20140916

Pride, le film à ne pas rater de cette rentrée de septembre

La grande claque de cette année ciné 2014.

On l’attendait avec impatience. Il est arrivé. Pride est LE grand film de cette année 2014. C’est même mieux que cela: un film essentiel. Une merveille qui vous fera passer des rires aux larmes. Le génie anglais éclate une fois de plus sous nos yeux, et il ne faut surtout pas passer à côté.


D’ordinaire, les bandes annonces sont bien faites. Souvent sont-elles même meilleures que le film. Avec Pride, non. Franchement mauvaise, la bande annonce ne donne pas envie. Mais alors pas du tout. Prière, donc, de ne pas s’arrêter à cette seule première impression, ratée.

Car, qu’on ne s’y trompe pas. Sous ses airs de ne pas y toucher, Pride est un chef d’œuvre. Disons un film fantastique pour éviter toute emphase. Un de ces films hors du temps, qui nous offrent de sublimes moments de grâce. Une merveille de plénitude, 1h57 durant.

The-Pride-movie-poster

LE GENIE ANGLAIS UNE FOIS ENCORE EN ACTION

Un choc tellement fort, un bouleversement si intense, que le premier réflexe, en sortant de la salle de projection, est de rouler jusqu’à la terrasse la plus proche histoire de se remettre. D’échanger sur le film. Partager les émotions, assez folles, par lesquelles il nous a fait passer.

C’est bien simple, on ne cesse de passer des larmes aux rires, pour mieux revenir aux larmes… Le génie anglais, encore une fois, sous nos yeux ébahis, vient de faire son œuvre. Il y a, dans Pride, du Ken Loach, comme il y a quelque chose des Virtuoses, aussi, de Billy Elliot.

C’est drôle de voir comme on s’emballe alors qu’une lecture froide du pitch aurait, elle, plutôt tendance à nous faire fuir… Quoi ? Encore Thatcher ? Encore la grève des mineurs ? On est bien d’accord : des thèmes cent fois abordés. Vus, revus et re-revus… Certes, mais jamais ainsi. Ou alors pas depuis longtemps, avec une telle force, une telle maîtrise.

SOLIDARITE ENTRE PARIAS 

Lesbians and gays support the miners.

Lesbians and gays support the miners.

Nous sommes en 1984. Margaret Thatcher est au pouvoir et les mineurs sont en grève. La presse, la police, les politiques, tout le monde leur cherchent des poux. Ce qu’ils vivent est affreux et, à Londres, cela évoque bien de douloureux souvenirs, pas si lointains, à un petit groupe de gays et de lesbiennes.

Les parias, ce sont alors les mineurs, et non plus trop les gays. Solidarité de souffrance, de rejets et de lutte. Sur l’air du « je te comprends, camarade mineur, j’ai subi les mêmes exactions et vécu les mêmes injustices« , ce petit groupe d’activistes décide d’organiser une grande collecte de fonds en soutien à la grève.

UN FILM EXCEPTIONNEL D’EMOTION, TIRE D’UNE HISTOIRE VRAIE 

Il faut imaginer, alors, deux mondes qui se télescopent. Les homos de Londres et les culs-terreux des mines. Ni les mêmes vies, ni les mêmes parcours. Encore moins les mêmes aspirations. Le choc de deux cultures, qu’on croit irréconciliables et qui vont s’avérer, depuis le fin fond du Pays-de-Galles en lutte, unies comme jamais dans un même combat.

Banal, vous dites-vous sûrement ? Gnangnan ? Mièvre ? Sur le papier, peut-être. Sur la pellicule, tout le contraire. Émouvant de solidarité et d’entraide. Merveilleux de compassion et d’humanité. Exceptionnel d’émotion. Rajoutez à cela que c’est une histoire vraie, et comprenez pourquoi on craque. Ce Pride est une grande claque. Belle et magistrale.

UN FILM A VOUS FAIRE DRESSER LES POILS

Juste pour ces bons sentiments, quand bien même, par les temps qui courent, ils soient éminemment bienvenus et ragaillardissants ? Non car, évidemment, cela ne suffirait pas si la réalisation ne suivait cette voie de l’excellence.

Il faut ainsi imaginer le talent du gars qui arrive, à partir d’une scène dont on se dit, à son commencement, un truc dans le genre « oh mon dieu on sombre dans la comédie musicale ridicule« , à vous faire finalement dresser les poils sur tout le corps… On pensait que ce n’était pas possible. Ça l’est pourtant.

C’est très étonnant à analyser, d’ailleurs. Si l’on regarde de plus près la mise en scène, on ne lui trouve rien d’exceptionnel. On n’a pas ici de trouvailles géniales dans la réalisation. Mais peut-être que, justement, ce classicisme de façade, permet de mettre en valeur la force du scénario, la subtilité du jeu des acteurs.

UN FILM ESSENTIEL, A NE SURTOUT PAS RATER

On a parlé, déjà, de l’histoire. Évoquons donc les acteurs, maintenant. Comme il est extraordinaire de voir leur transformation, à chacun, tout au long du film. De « laids » – guillemets de rigueur – ils deviennent tous beaux. Beaux car bons. Fondamentalement bons. Humains.

Il en va ainsi de Sian, magistralement interprétée (on demande pardon pour toute cette emphase, mais parfois, il faut se laisser aller à son enthousiasme) par Jessica Gunning. Comment dire les choses sans être grossier… Pas vraiment un premier prix de beauté, Jess’. Mais on s’en fout. Et même mieux encore: à la fin, on a juste envie de lui sauter au cou pour lui faire des bisous partout tellement son personnage est grandiose (oui, on sait pour l’emphase, on sait…).

Même chose pour Joe (George MacKay). Une merveille que ce gamin qui, l’espace des 2h de film, s’épanouit comme une fleur. Une jolie fleur. On reste sur le sujet volontairement discret, pour ne pas gâcher le plaisir que vous aurez à le voir ainsi évoluer. Et un mot, enfin, de Mark (Ben Schnetzer), le héros : quel charisme a ce garçon ! Quel charisme il acquiert, plutôt, durant le film.

De quoi mettre en lumière, in fine, le talent de Matthew Warchus, le réalisateur, qui a su ainsi filmer ses acteurs de cette manière à les faire grandir – c’est le mot juste – le temps d’un film. C’est le signe des grands. Et grand il est, assurément, même si, évidemment, il est ici, avec Pride, servi par la force de son histoire.

Il faut, à ce propos, rester jusqu’au bout pour écouter le « que sont-ils devenus ». Une manière, une dernière fois, de boucler la boucle, et passer encore des rires aux larmes. Pride est un film important. Même essentiel. C’est rare. Ne le ratez pas.

POUR ALLER PLUS LOIN

Pride est tiré d’une histoire vraie, comme on l’a dit. Si, chez nous, elle est peu connue, elle a pris, au fil du temps, une importance bien plus grande au Royaume-Uni. The Guardian est revenu, à l’occasion de la sortie du film outre-Manche, sur cette exceptionnelle histoire. On vous encourage à aller lire ce qui en est dit en cliquant ici, ou , ou encore , c’est vous qui voyez, ce sont les trois mêmes.