20140606

Pétarades culturelles à la Dynamiterie

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Le festival parfait existe, nous l’avons rencontré. Il a nom Dynamiterie, réunit arts et réflexion dans un brasier culturel commun, répandra ses déflagrations esthético-cool tout au long de l’été parisien avant de culminer du 5 au 7 septembre en une explosion créative interdisciplinaire à tout casser. Comme son nom l’indique… Et c’est 100% collaboratif.


Et si le redressement productif, sur lequel s’échine désespérément un certain Arnaud Montebourg depuis deux ans, passait en réalité par le redressement culturel ? Ce n’est même pas « et si », en fait… On n’est plus au stade de la question. On est à celui de l’affirmation.
Cela se passe du côté de Cugny, en Seine-et-Marne, à moins d’une heure et demie de Paris. Enfin va se passer, plutôt. Car, oui, alléluia, réjouissez-vous tous, le festival parfait existe, et nous l’avons rencontré. Il a pour nom Dynamiterie, réunit arts et réflexion dans un brasier culturel commun, et répandra ses déflagrations esthético-cool tout au long de l’été parisien avant de culminer du 5 au 7 septembre en une explosion créative interdisciplinaire à tout casser. Comme son nom l’indique…

FESTIVAL EX MACHINA

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L’idée ? Aussi géniale que réjouissante : « une initiative de réhabilitation collective qui vise à sauvegarder un patrimoine industriel exceptionnel et le valoriser à long terme par la construction d’un pôle d’activités culturelles inédites. » On vous voit trépigner d’impatience – et comme vous avez raison ! – : Où ? Quand ? Comment ? Et pourquoi, surtout ? « Où », on l’a déjà dit, à Cugny… « Quand », aussi, du 5 au 7 septembre. C’est le « comment » et le « pourquoi » qui comptent, maintenant. L’ambition est d’allier l’art à la culture. De créer, dans une merveille de mouvement participatif, une ville éphémère qui, l’espace d’un été, mariera musique, art contemporain, spectacle et même philosophie.

Oui, oui, tout ça ensemble, absolument. Un festival qui fera danser, écouter, voir, comprendre, apprendre et échanger. De la danse, de l’architecture, du graphisme, du théâtre, de l’art vivant, de la musique, de la philosophie, du jardin, de l’humain et, surtout, de… l’amour. Pas encore convaincus ? Alors imaginez juste un peu tout le champ des possibles offert par ce lieu assez dingo qu’est cette Dynamiterie de Cugny. Fermez les yeux (c’est une façon de parler). Laissez-vous guider.

MAISON FONDÉE EN 1887

Un petit voyage dans le temps, ça vous dit ? Très bien. Vos paupières sont lourdes, très lourdes. Votre âme est légère, surtout, très légère. Il était une fois une usine d’explosifs, installée en 1887 par la Société française des explosifs sur un terrain de 7 hectares, à Cugny, en Seine-et-Marne. On y teste et y fait sauter, exploser, un petit peu tout ce qu’on trouve, et tout ce qui peut sauter et explosif. Cela n’arrête pas. Un feu d’artifice permanent. Tellement que, très vite, dès les années 1920, on accole une cité ouvrière au site. Un lieu de labeur. Des ouvriers s’installent ici, travaillent, triment dur, souffrent… et rient aussi. En un mot, vivent. Et puis, patatras, rien n’arrêtant le progrès, voilà que, subitement, ce village plus très loin des nuages ferme définitivement ses portes en 1987. L’époque n’est plus trop aux ouvriers… On n’en veut plus. On n’en a plus trop besoin. Merci d’être venu, bonjour aux familles, tout ça mais, s’il vous plaît, allez voir ailleurs si jamais on n’y serait pas… La Dynamiterie qui, un siècle durant, pétaradait follement, pour le meilleur et pour le pire, s’enfonce dans le silence. Le village plein de vie se mue en village fantôme. C’est bien simple, là où ça grouillait de monde, on ne voit plus, l’espace de vingt longues années, qu’un seul et unique visiteur continuer à arpenter le site. Le gardien. Le gardien et puis c’est tout… Triste à en pleurer. La nature, seule à résister encore, occupe alors le terrain. Peu à peu, elle reprend ses droits. S’impose aux bâtiments et aux routes. S’il n’y a plus d’hommes, au moins y a-t-il toujours de la vie. C’est toujours cela de pris.

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BEAUTIFUL PEOPLE

Et voilà que, désormais, c’est après la nature, à la culture de réclamer ses droits. Gloire en soit rendue à ce collectif spontané, à l’origine de ce festival.

Des enthousiastes entendent bien faire renaître de ses cendres la parenthèse explosive. C’est beau un site perdu qui renaît à la vie. C’est bien simple, cela fait clairement penser à ce qu’est devenue la Cartoucherie de Vincennes. Mais en nettement mieux alors. Car plus ambitieux encore. Des exemples ? Mais avec plaisir. Là-bas, vous trouverez une zone Open air- Installations, conçue comme un musée en plein air, avec un parcours imaginé et conçu par des artistes maison : sculptures, installations numériques, espaces vidéos, réalité virtuelle, jeux d’ombres chinoises, le tout émaillé de théâtre, de magie, de danse ou de jonglage. Dans le prolongement, pour poursuivre ce bel éveil des sens, on ira jusqu’au bâtiment dédié aux expositions, regroupant les œuvres de multiples peintres, plasticiens, photographes et autres dessinateurs. Plus loin, l’espace réservé au spectacle vivant, avec cinémas, débats, conférences, pièces de théâtres et troupes de cirques régnant en maître des lieux. Et puis pas de festival, évidemment, sans musique. Il y en aura, que tous se rassurent. Et pas qu’un peu encore. De tout et pour tous les goûts : rock, jazz, funk, hip-hop ou électro… 

L’occasion, ainsi, mille fois déclinée, de satisfaire tout le monde et de donner ainsi l’occasion à tous de se « réunir pour créer ensemble ». Oui, ensemble car, qu’on se le dise, ce sont les festivaliers qui feront le festival.

Et Apache en sera. Et même plutôt deux fois qu’une. Puisque nous avons eu l’honneur, la joie et l’avantage d’être adoubés partenaires.