20140624

On dit merci qui ?

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Avec pareil titre et contenu, nous allons forcément attirer les foules… Et les foudres. (Oserait-on rajouter « le foutre » ?)
Allez, c’est parti pour les putasseries.


Avec pareil titre et contenu, nous allons forcément attirer les foules… Et les foudres. (Oserait-on rajouter « le foutre » ?)
Allez, c’est parti pour les putasseries. 

Jacquie et Michel, a-t-on a encore besoin de présenter ce (ces) site (sites) Internet ?

Non, mais pour la forme, et parce que les introductions, c’est chouette, tentons de donner une définition des plus objectives. Jacquie et Michel est un site pornographique made in France, où les mots d’ordre sont : libertinage, exhibition et authenticité.
Ce site Internet gagne chaque jour de nouveaux visiteurs, de nouveaux adeptes, de nouveaux fans.
La conséquence de deux choses : une communication assez bien huilée d’une part et l’originalité adoptée par les créateurs d’autre part.

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L’efficacité de sa communication tient tout d’abord sur le média utilisé (les internets puisqu’il faut les nommer par leur nom), la cadence et le nombre de vidéos postées par jour, sa propagation importante et surtout sur son slogan : « Merci Jacquie et Michel ! », scandé par nos amis ou de purs inconnus. Une tagline déclinée en chanson et en t-shirt, car Jacquie et Michel offre à ses amateurs et autres fidèles un véritable espace de vente en ligne : tee-shirts, sextoys et autres produits estampillés J&M.
L’originalité ? Vouloir montrer Monsieur et Madame tout le monde, que ce soit sur leurs vidéos ou sur les sites annexes de rencontres. Vous y croisez votre voisine ? C’est normal, c’est ça, Jacquie et Michel. Qui n’a pas encore entendu de la bouche d’un proche « Ouais, je connais une nana qui a tourné pour J&M » ?

 

Rentrons dans le vif du sujet. Ce site est hautement débectable.

J&M, on regarde au début. On adhère. C’est fun. On plaisante avec les potes, mais on déchante vite.

D’une part, leur postulat de départ est respectable, ou du moins, admis. Si rapprocher des couples libertins/échangistes afin qu’ils puissent se rencontrer se fait depuis longtemps et bien avant l’avènement d’Internet, l’évolution du site,elle, dérange. Leur idée de base s’est transformée en quelque chose d’assez malsain. La preuve en est qu’on ne voit guère de couples maintenant. Non. Ce qu’on voit, c’est de la salope.
Et ce n’est absolument pas péjoratif, dans le sens où l’on ne fait que reprendre le terme des descriptions des vidéos. Si encore il ne s’agissait que de description écrite ça irait, mais les femmes qui tournent dans les vidéos J&M se font traiter de tous les noms, dont le sacro-saint « salope ».
Certes, c’est loin d’être la marque de fabrique du site : des vidéos porno où on voit des filles se faire insulter, c’est monnaie courante, en français, en anglais… Peu importe le site, la nana est une salope, forcément. Salope car non seulement la femme ose dire qu’elle aime le sexe, mais en plus, elle tourne dans des vidéos pornographiques. Alors, franchement, elle le cherche bien !
Ne pas oublier non plus que cela renforce le côté « les femmes réelles sont à portée de main » versus « les femmes réelles sont toutes des cochonnes en puissance », car ce genre de site alimente la croyance du sexe facile. Chaque femme est hypothétiquement une baiseuse en rut, prête à bondir sur le moindre pénis, prête à accepter tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi d’ailleurs…

Les pratiques sont là encore identiques aux autres sites du même genre, à la différence près que les acteurs mettent des capotes (une gommette verte siouplé !). Même si bon, la capote, elle sert plus à grand-chose quand tu éjacules sur le vagin de la fille (merci de vous référer à vos cours d’éducation sexuelle du collège). Bon, le problème n’est pas tant la capote mais davantage le comportement des « lascars » face aux « salopes ». Que ceux qui n’ont pas encore vu une sodomie dont la douleur se lit sur le visage de la nana lèvent le doigt. Pareil pour ceux qui ont vu un mec cracher à la gueule de la fille. Et je ne parle pas de sperme. Je parle de crachat. Non seulement la nana c’est un paillasson à bites, mais en plus, elle est traitée comme une moins que rien.
« Elle a signé un contrat, elle a accepté ? » Peut-être, et encore, dans le contrat, les méthodes ne sont pas toutes explicitées clairement, donc c’est largement discutable. Mais il n’en est pas moins que c’est un procédé qui choque.

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Passons à la tagline maintenant. Deux choses à dire à propos de lui. La première, c’est que de carrément mauvais goût de faire dire à une fille « Merci Jacquie et Michel ». Dans le sens où elle vient de se faire défoncer, elle a été traitée comme une merde, comme un objet et en plus, elle doit dire merci. C’est assez incroyablement révélateur d’une certaine idée de soumission. Soumission parce que merci, merci parce que ça a forcément dû lui plaire. Puis dire « merci » relève du service, et non d’un acte partagé et apprécié. Non, là, elle est forcée d’avoir pris son pied, forcée d’aimer cela.
La deuxième, c’est la conséquence d’avoir un tel slogan dans la vie de tous les jours. Alors ok, on dit innocemment « merci qui ? » et des potes/inconnus répondent « merci Jacquie et Michel ! », hilarité générale, sensation de faire partie d’un groupe, d’un cercle serré que seuls les initiés connaissent. Bref, c’est génial, non ? Mais quand on y regarde bien, qu’est-ce qui y’a de si glorieux que ça à être fier de regarder un tel site Internet ? Pas grand-chose… Alors oui, bien sûr, on parle de sexe plus facilement, les mentalités ont changé, c’est très bien. Mais ce slogan, décliné en véritable arme de guerre, retrouvé sur des vêtements, c’est extrême. Sans parler du port d’un tel t-shirt dans la vie de tous les jours : proches qui se questionnent, enfants qui interrogent… Malaise.

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J&M ne sont pas les seuls à être pointés du doigt. Parler du géant Pierre Woodman, c’est pas mal non plus. L’homme aux pratiques plus que douteuses pour rameuter des jeunes femmes, des filles en fait, venues des pays de l’Est pour se faire un peu de blé, qui tombent sur le sauveur, le fameux Woodman qui leur offre une vie de rêve dans le porno. Tellement enviable. Passons au-delà des conséquences pour les jeunes filles, parlons des castings humiliants et choquants où l’on voit des femmes soumises, la mine abattue, qui se font convaincre de se faire prendre là tout de suite maintenant par un inconnu qui les traite de tous les noms… Traumatisant.