20140911

Le Point Godwin et les autres méthodes auxquelles Schopenhauer n’a pas pensé

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dans Edito

Schopenhauer aurait pu décrire plus que 38 façons d’avoir toujours raison s’il avait connu internet et les affres qui en découlent. Grand bien lui fasse, il est mort (d’après nos dernières informations).

par

« Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »

Ceci est la loi de Godwin qui a enfanté, dans les caniveau des intertubes le point Godwin lequel revient à faire appel à la loi de Godwin afin de discréditer un discours qui implique désormais la simple mention du nazisme ou de Hitler.
Si bien que l’on peut dire qu’il est actuellement contre-productif de mentionner le nazisme ou Hitler dans une discussion qui ne porte pas sur le 3ème Reich, car aussi juste et légitime que la mention puisse être, le message que vous tenteriez de faire passer sera anéanti par ce non-argument tout puissant.

Naturellement, cela me donne envie d’éditer une nouvelle loi : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver un appel au point Godwin s’approche de 1« . Voilà, ne me remerciez pas, vous disposez désormais de la loi Sascha (et de son point inhérent) afin de contrer la stérilité du point Godwin.

Malheureusement, la lèpre digitale ne s’arrête pas là. Si vous avez le malheur de poster un sujet polémique, au plus modérément, sujet au débat et à la discussion, ou en encore d’autres termes : non-consensuel, vous vous verrez dans beaucoup de cas être qualifié de troll. Pour honorer Godwin : « Plus le participant à un sujet en ligne polémique partagera ses idées de façon animée, plus la probabilité pour qu’il soit qualifié de troll s’approche de 1« . Et là encore, quelque soit le bien fondé de votre émoi ou de votre prise de parole, leur contenance sera vidée sèche par le label troll dont vous êtes maintenant affublé.

Enfin, le point qui est antérieur à internet mais qui est surement le plus répandu : le point « Hystérie ». Si vous avez le malheur d’être identifié(e) socialement comme une femme, plus vous porterez vos convictions, plus la probabilité que vous soyez qualifié(e) d’hystérique s’approche de 1. Et encore une fois, mais ça ne change finalement pas (*sigh*) l’importance de la parole des femmes dans nos sociétés, vous ne serez pas écouté(e) et serez intégralement discrédité(e).

Aussi, si Sartre (bam, allitération en S) avait connu internet, il aurait peut être décliné sa fameuse déclaration en : « L’Enfer, c’est les commentaires » – et en plus ça rime. Je ne vous invite donc pas à débattre de cet article en commentaire, notamment parce que personne n’a rien à foutre de votre avis, mais surtout parce que les commentaires ne servent finalement plus qu’à conforter les voix les plus fortes dans leur étroitesse de vision. Bisous.