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Béatrice Bourges et le Mont des Oliviers

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Béa part en croisade contre la succursale de l’enfer : la QUEER WEEK – *musique dramatique*

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Vendredi 28 mars à 19h avait lieu la conférence de cloture de la Queer Week, après une semaine de reflexion autour des genres et des sexualités. C’est aussi l’événement auquel a décidé de se rendre l’infâme Béatrice Bourges pour se planter elle-même les clous sur lesquels elle a gravé les mots « Idéologie » et « JEANDAIRE » (je suppose que c’était originellement « Gender »).

La Queer Week est une semaine d’événements créé en 2009 à Sciences Po Paris, depuis elle se perpétue chaque année afin de sensibiliser la dite élite de la nation aux droits et luttes des minorités sexuelles et de genre. On retrouve ainsi des conférences, des ateliers pratiques, des performances artistiques et des tables rondes tout au long de cette semaine.
Si la Queer Week a reçu par le passé des critiques des personnes « queers » pour être trop institutionnel et universitaire (c’est de bonne guerre), elle a cette année été la cible d’attaques virulentes provenant de groupuscules d’extrême droite tel que le printemps Français et affiliés.

Petite illustration de leurs discours :




Et le palmarès gagnant :



Maintenant que nous avons fait le point sur leur santé mentale, attardons-nous sur celle qui a bravement fait une grève de la faim de 72h : Béatrice Bourges.
19h passées, la conférence de cloture de la Queer Week a démarré depuis peu et des regards se tournent vers le fond de la salle de façon répétée. Et là, surprise ! Une non-invitée de marque se tient droite au fond de la salle avec son comité. Bon et bien soit, ils ne font rien directement (a part se tenir droits comme des balais dans le fondement et avoir l’air particulièrement tendus), les gens se reconcentrent vers la conférence qui continue à se dérouler. 

bourges

Nonobstant (je fais parti d’un club d’usagers de mots qui se meurent), certains détails annoncent déjà que quelque chose va se passer. Cela aurait pu être la fuite des animaux comme avant une catastrophe naturelle, le fait qu’ils soient tous restés debouts au lieu de s’asseoir pour écouter ou les délégués à la captation d’image. Parce que oui, deux personnes filment l’assemblée et non les personnes sur l’estrade en train de parler. Ils ne sont pas là pour l’événement, ils sont là pour créer un événement. Et évidemment, vient le moment où sa présence est mentionnée par l’une des participantEs de la conférence et là Béa bondit. Elle se jette sur l’occasion qu’elle attendait depuis le début et prend la parole.

S’en suit le shéma classique : on lui demande de sortir calmement, elle tient absolument à avoir une tribune dans un lieu où elle n’a aucune raison d’en avoir une, on lui re-demande de partir de la salle, elle continue à parler, des gens se lèvent pour la faire partir, elle ouvre les bras en croix, on continue à lui demander de partir, elle continue à parler, le personnel de l’établissement arrive et lui demande de partir, etc.

Pendant ce temps là, les caméramans filment tout, ils ont ce qu’ils voulaient créer dès le départ : une réaction intense.
Qu’attendre d’autre de la part d’une audience là pour échanger autour des luttes des minorités sexuelles et de genre qui ont justement été agressées et harcelées par des groupuscules identiques à celui que préside Béatrice Bourges.

Ce que je veux mettre en évidence ici, c’est la préméditation et la mise en scène de ce genre d’événements par cette aile de l’extrême-droite française. Ils viennent avec un but, crééent l’événement, et se font passer pour des victimes de violences et discriminations.
Mais Béa, quand on est vraiment discriminé, on a tendance à éviter de se rendre à l’endroit où on sera victime de cette discrimination, et surtout, on a tendance à ne pas vouloir attirer l’attention… en restant debout au fond avec des caméramans par exemple.

Bisous Béa et reprend ta grève de la faim dès que tu peux.