20140616

Palo Alto, des ados qui se roulent des palots (et c’est à peu près tout)

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Tiens un teen-movie signé Coppola… Cela a beau être Gia Coppola, et pas Sofia, c’est pourtant très similaire. Trop. Palo Alto est un film sans audace. Donc sans surprise. Qui, surtout, donne l’impression d’avoir déjà été vu dix fois. Tant pis. Au moins y découvre-t-on un grand Jack Kilmer, fils de Val.


C’est signé Gia Coppola mais on pourrait croire à un pseudo, pris par Sofia Coppola, tant c’est calqué sur son cinéma, ses habitudes. C’est bien simple : la même manière de filmer les petites jeunes filles en culottes, dans leur chambre… Pas si étonnant que cela, puisque Gia est la nièce de Sofia. Mais un peu dérangeant quand même. On a tellement envie d’attribuer ce Palo Alto à l’oeuvre récente de Sofia. Et ce n’est tellement pas un compliment…
Palo Alto rappelle méchamment The Bling Ring, le dernier film, raté, de Sofia Coppola. En un peu plus subtil, cependant, ce qui n’est pas forcément très difficile. La jeunesse désabusée, désoeuvrée, Américaine. L’ennui. La volonté de braver le destin, du coup. Le forcer. La Fureur de vivre version 2014… La fougue en moins. Car c’est plat, finalement.

UNE IMPRESSION DE DEJA VU 

Certes, on suit les aventures alcoolisées et sexuelles d’April, Fred et Teddy sans déplaisir, mais sans grande passion non plus. Une méchante impression de déjà vu. Et pas qu’une fois. Peu d’inventivité, ni dans le scénario, ni dans la mise en scène. C’est sans prise de risque. Donc ça passe, évidemment. C’est assez propre, ça tient la route, mais puisqu’on l’a déjà vu, à quoi bon?
Palo Alto, à défaut de susciter l’enthousiasme, reste gentillet. C’est qu’ils sont sympas, franchement, ces petits gars et ces jeunes filles qui trompent leur ennui dans une fuite en avant assez classique aux teen-movies. Tout est hypersexué, sans être sexuel. Des sous-entendus, tout le temps. Et ce sentiment que chaque scène va pouvoir (pourrait) basculer.

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 LA REVELATION JACK KILMER

C’est un peu facile, mais la qualité des acteurs permet d’éviter de (trop) sombrer dans le mièvre et la platitude. Emma Roberts est ainsi très convaincante dans le rôle d’April. Fraîche et jolie, plus mature que ses ami(e)s mais perdue. Les deux garçons, Nat Wolff (Fred) et Jack Kilmer (Teddy), complètent le trio des têtes d’affiche.
Nat Wolff en tête brûlée qui en fait des tonnes pour se faire remarquer, pour exister, mais qui, au fond, est un bon gars, juste plus paumé que les autres. Et Jack Kilmer, surtout, fils de Val soit dit au passage (et ça se voit), qui éclate lui comme un futur grand. Bon, on s’emballe sans doute un peu, mais sa présence à l’écran en fait le personnage principal. Le plus fort. Le plus marquant. Une tronche, d’abord. Et un naturel assez fou, une mélancolie pleine de charme. Le gentil gars qui se laisse embarquer par ses potes. Mais qui ne demande que ça, cependant, à se laisser embarquer.
Pour autant, Palo Alto n’est pas un grand film. D’autant que la fin, qui n’en est pas une, vient nous cueillir à froid et laisse une dernière impression assez mauvaise. Et même sans cette fin ratée, d’ailleurs : le film manque trop d’audace pour être bon. Tant pis. Au moins aura-t-il permis de voir Emma Roberts sous un nouveau jour et, surtout, de découvrir Jack Kilmer.