20140401

Pourquoi je n’irai pas voir… Salaud, on t’aime

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C’est salaud, plein de mauvaise foi car on n’a rien vu d’autre que la bande-annonce mais… on n’aime pas. De toutes nos pores, on n’aime pas. Le dernier Lelouch pue le formol. Alors ce sera sans nous, merci.


PARCE QUE JOHNNY ACTEUR, C’EST DEJA EN SOI UNE RAISON SUFFISANTE

Il n’a pas de chance, Johnny. Des années qu’il se pique de jouer l’acteur. Mais rien à faire. Il est chanteur – on a envie de dire « était chanteur », tant ses derniers albums (et ceux d’avant encore) sont pathétiques. Mais enfin bref, là n’est pas le sujet.
Il est chanteur et, à chaque fois qu’on le voit à l’écran, on a juste l’impression qu’il va se mettre à beugler « Etinceler la brindille ». C’est pas ça son tube à la con ? Ah non, vous avez raison, c’est « Allumer le feu »… En même temps, je sais pas vous mais moi, cette chanson, elle me donne surtout envie de courir vers un extincteur.
Mais qu’importe… Rien que de le voir, avec sa duck face permanente, dans la bande-annonce de « Salaud, on t’aime », ça plombe le film. On n’y croit pas une seconde. Jamais de la vie c’est Jacques Kaminski, « photographe de guerre et père absent, qui s’est plus occupé de son appareil photo que de ses quatre filles », qu’on voit arc-bouté sur ses hanches en plastique. Non, c’est Johnny bien sûr !
Et comment il pourrait en aller autrement avec une telle tronche ?! Evidemment, le pauvre Johnny n’est pas aidé par sa notoriété. Mais, rogntudju, c’était quand même pas compliqué d’au moins essayer de lui changer de coiffure, non ? Histoire de tenter d’oublier un peu Johnny, ce qui s’avère ici parfaitement impossible… Sans compter, également, qu’on a rarement vu de photographe de guerre aussi magnifiquement choucrouté.
Un petit effort de crédibilité, que diantre.

PARCE QU’EDDY MITCHELL EN SUS? CA COMMENCE A FRISER L’OVERDOSE 

salaudontaime

Nan mais sérieusement?

Comme si cela ne suffisait pas, à Johnny on ajoute Eddy… Ouais, Eddy Mitchell, l’autre rescapé des années yéyé. Manquait plus que Dick Rivers et on avait la totale. Le Kamoulox des gérontophiles. L’histoire, haletante, de deux ex-stars des sixties qui, entre deux prises de médocs contre l’arthrose et deux pauses pipi – ah mince, c’est trop tard, je me suis fait dessus – se racontent leurs souvenirs d’antan. En noir et blanc.
Clairement, nous avons là, indépendamment de la qualité potentielle de l’œuvre, un film de vieux, pour les vieux et par des vieux. Alors, certes, nous sommes nous, la France éternelle, un pays vieillissant, c’est vrai. Mais c’est juste oublier que ceux qui vont au cinéma… ben ce ne sont pas les vieux, justement. Eux attendent gentiment le film du dimanche soir sur TF1.
Encore un flop annoncé, en somme. Triste cinéma français, qui n’a encore rien compris…

PARCE QUE LELOUCH A LA BAGUETTE, ET QUE JE NE MANGE PAS DE CE PAIN-LA 

Qui donc, se demande-t-on, a-t-il pu avoir cette idée, si saugrenue, de réunir Johnny – Duck face – Hallyday et Eddy – Audika – Mitchell ? Et là, effroi en voyant le nom s’afficher. Lelouch, Claude…
Dernier bon film en date ? Rhooo, il faut remonter loin, les enfants. Un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître. 1988, Itinéraire d’un enfant gâté. Depuis, de gâté à gâteux il n’y a qu’un pas. Pas que Lelouch, Claude, a allègrement franchi.
C’est terrible ce qu’on dit ? Méchamment gratuit ? Gratuitement méchant ? C’est vrai. On le confesse. Il ne faut pas enlever à Lelouch, Claude, son talent. Il est réel. Ou plutôt il fut réel, mais qu’importe. Il a existé, et tant d’autres ne peuvent en dire autant. L’homme, avec Un homme et une femme, dans les 60’s, ou L’Aventure c’est l’aventure, dans les 70’s, a laissé une trace indélébile dans le cinéma français. Il faut toujours avoir cela en tête. Il ne faut jamais brûler ses idoles, dit-on. Certes. Sauf que nous, on est contre l’idolâtrie. Mais pour la preuve des faits, apportée film après film. Alors oui, oui, mille fois oui, c’est salaud, plein de mauvaise foi, mais on n’aime pas.

Attention exubérance, public sensible s’abstenir: