’en amuse. Mais sans que cela ne suscite guère toutefois, chez nous, qu’un petit rictus. Entre bienveillance et légère gêne. Parce que tellement facile, trop attendu.
Pour autant, rétrospectivement, on en garde un bon souvenir, de ces dialogues-là. En creux du vide attenant… Un vide peut-être en grande partie dû au fait que l’on ne soit pas dans la cible. Bien trop jeune pour ça, pensez-vous ! Deux amis, l’un libraire (Woody Allen), l’autre fleuriste (John Turturro), ont des problèmes d’argent et, pour y remédier, le premier devient le mac du second.
Ce n’est pas tant avec le pitch qu’on n’est pas à l’aise (on ne le serait même que trop, petit canaillou que nous sommes). C’est surtout dans la distribution. John Turturro, 57 ans, et Woody Allen, 78 au compteur. Et pas spécialement des physiques des jeunes tombeurs, escort boy et compagnie. Tout ça pour dire que c’est, à notre sens, un film pour les joyeux quinquas. Question d’identification.

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C’EST POUSSIIIIIIIIIIF, TRES POUSSIF 

D’une lenteur dérangeante, Apprenti Gigolo ne réussit pas à attirer l’attention. Pas un instant. On s’ennuie. Même les scènes avec les deux chaudasses sur le retour, Parker (Sharon Stone) et Selima (Sofia Vergara) ne parviennent pas à titiller les zygomatiques. Pas plus que Vanessa Paradis, dans le rôle d’Avigal, qui traverse ce film avec la froideur d’un glaçon et la présence d’un poulpe. Un rôle paresseux. Comme si, pour Vanessa, le seul intérêt avait été ici de tourner avec Woody Allen.
On ne rit pas, pas plus qu’on ne sourit ou ne s’extasie sur un plan ou une lumière particulière. Bref, c’est poussif.